Urbanisme Ces Lyonnais se mobilisent pour la survie de leurs quartiers

Membres de collectifs et habitants ont échangé autour de leurs combats contre l’urbanisation de Lyon et Caluire. Le géographe Guillaume Faburel, professeur à Lyon-2, a introduit le débat et répondu à leurs questions.  Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Membres de collectifs et habitants ont échangé autour de leurs combats contre l’urbanisation de Lyon et Caluire. Le géographe Guillaume Faburel, professeur à Lyon-2, a introduit le débat et répondu à leurs questions. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Depuis quelques années, des collectifs d’habitants luttent contre certains projets d’urbanisation qui menacent leurs quartiers. Ils se sont réunis à la Bourse du Travail pour partager leurs expériences et peser à leur manière sur le débat électoral.

« Nous faisons face à une urbanisation générale de la planète dont on prend conscience aujourd’hui. »

La métropolisation sans fin de la ville inquiète, mais comment lutter ? Par ce constat Guillaume Faburel, professeur à l’Institut d’urbanisme de Lyon (Université Lyon II) et auteur des “Métropoles Barbares”, ouvrait à la Bourse du Travail une soirée de débat réunissant collectifs citoyens et habitants lyonnais désireux d’influer sur l’urbanisation qui, petit à petit, gagne du terrain et menace de chasser la population historique hors des murs.

 La salle de réunion de la Bourse du Travail affichait presque complet.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
La salle de réunion de la Bourse du Travail affichait presque complet.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Lyon, future New-York à la française ? Pas exclu. Selon le chercheur, le tournant néolibéral des politiques urbaines crée des villes désireuses de grandeur afin de figurer parmi les acteurs de premier rang au niveau international, avec pour modèle des « ville-monde » référence comme New York ou Tokyo. Une « compétition » à coups d’architectes de renommée mondiale, qui livrent des bâtiments similaires d’une ville à l’autre, et produisent une « uniformisation de l’ensemble des paysages urbains » au détriment des quartiers historiques et de leur patrimoine social.

Les habitants exclus au profit de ménages plus aisés

Les habitants dans tout ça ? Exclus au profit de ménages plus aisés venus occuper des emplois tertiaires. « Ces mutations économiques entraînent un bouleversement sociologique : la gentrification. » La population plus ouvrière est repoussée vers les banlieues par l’inflation des loyers dans des bâtiments flambant neufs, après avoir cédé des terrains acquis par des spéculations de promoteurs. « Ce tri social conduit à un dépeuplement à une vitesse jamais vue », poursuit Guillaume Faburel, lequel dénonce également un effet de « dépossession politique qui éloigne la population du système décisionnel ».

« En créant des collectifs dans tous les quartiers on peut voir une puissance significative ! »

Des citoyens veulent pourtant reprendre la main. À l’image d’Habitons Mazagran , qui a obtenu le gel d’un projet immobilier, les collectifs de lutte locale se sont multipliés. La Part-Dieu, l’ancienne école des Beaux-arts , les ateliers de Canuts, le quartier Bissardon de Caluire, autant de programmes fonciers qui révoltent les habitants.

 Les différents collectifs ont présenté leurs actions avant d’échanger avec les habitants.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Les différents collectifs ont présenté leurs actions avant d’échanger avec les habitants.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Si certains, l’association de Défense du Quartier de Bissardon (Caluire), Habitons Mazagran (Guillotière, 7e), La Fabrique de la Ville (Croix-Rousse, 1er), les collectifs Part-Dieu et Ballanche (Moncey, 3e) et Sauvons la Croix Rousse (4e), se sont regroupés depuis un an dans un intercollectif pour mutualiser les forces, le territoire lyonnais est maillé d’entités plus ou moins importantes et qui partagent le même combat : « On observe tous les mêmes phénomènes », résumait Marine Joos, représentante de l’intercollectif. « Gentrification et exclusion. Vente au privé du foncier public : le patrimoine historique ou “ordinaire” qui fait notre mémoire et qui fait quartier. Fausse participation : on peut toujours gesticuler, personne n’écoute… Or en créant des collectifs dans tous les quartiers on peut voir une puissance significative ! »

Un intercollectif pour mutualiser les forces

L’association de Défense du Quartier de Bissardon (Caluire), Habitons Mazagran (Guillotière, 7e), La Fabrique de la Ville (Croix-Rousse, 1er), les collectifs Part-Dieu et Ballanche (Moncey, 3e) et Sauvons la Croix Rousse (4e), se sont regroupés depuis un an dans un intercollectif pour mutualiser les forces.

Le territoire lyonnais est maillé d’entités plus ou moins importantes et qui partagent le même combat : « On observe tous les mêmes phénomènes », résumait Marine Joos, représentante de l’intercollectif.

« Gentrification et exclusion. Vente au privé du foncier public : le patrimoine historique ou “ordinaire” qui fait notre mémoire et qui fait quartier. Fausse participation : on peut toujours gesticuler, personne n’écoute… Or en créant des collectifs dans tous les quartiers on peut voir une puissance significative ! »

Clémence OUTTERYCK

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