Immobilier Logements neufs: des prix toujours plus hauts dans la Métropole

À Lyon, un premier palier avait peut-être été franchi avec les 10 000 € du m² dans certains programmes neufs de grand standing, comme la tour Ycone de Jean Nouvel, dans le quartier de Confluence.  Photo d’illustration Progrès/Émilie CLER
À Lyon, un premier palier avait peut-être été franchi avec les 10 000 € du m² dans certains programmes neufs de grand standing, comme la tour Ycone de Jean Nouvel, dans le quartier de Confluence. Photo d’illustration Progrès/Émilie CLER

Sans surprise, l’étude sur les logements neufs de la Métropole lyonnaise présentée par le Cecim (Centre études de la conjoncture immobilière) a mis en exergue un marché sous tension. Dans le neuf, la hausse des prix va bel et bien se poursuivre en 2020.

La flambée des prix des logements neufs dans la Métropole, nous sommes en plein dedans ; et dans les prochains mois, elle va encore s’accentuer, s’emballer, on ne sait pour combien de temps.

On le savait, ça se confirme, acheter dans le neuf est devenu une affaire de riches, d’énormes budgets, car à 4.684 €/m² dans la Métropole, 5.626 €/m² à Lyon intra-muros, mieux vaut être bien armé financièrement et bien vu par son banquier.

Les primo-accédants, premières victimes

À ces prix-là, les primo-accédants sont persona non grata, les secundo accédants ont du mal, seuls les tercio accédants - et encore - et certains investisseurs peuvent encore acheter. Et cet emballement des prix du neuf tire inexorablement les prix de l’ancien à des hauteurs vertigineuses que nous n’imaginions pas il y a quelques années.

Au moins 12 000 logements dans les cartons

Une tendance qui ne s’estompera que si les taux de crédit remontent vraiment, ou si la crise tant redoutée survient enfin.

En attendant, l’embrasement des prix n’est pas près de s’arrêter. La mise en place poussive du nouveau PLU-H, l’allongement des délais de pré-instruction des autorisations à construire, les nombreux recours de permis de construire, la perspective des élections municipales et métropolitaines qui gèle les projets, la défiance de certains maires à faire construire dans leur commune, a ralenti considérablement la production.

Une production en berne alors que le Cecim avance que les promoteurs immobiliers lyonnais auraient au moins 12.000 logements dans les cartons alors que l’offre disponible à fin 2019 était quatre fois inférieure.

« Un risque d’explosion des prix »

Autant de grains de sable qui, ajoutés à la folie des prix du foncier, font dire à Hervé Simon, président de la Fédération des promoteurs immobiliers de la région lyonnaise, « que la hausse des prix va se poursuivre inévitablement. »

L’offre de logements neufs à la vente dans la métropole lyonnaise se situe à 3.139 unités, ce qui représente selon Eric Verrax, président de l’observatoire du Cecim « une durée prospective d’écoulement d’à peine neuf mois ».

Et de poursuivre : « Le renouvellement de l’offre est insuffisant pour répondre à la demande et soutenir l’activité. » Bernard Fontanel, président de Fontanel Groupe, va plus loin. « Avec la raréfaction des logements neufs conjuguée à celle de l’offre de logements anciens » - car on ne veut pas vendre avant d’avoir acheté, il va jusqu’à imaginer « un risque d’explosion des prix ».

Dans l’ancien, le stock d’acheteurs lyonnais ne fond pas

Si l’offre dans le neuf est limitée dans la métropole lyonnaise, celle de logements dans l’ancien se raréfie dans une multitude de secteurs et ce, quelles que soient les typologies, quel que soit l’état général. Un recul du nombre d’offres de logements anciens contrebalancé par un stock d’acheteurs - voir le surstock - désireux d’acquérir leur résidence principale, d’investir, en profitant de taux extrêmement bas. Des projets légitimes, louables, qui tirent toujours plus les prix de l’immobilier lyonnais ancien vers le haut, à tel point qu’ils dépassent quelquefois l’entendement. Certains acheteurs en oublient même qu’un retournement de marché n’est pas à exclure et, surtout, que l’immobilier valeur refuge - certes - n’est pas symbole de plus-value automatique.

Les prix des appartements s’envolent

La Chambre des notaires du Rhône a dévoilé, elle aussi, de vertigineuses courbes de prix dont les envolées ont concerné, sans surprise, au premier chef, Lyon intra-muros dont le prix médian pour un appartement a crû de + 0,7 % entre novembre 2018 et novembre 2019 (une évolution de +30,4 % sur 5 ans) pour se situer à 4 300 euros/m².

Pour une maison, la Chambre des notaires du Rhône a indiqué qu’il fallait prévoir un budget médian de 310 000 € pour réaliser son rêve de maison individuelle dans le Rhône, soit un budget en hausse de 5,4 % par rapport à novembre 2018.

La plus forte hausse de prix dans le Vieux-Lyon

Plus sensationnelles sont les hausses de prix les plus significatives des quartiers lyonnais. Avec + 16, 8 % sur un an, le Vieux-Lyon (Lyon 5e ) est le quartier lyonnais dont le prix/m² /médian a le plus bondi pour se retrouver à 5 080 €/m², suivi des Brotteaux (Lyon 6e ) dont le prix m²  a crû de + 14,2 % pour se retrouver à 5 560 €/m²  et Saint-Rambert (Lyon 9e ) qui fait un saut de 13,5 % sur un an pour grimper à un prix médian de 3 130 €/m².

La Duchère, le quartier de Lyon le plus abordable

Pour ce qui est des Top quartiers lyonnais, Tête d’Or-Saxe, tout en haut, avec ses 5 730 €/m² , est désormais talonné par les Brotteaux et la Presqu’île à 5 450 €/m². En ce qui concerne les quartiers encore abordables à Lyon, on retrouve le Plateau de la Duchère avec 2 050 €/m², suivi par États-Unis-Mermoz (Lyon 8e) à 2 690 €/m² et le Point du Jour (Lyon 5e) à 3 010 €/m².

F. B.

Franck BENSAID

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?