Photographie Genesis à la Sucrière: l’expo essentielle de Sebastião Salgado

Dans l’exposition Genesis, on retrouve près de 250 photos prises aux quatre coins du monde, comme ici, en Amazonie. On y voit les visages et la nature originelle.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Dans l’exposition Genesis, on retrouve près de 250 photos prises aux quatre coins du monde, comme ici, en Amazonie. On y voit les visages et la nature originelle.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Sebastião Salgado. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Sebastião Salgado. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Photo Progrès/Richard MOUILLAUD
Photo Progrès/Richard MOUILLAUD
Photo Progrès/Richard MOUILLAUD
Photo Progrès/Richard MOUILLAUD
Photo Progrès/Richard MOUILLAUD
Photo Progrès/Richard MOUILLAUD
Photo Progrès/Richard MOUILLAUD
Photo Progrès/Richard MOUILLAUD
Dans l’exposition Genesis, on retrouve près de 250 photos prises aux quatre coins du monde, comme ici, en Amazonie. On y voit les visages et la nature originelle.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD Sebastião Salgado. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD Photo Progrès /Richard MOUILLAUD Photo Progrès/Richard MOUILLAUD Photo Progrès/Richard MOUILLAUD Photo Progrès/Richard MOUILLAUD Photo Progrès/Richard MOUILLAUD

À l’heure où l’urgence climatique est plus que jamais d’actualité, le photographe brésilien nous livre 248 clichés des lieux les plus préservés de la planète. Une ode à la Terre en noir et blanc à voir à Sucrière jusqu'au 10 mai. Essentielle aussi bien pour les adultes que les enfants. Voici pourquoi.

Pour son histoire

En 2004, le photo-reporter Sebastião Salgado s’envole pour les îles Galapagos, au large de l’Equateur. La première étape d’un projet titanesque baptisé Genesis. L’idée : parcourir les coins les plus reculés et les plus préservés de la planète. Et en capturer la beauté originelle.

L’aventure va durer 8 ans. Des zones Arctiques à l’Antarctique en passant par l’Asie ou l’Afrique, il réalise 32 reportages. Au minimum, il reste, chaque fois, 2 mois sur place, parfois seul. Il se fond dans les paysages et avec les populations autochtones qu’il rencontre. Un voyage aussi bien extérieur qu’intérieur.

>> Pour en savoir plus sur les origines de Genesis , c’est par ici.

Pour sa composition

De cette épopée humaine, l’exposition Genesis n’en livre qu’une partie infinitésimale. « Il fallait bien choisir », sourit Lelia Wanick Salgado, en charge de la scénographie. Et pourtant, il en ressort une force complète et enveloppante.

 Iceberg entre l’île Paulet et les îles Shetland du sud dans la mer de Weddell. Péninsule Antarctique. 2005.   Photo Progrès /© Sebastião SALGADO/Amazonas i
Iceberg entre l’île Paulet et les îles Shetland du sud dans la mer de Weddell. Péninsule Antarctique. 2005.   Photo Progrès /© Sebastião SALGADO/Amazonas i

Dès l’entrée, on est cueilli par la photo d’un iceberg, prise en Antarctique. Tel un château fort sculpté par les vents, il se dresse comme le rempart d’une nature toute puissante. Il ouvre la section consacrée au pôle sud : ici, des manchots sur une île de pierre au milieu d’une imposante mer de glace ; là, une nuée d’albatros dans l’éclat du soleil éternel. C’est beau, c’est brut et ce n’est qu’un début.

À mesure que l’on avance sur le parcours, on change aisément de zones géographiques, toutes très bien démarquées et identifiées : les sanctuaires, l’Afrique, les terres du nord, l’Amazonie… Simple et d’une redoutable efficacité.

 La déambulation de l’exposition Genesis est simple et très efficace. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
La déambulation de l’exposition Genesis est simple et très efficace. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
 On passe aisément d’une section géographique à l’autre. Chacune est très bien démarquée et identifiée.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
On passe aisément d’une section géographique à l’autre. Chacune est très bien démarquée et identifiée.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
 La déambulation de l’exposition Genesis est simple et très efficace. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD  On passe aisément d’une section géographique à l’autre. Chacune est très bien démarquée et identifiée.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD

Pour sa beauté

Si dans sa carrière de photo-reporter, il a travaillé en couleur, Sebastião Salgado est avant tout le maître noir et blanc. Sur les 248 photos exposées, dont pas mal de paysages, vous ne verrez ni le bleu du ciel, ni le vert chlorophylle des feuilles… Non. Ils vont seront suggérés par ces milliers de dégradés de gris, par le grain, par la lumière, par la texture du bois, de la peau. Du coup, l’explosion polychrome se fait derrière la rétine. Dans sa tête.

 Les femmes du village zo’é de Towari Ypy ont l’habitude de se teindre le corps avec un fruit rouge, l’urucum ou roucou, qui sert aussi à la cuisine. État de Pará. Brésil. 2009.   Photo Progrès /© Sebastião SALGADO/Amazonas i
Les femmes du village zo’é de Towari Ypy ont l’habitude de se teindre le corps avec un fruit rouge, l’urucum ou roucou, qui sert aussi à la cuisine. État de Pará. Brésil. 2009.   Photo Progrès /© Sebastião SALGADO/Amazonas i

On est subjugué par cette île de baobabs perdue dans une mer cristalline, ce buisson pris dans des orgues basaltiques, cet orage de neige sur le Grand Canyon… D’une rare beauté.

Pour son message

 Baleine franche australe. Péninsule Valdés. Argentine. 2004.   Photo Progrès /© Sebasti‹o SALGADO/Amazonas i
Baleine franche australe. Péninsule Valdés. Argentine. 2004.   Photo Progrès /© Sebasti‹o SALGADO/Amazonas i

Genesis , c’est une ode à la planète, à la force de sa nature, des ses populations originelles, de sa faune, de sa flore… Avant qu’elles ne disparaissent ? Sebastião Salgado ne peut pas se résoudre à cette fatalité. « Quoi qu’il arrive, la Terre survivra. Pour l’Homme, par contre, j’en suis moins sûr », assène-t-il.

Et c’est là toute la force son message : en fragilisant notre environnement c’est avant tout nous que nous fragilisons. Et il nous livre une note d’espoir.

À l’issue du parcours, vous découvrirez des photos du site protégé d’Aimorés, au Brésil. Depuis 1998, avec son épouse, il a entrepris d’y faire renaître la forêt de son enfance. Aujourd’hui, les plus de 2 700 000 arbres replantés ont presque recouvert la totalité des 700 ha du site. Et le jaguar, qu’on n’avait plus vu depuis des décennies, est revenu.

La nature reprend toujours ses droits.

Jusqu'au 10 mai, à la Sucrière, 49-50 quai Rambaud, Lyon 2e. Tarifs : de 8 à 13 €. Disponibles sur la billetterie du site www.expo-salgado.com ou aux guichets, à l’entrée.

Céline Bally

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