Gerland Les réfugiés prennent peu à peu leurs marques dans leur village de containers

Venu d’Afghanistan, Shafiullah habite dans un container en attendant d’obtenir son propre logement. L’association Habitat et humanisme l’a aidé à obtenir le statut de réfugié. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Venu d’Afghanistan, Shafiullah habite dans un container en attendant d’obtenir son propre logement. L’association Habitat et humanisme l’a aidé à obtenir le statut de réfugié. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Sur le site du Pré Gaudry, les premiers réfugiés ont pris place dans leurs nouveaux hébergements : des containers maritimes transformés en logements par l’association Habitat et humanisme. Visite au cœur du village mobile.

L’entrée est discrète, comme ses habitants. De nombreux riverains ignorent même son existence. Au milieu des nombreux travaux d’un quartier en pleine réhabilitation, une petite ouverture. Entre l’école Françoise-Héritier et les locaux de La Commune, le 11, rue du Pré-Gaudry abrite un ensemble de containers maritimes aménagés en logements pour l’accueil de demandeurs d’asiles ou réfugiés.

Depuis près d’un mois, les quelque 70 occupants du centre d’accueil et d’orientation (CAO), projet mené en quelques mois sur la friche Nexans par l’association Habitat et humanisme, ont pris possession des lieux.

Vingt-cinq containers mobiles composent le village. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Vingt-cinq containers mobiles composent le village. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Ils prennent petit à petit leurs marques dans un espace en cours d’amélioration au gré des dons privés, des machines à laver aux rideaux opaques en passant par des abris pour les vélos.

A l’extérieur, le peintre Big Ben Street Art peaufine encore l’habillage des murs de béton : un Tintin en pleine course côtoie le visage bienveillant de Maître Yoda. « Pour qu’ils aient la force après la guerre », explique l’artiste.

Des jardinières à vocation potagère attendent d’être remplies et cultivées par les résidents. Si le réseau mobile qui se fait encore désirer fait l’unanimité contre lui, l’accent est mis sur le bien-être.

Aménagé par une bénévole, le container “salon”, où ils se retrouvent pour un petit-déjeuner commun ou une partie de baby-foot, se veut cosy autour de canapés confortables et d’une grande table conviviale.

Le “salon” où se retrouvent les résidents. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Le “salon” où se retrouvent les résidents. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Entre le café partagé le mercredi avec des membres de l’association ou des initiatives de partenaires privés comme l’entreprise HomeServe, qui propose des activités sportives en dehors du site, améliorer le quotidien des résidents en dehors du logement est une priorité.

L’artiste Big Ben Street Art réalise des fresques sur les extérieurs du site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
L’artiste Big Ben Street Art réalise des fresques sur les extérieurs du site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Des containers difficiles à chauffer

Dans les 25 containers, où trois personnes se partagent 28 m² avec cuisines et sanitaires, l’équipement est sommaire mais efficace.

« Avant il faisait froid mais ça va mieux », confie Shafiullah, arrivé à Lyon en 2016 d’Afghanistan après avoir tenté sa chance à Calais.

« On n’a pas le choix de toute façon », glisse un autre résident, qui raconte avoir souffert de la température jusqu’à en tomber malade.

Pour le moment, seuls des hommes isolés se sont installés dans le village, issus du précédent centre rue de Viricel (dans le 6e arrondissement) qu’occupait l’association.

« A terme, il est envisagé d’accueillir des mères et leurs enfants », précise Claire Saura, chargée des fonds privés pour Habitat et humanisme, laquelle dispose pour deux ans de ce terrain de 3 000 m² provisoirement cédé par Bouygues avant le démarrage de chantiers immobiliers.

Véritable village mobile, le CAO a vocation à être déplacé tel quel à la fin du bail et ainsi à conserver tous les équipements sur un autre terrain confié à l’association : « C’est ce que l’on souhaite développer pour tout ce qui est hébergement d’urgence. »

Au cœur de la friche industrielle Nexans, on ne distingue du village que le container orange. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Au cœur de la friche industrielle Nexans, on ne distingue du village que le container orange. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Le village de 25 containers mobiles est mitoyen des locaux de La Commune. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Le village de 25 containers mobiles est mitoyen des locaux de La Commune. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Le village comporte 25 containers de 28 m². Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Le village comporte 25 containers de 28 m². Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Les résidents pourront cultiver leurs légumes dans les jardinières. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Les résidents pourront cultiver leurs légumes dans les jardinières. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
L’association Habitat et humanisme envisage de développer ces villages modulables. pour l’hébergement d’urgence. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
L’association Habitat et humanisme envisage de développer ces villages modulables. pour l’hébergement d’urgence. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Les 25 containers mobiles sont alignés sur le site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Les 25 containers mobiles sont alignés sur le site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Progressivement, l’association agrémente les extérieurs du site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Progressivement, l’association agrémente les extérieurs du site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Cette fresque a été dessinée par un résident. Elle raconte son parcours. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Cette fresque a été dessinée par un résident. Elle raconte son parcours. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
L’artiste Big Ben Street Art a réalisé des fresques sur les extérieurs du site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
L’artiste Big Ben Street Art a réalisé des fresques sur les extérieurs du site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Au cœur de la friche industrielle Nexans, on ne distingue du village que le container orange. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK Le village de 25 containers mobiles est mitoyen des locaux de La Commune. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK Le village comporte 25 containers de 28 m². Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK Les résidents pourront cultiver leurs légumes dans les jardinières. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK L’association Habitat et humanisme envisage de développer ces villages modulables. pour l’hébergement d’urgence. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK Les 25 containers mobiles sont alignés sur le site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK Progressivement, l’association agrémente les extérieurs du site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK Cette fresque a été dessinée par un résident. Elle raconte son parcours. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK L’artiste Big Ben Street Art a réalisé des fresques sur les extérieurs du site. Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Une démarche d’accompagnement et d’insertion

Au-delà de l’hébergement, les salariés et bénévoles d’Habitat et humanisme poursuivent une démarche d’accompagnement et d’insertion.

Outre des cours de français dispensés sur le site, les jeudis de l’emploi proposent notamment des ateliers de rédaction de CV, des simulations d’entretien voire des séances de recrutement.

Une action sociale qui a récemment permis à Shafiullah d’obtenir le statut de réfugié avant d’espérer accéder à un logement puis un emploi pérennes.

Clémence OUTTERYCK

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