Initiative Avec sa barge rénovée, il flotte sur l’écologie

Camille Bajot sur la terrasse du bateau EK-EAU.  Photo Progrès /Laury CAPLAT
Camille Bajot sur la terrasse du bateau EK-EAU.  Photo Progrès /Laury CAPLAT

Camille Bajot, chef d’une petite entreprise lyonnaise, s’est lancé un défi ambitieux à hauteur de ses convictions écologiques. Après quatre ans d‘élaboration, entre dessins, plans et remises en questions, il finit par achever la rénovation d’une vieille barge des années 1960 pour en faire un «bateau-bâtiment flottant» à énergies positives, le EK-EAU studio.

« L’architecture c’était une passion. L’écologie mon éducation ». D’une allure décontractée, le sourire aux lèvres, Camille Bajot présente les plans d’un challenge ambitieux qui, depuis 8 mois, flotte sur la Saône : le bateau EK EAU à énergies positives.

En 2015, porté par ses idées et ses convictions écologiques, il tombe par hasard sur l’annonce d’une ancienne barge à vendre dans le quartier de Confluence. Après avoir parcouru les quatre coins du monde, passant par l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil, le Maroc où il exerce en tant que manager événementiel, il entame alors un tout autre voyage architectural, celui vers la transition écologique. « Échanges, rencontres, partage » tels sont les mots qui vont pousser Camille Bajot, dans l’élaboration des plans et la rénovation durable de cette barge.

«Les gens me regardaient avec de grands yeux»

« Le jour de l’achat, la banque nous a fait faux bond, ce qui n’est vraiment pas rassurant quand on commence. On a souvent de gros doutes, puis il faut faire correspondre le budget avec les ambitions du projet et l’esthétique qu’on souhaite lui donner » déclare-t-il, maintenant bien installé à bord du EK-EAU studio.

N’ayant pas suivi de formation en architecture, il feuillette alors les ouvrages de différents professionnels, à la recherche de réponses pour son futur « Tiers lieu » de vie. De ses plans et dessins, on y reconnaît l’esthétisme architectural de ses voyages qui lui ont appris, selon ses mots, « à faire face à l’inconnu, à être flexible et à innover. »

« J’ai alors commencé mes recherches pour faire de mon bateau un lieu autonome en énergie. Les gens me regardaient avec de grands yeux et me disaient « non mais tu rêves ? C’est impossible. » déclare-t-il.

Vue sur l’intérieur du EK-EAU studio. Photo Progrès /Laury CAPLAT
Vue sur l’intérieur du EK-EAU studio. Photo Progrès /Laury CAPLAT

« J’ai envie que les gens sortent du EK-EAU pleins d’énergies positives »

Le rêve devient pourtant réalité. En 2018, le projet fait partie des projets lauréats du groupe Eureka Club, un collectif qui participe à la mise en place des projets pionniers en matière d’économie circulaire, de lien social et de bien être dans le quartier de Confluence.

Cette nomination lui vaudra un encadrement et une participation financière de la part de plusieurs partenaires notamment la Métropole de Lyon.

Dans la foulée, pour « renforcer l’idée de partage dans ce véritable lieu de vie », Camille Bajot et ses équipiers ont lancé le Maquis, une association qui œuvre à la préservation de la planète, en sensibilisant les personnes à la transition écologique, à la protection de l’eau, des rivières et des océans.

« L’objectif maintenant c’est d’inspirer les gens à la transition énergétique et écologique. À taille humaine, on va pouvoir faire comprendre, sur place, comment fonctionnent les énergies positives. Il faut commencer là où on peut. Nous, on n’est pas parfait non plus, on ne savait pas ce que ça allait donner. J’ai envie que les gens sortent du EK-EAU pleins d’énergies positives », conclut-il.

Le EK-EAU studio: un bateau à énergies positives

Comme Coalescence, le bateau logement de José Placide, le EK-EAU studio a été aménagé pour produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. « Si on veut un monde qui respire mieux, il faut se tourner vers le soleil » affirme Camille Bajot. Pour ce faire, des panneaux solaires photovoltaïques ont été installés sur le toit du bateau. Pour lui, « le point le plus important, c’est quand même l’isolation et le chauffage ». Isolation en ossature bois, pompes à chaleur ultra-économes…

Des matériaux jusqu’aux produits d’entretien, chaque équipement a été précisément sélectionné pour faire de ce bateau, un lieu respectueux de l’environnement. Pour s’en assurer, Camille Bajot utilise, chaque jour, une application qui étudie les données de production et de consommation énergétique du EK-EAU studio. « Après 8 mois ici, j’ai réussi mon ambition, la production d’énergie est plus élevée que la consommation. Comme quoi, c’est possible. » assure-t-il.

Laury CAPLAT

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