Gastronomie Quand les meilleurs souvenirs de cuisine arrivent en VRAC

L’écrivain Samuel Aubin et le cuisinier Grégory Cuilleron qui participent au projet, entourent le directeur de VRAC, Boris Tavernier.  Photo Progrès /David TAPISSIER
L’écrivain Samuel Aubin et le cuisinier Grégory Cuilleron qui participent au projet, entourent le directeur de VRAC, Boris Tavernier.  Photo Progrès /David TAPISSIER

Raconter ses souvenirs de plats de leur enfance en utilisant des restes : tel est l'ouvrage lancé par l’association fondée à Lyon VRAC. Un projet proposé en financement participatif, dans lequel on peut retrouver des auteurs et cuisiniers lyonnais.

Une simple odeur, une gorgée de boisson ou un petit morceau dégusté… et voilà que les souvenirs surgissent. Des moments oubliés qui refont surface et la mémoire joue son rôle de magicienne.

Un peu comme Marcel Proust qui évoque le temps qui passe grâce à sa madeleine, Boris Tavernier, président de l’association VRAC (Vers un Réseau d'Achat en Commun) a souhaité raviver ces beaux souvenirs culinaires.

Fort de la réussite d’un premier ouvrage Femmes d’ici, cuisine d’ailleurs qui proposait un voyage dans les quartiers populaires lyonnais à travers 15 femmes , il a constaté l’intérêt de la gastronomie lors des différentes tables rondes de la littérature auquel il a participé. Il a donc proposé à des écrivains, des critiques gastronomiques mais aussi des chefs qui aiment écrire, de raconter le plat qui a marqué leur enfance… enrichi, association et convictions obligent, d’une notion de zéro gaspi.

« L’objectif n’est pas la recette en elle-même, mais plus l’émotion qu’elle procure, le souvenir d’enfance. Ce qui est très intéressant, c’est que nous avons approché une trentaine de personnalités… et qu’ils ont tous dit oui ! C’est un voyage riche qui balaye les années 60 à 90, avec un rapport à la consommation qui a énormément changé » explique-t-il.

Sept Lyonnais participent

Parmi les participants, pas moins de sept Lyonnais, dont le cuisinier Grégory Cuilleron , l’écrivain Samuel Aubin, mais aussi le Prix Goncourt 2011 Alexis Jenni, ou encore les chefs Sonia Ezgulian ou Alain Alexanian. « Le travail autour du goût provient de l’enfance ! » explique Grégory Cuilleron qui propose une fricassée à la tomate avec des restes de filet mignon. « J’aime cette idée de le retrouver mais je ne suis pas dans la sacralisation : l'important c’est de transmettre, pas de rechercher exactement le même goût… »

« C’est vrai » poursuit Samuel Aubin. « Je me dis que j’emmènerai bien un jour mon fils sur cette histoire de «Marrons au lait», avec tout ce qui va avec, notamment la récolte de châtaignes, qui fait partie intégrante du souvenir… »

Une réflexion sur l’évolution du gaspillage

Un plongeon autour de la notion de gaspillage, avec pour certains, l’avant grande surface, la privation, l’utilisation des restes. Pour d’autres l’opulence. Pour la plupart toutefois, la prise de conscience du tri mais aussi de ne pas gaspiller…

Comme pour le premier ouvrage, Boris Tavernier a lancé une campagne de financement participatif sur KissKissBankBank le 31 janvier. Objectif ? 11.000€, qui se répartissent pour le travail graphisme de l’ouvrage 4.000€ et l’impression (à partir de 7.000€ pour 2.000 exemplaires). La campagne se poursuit jusqu’à mi-mars et le livre devrait sortir courant mai 2020. Pour l'occasion, un concours de cuisine devrait être organisé à Rillieux-la-Pape et des extraits seront lus par certains auteurs…

David TAPISSIER

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?