SOCIAL Croix-Rousse en colère: l’ensemble du personnel de l’hôpital se mobilise

Le 6 février, une centaine de salariés, toutes professions confondues, a manifesté devant l’hôpital de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Fournie par le collectif
Le 6 février, une centaine de salariés, toutes professions confondues, a manifesté devant l’hôpital de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Fournie par le collectif

Un collectif interprofessionnel composé de soignants, d’administratifs et de personnel technique lutte contre le manque de moyens humains et matériels alloués à l’hôpital de la Croix-Rousse. Après une manifestation la semaine dernière, un piquet de grève est prévu ce vendredi.

Ils sont brancardiers, agents d’entretien, infirmiers, cuisiniers ou médecins. Leurs métiers sont différents mais ils poursuivent le même objectif : faire tourner la machine que représente l’hôpital de la Croix-Rousse et ses quelque 180 lits.

Parce que leurs revendications sont communes, les différents membres du personnel ont décidé de s’unir pour se faire entendre. « C’est délibérément un mouvement apolitique afin d’inclure tout le monde, précise une jeune infirmière, représentante du collectif. Cette politique de productivité et de rentabilité, on ne peut plus l’accepter. » Quel que soit le service ou le poste, les personnels dénoncent le manque de moyens, matériels et humains : « L’hôpital public se dégrade à vue d’œil. »

Le 6 février, une première mobilisation a réuni une centaine de salariés devant le parvis puis dans le grand hall de l’hôpital, lieu de passage des patients et des visiteurs. Le collectif s’est ensuite dirigé vers les couloirs de la direction où une quarantaine de manifestants, toutes professions confondues, a été reçue pour exposer leurs difficultés à supporter un « quotidien catastrophique » et faire part de leurs revendications.

Un quotidien plombé par le sous-effectif

À commencer par des avancées concernant le sous-effectif et ses conséquences : une augmentation de personnel, le remplacement des absents et l’embauche des contractuels. « La titularisation met énormément de temps. Une infirmière peut rester contractuelle pendant trois ans, avec une accumulation de contrats précaires préjudiciables au quotidien », poursuit la soignante.

Le collectif dénonce également le glissement de tâches demandé aux services en raison du manque de personnel et un temps de repos non respecté. « En quatre mois j’ai accumulé plus de 60 heures supplémentaires non payées, censées être récupérées. Or dans les faits elles ne peuvent l’être que si l’on part. » Par ailleurs, les revendications portent sur un accès facilité à la formation professionnelle et un droit de grève respecté par « l’arrêt des désignations abusives » lors des mouvements sociaux. Satisfait d’avoir pu être entendu, le collectif reproche toutefois au directeur de l’hôpital, Jean-Claude Teoli, de « ne pas prendre position ». Interrogée, la direction de l’hôpital n’a pas répondu à notre sollicitation.

Le collectif entend poursuivre sa mobilisation à plus long terme. « On nous fait culpabiliser de revendiquer des choses normales, souligne l’infirmière. Les Hospices Civils de Lyon (HCL) annoncent 20,6 millions d’euros d’économies en 2019. On sait qu’il y aura une enveloppe de 2 millions allouée pour l’amélioration de la qualité des soins mais il n’y a pas de transparence ». Le collectif espère qu’obtenir des avancées pour l’hôpital de la Croix-Rousse « soit le début de quelque chose » au niveau local puis lyonnais, en regroupant les forces au sein des HCL.

Vendredi, manifestation des soignants

Jour de la Saint-Valentin, le vendredi 14 février a été choisi pour déclarer sa flamme au service public et défendre le droit à la santé. À l’appel du Collectif Inter-Hôpitaux, une manifestation de soignants partira à 14 heures du Vinatier. Elle se dirigera vers l’hôpital Edouard-Herriot avant de rejoindre la place Bellecour. Les collectifs de soignants demandent aux personnes souhaitant leur apporter un soutien visible de pendre des draps et tissus blancs à leurs fenêtres, le long du cortège.

Auparavant, un piquet de grève interprofessionnel sera mis en place devant l’hôpital de la Croix-Rousse de 12 à 14 heures, pour que « les collègues qui ne peuvent pas aller manifester, car ils sont assignés, puissent tout de même faire entendre les revendications ».

Clémence OUTTERYCK

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