Patrimoine Renaissance du Vieux-Lyon: la mystérieuse affaire du legs de 300 000 euros

Le président de Renaissance du Vieux Lyon, Frédéric Auria et les documents laissés à l’association dans le cadre du legs. Photo Progrès /Aline DURET
Le président de Renaissance du Vieux Lyon, Frédéric Auria et les documents laissés à l’association dans le cadre du legs. Photo Progrès /Aline DURET

Au printemps dernier, les responsables de l’association Renaissance du Vieux-Lyon recevaient un legs exceptionnel estimé à près de 300 000 euros. C’est une dame, décédée à l’âge de 79 ans qui a choisi de donner la presque totalité de ses biens à l’association. Surprise dans les locaux de la rue Saint-Jean. On ignore tout de cette généreuse bienfaitrice dont la donation reste une énigme.

C’est une histoire à la fois touchante et très étonnante que viennent de vivre les adhérents de Renaissance du Vieux-Lyon (RVL). Et elle est d’autant plus troublante qu’ils ne sont toujours pas parvenus à lever le voile sur cette affaire qui reste à ce jour, le mystère de la dame du 5e.

Tout commence en 2014. Mme Fouilloux demeurant sur les hauteurs de Fourvière, décède seule dans son appartement. Cette Lyonnaise née à la Croix-Rousse un peu moins de 80 ans plus tôt, a fait un testament dans lequel elle lègue tout ce qu’elle a, ou presque, à la Renaissance du Vieux- Lyon. Ils l’apprendront cinq ans plus tard. Ce legs est estimé à environ 300 000 euros. Une première pour les dirigeants qui entendent l’utiliser pour aider à rénover le petit patrimoine.

Ils ont fait des recherches, mais n’ont rien trouvé

« C’est une bonne surprise, même si c’est triste à dire », reconnaît-on du côté de l’association. Cette annonce est d’autant plus curieuse avance le président Frédéric Auria, que « personne au sein de l’association ne semble connaître cette bienfaitrice. En revanche, nous avons trouvé dans ses photos des hommes et des femmes qu’elle a connues à la RVL. Mais ils ne peuvent plus témoigner ».

Ils ont fait des recherches mais n’ont rien trouvé. Seulement quelques bribes d’une vie qui semble très discrète et qu’ils ont découvertes lorsqu’ils se sont rendus dans son logement. Des photos en noir et blanc, dévoilant des instants joyeux d’une vie de famille ou des voyages au bout du monde, des pièces encombrées de vieux meubles et de petits objets. Des lettres aussi que l’on n’ose déplier, où l’on apprend que son père a été prisonnier de guerre dans les années 1940.

« On regrette de ne pas l’avoir connue »

« C’est un peu déstabilisant », avoue Frédéric Auria. Certains de ces « petits trésors » vont sans doute êtres donnés aux archives. « Elle gardait beaucoup de choses, tout était bien rangé, rien n’était très ordinaire. D’ailleurs je la vois bien à sa table en train de préparer ses albums », souligne Laurence Ordan, membre de l’association. « Cette femme infirmière de métier devenue veuve très jeune était, sans doute, ajoute-t-elle, très attachée à son passé. On regrette de ne pas l’avoir connue ». Tout de même, poursuit Frédéric Auria, « c’est curieux de se retrouver chez quelqu’un qu’on ne connaît pas ».

Le lien a-t-il été coupé avec sa famille ? Cette dame était-elle attachée au quartier du Vieux-Lyon  ? On ne sait pas, explique-t-on du côté de la rue Saint-Jean où ont été exposés des livres et des objets qui ne sont pas partis dans des ventes aux enchères. Et si d’aventure, à la lecture de cette histoire, cette dame ne vous semble pas inconnue, votre témoignage serait le bienvenu…

Renaissance du Vieux-Lyon, 50 rue Saint-Jean, Lyon 5e. Tél. : 04 78 37 16 04

Au chevet du petit patrimoine

Le legs permet à la RVL de mettre en place une aide financière au petit patrimoine. Elle est opérationnelle, via une convention type, depuis le début d’année 2020. Le petit patrimoine, précise Frédéric Auria, « ce sont des petites choses qui restent aujourd’hui menacées mais qui font la valeur du quartier », des statues , des impostes, des heurtoirs cassés, des chapiteaux dont les cades ont été abîmés, des puits, des éléments décoratifs… Tout ce qui contribue à «la qualité du cadre de vie des habitants ». Les propriétaires peuvent prendre contact avec l’association qui peut les aider à la rénovation de ces éléments.

« Les dernières grandes restaurations engagées dans le Vieux-Lyon datent des années 70/80, indique le président, certaines parties d’ouvrage doivent être reprises. Les travaux peuvent coûter cher, on va pouvoir donner un coup de pouce, sans dépasser les 80% d’aide. C’est une aide pour les habitants ».

Et les premières demandes sont arrivées. L’une concerne une porte située rue des 3-Maries.

Renseignements : www.lyon-rvl.com

Aline DURET

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