Transports Navettes fluviales: elles refont surface dans la métropole

Avec le Rhône et son affluent la Saône, Lyon dispose d’atouts particulièrement favorables avec des artères disponibles, sans congestion.  Photo Progrès /JEGAT MAXIME
Avec le Rhône et son affluent la Saône, Lyon dispose d’atouts particulièrement favorables avec des artères disponibles, sans congestion.  Photo Progrès /JEGAT MAXIME

Le projet de développer le transport fluvial sur le Rhône et la Saône est dans l’air du temps. En cette période électorale, les promesses de désengorger notamment le trafic du Val-de-Saône via des navettes fluviales font leur chemin. Une expérimentation pour porter la vitesse limite à 20 km/h vient de débuter sur le Rhône.

À l’exception du Vaporetto entre Confluence et Vaise , les voies d’eau restent peu utilisées comme moyen de déplacement urbain.

À travers le monde, de nombreuses métropoles développent les navettes fluviales ou bateaux-bus. La ville de Stockholm a été félicitée, en 2016, pour l’amélioration de son réseau de transports en commun renforcé par de nouvelles lignes de ferry permettant de réduire le trafic.

Dans son étude sur l’évolution du réseau TCL d’ici 2050 , le Sytral a examiné l’hypothèse de deux liaisons fluviales : Cité Internationale/Halle Tony Garnier (3 arrêts, 29’) et Vaise/Confluence (5 arrêts, 47’).

Un projet, dans l’air du temps, pour préserver l’environnement. Un thème, que tous les candidats à la Métropole de Lyon ont intégré dans leur programme. Un pari qui ne semble pas fou, mais qui impose une évolution des règles de navigation.

Voie navigable de France (VNF) travaille sur le sujet. L’idée est dans les cartons depuis longtemps, mais la vitesse limitée à 12 km/h ne permettait jusqu’à ce jour d’apporter un service viable.

Vitesse en hausse : une expérimentation d’un an sur le Rhône

« Depuis le 27 janvier, une expérimentation porte la vitesse à 20 km/h sur le Rhône entre Confluence et la Cité Internationale », précise Marilyne Révol, responsable service fluvial lyonnais de VNF. Cette période va permettre d’observer les conséquences d’une telle mesure.

Naviguer plus vite pose forcément des questions de sécurité du trafic, mais pas que. Il y a le problème du batillage (les vagues produites par le sillage des bateaux qui déferlent contre les berges).

Les contraintes, sur le fleuve Rhône, sont moindres que sur son affluent, la Saône. « Les berges du Rhône sont hautes et il n’y a pas de virage qui rend la navigation délicate », précise Marilyne Révol. Ce n’est pas pour autant que les pilotes atteignent systématiquement la vitesse maximale.

« Tous les bateaux ne peuvent pas aller à 20 km/h, cela dépend de la forme de la coque. On ne peut pas arracher à notre passage les bornes d’amarrage des péniches d’habitation sur les bords du Rhône », confie David Jukowski, le commandant des Bateaux Lyonnais.

« Un gain de temps qui va nous changer la vie »

C’est une très bonne nouvelle pour le patron de Water taxi boat qui a commencé son activité, il y a trois ans à Lyon. « C'est un gain de temps qui va nous changer la vie pour apporter une vraie alternative aux autres moyens de transport. Le problème de la vitesse avait été abordé lors des essais de taxis fluviaux Sea Bubble en 2017 », précise Jean-François Fèvre convaincu par ce mode de déplacement agréable et efficace dont il s’est inspiré lors de ses voyages à travers le monde.

Si la navigation sur le Rhône ne devrait pas poser trop de problèmes, ce n’est pas le cas sur la Saône qui est une rivière sinueuse avec des berges basses. La hausse de la vitesse pourrait créer des vagues dangereuses pour les riverains. Une réflexion est menée pour trouver des solutions afin d’accompagner le projet. VNF est favorable à l’exploitation des voies d’eau, loin d’être saturées.

Il y a encore du chemin à faire pour accueillir des bateaux-mouches TCL, mais la volonté semble partagée.

Damien LEPETITGALAND

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