Transports VTC à Lyon : Bolt veut rouler sur le monopole d’Uber

Bolt espère récupérer plusieurs centaines de chauffeurs dans la région lyonnaise.  Photo Progrès /DR
Bolt espère récupérer plusieurs centaines de chauffeurs dans la région lyonnaise. Photo Progrès /DR

La plateforme de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) Bolt annonce de nouvelles conditions de travail. Elle s’engage à verser de meilleures rémunérations. Les chauffeurs auront aussi la possibilité de visualiser l’adresse de départ et d’arrivée d’une course. Bolt entend devenir l’acteur majeur dans la région lyonnaise.

À Lyon, après les trottinettes, le secteur des VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) va-t-il connaître une concurrence féroce ? En tout cas, la plateforme Bolt compte frapper fort sur le marché lyonnais. Après discussion avec le syndicat Acil (Association des chauffeurs indépendants lyonnais), la société estonienne annonce des mesures pour concurrencer et supplanter les autres acteurs, Uber ou Kapten.

Prix « net » des courses en hausse

« Le prix net des courses sera supérieur par rapport à nos concurrents, commence Henri Capoul, directeur France de Bolt. Pour les trajets courts, nous nous engageons aussi à compenser le différentiel jusqu’à 10 euros. » La mesure doit donc assurer une base minimum aux chauffeurs. Bolt promet également de retenir une commission sur les courses à hauteur de 19 %, « là aussi plus avantageuse que les autres acteurs du secteur, qui se situent au-dessus de 20 % », précise Henri Capoul.

L’entreprise prévoit en outre un partage de la région lyonnaise en zone avec des tarifs appliqués selon la localisation.

« On va pouvoir travailler en connaissance de cause »

Mais la principale mesure concerne sans doute les informations liées à la course. « Les chauffeurs vont pouvoir connaître le point de départ et d’arrivée du trajet, avant de l’accepter, explique le directeur de Bolt. Ils ne seront pas pénalisés s’ils ne l’acceptent pas. »

Du côté des chauffeurs, cette annonce est accueillie avec enthousiasme. « C’est la plus grosse avancée, acquiesce Mehdi Mejeri, président de l’Acil. On va pouvoir travailler en connaissance de cause. » Il reste en revanche mesuré concernant les autres propositions. « Elles vont dans le bon sens, mais il faut tester, reprend Mehdi Mejeri. La commission reste trop élevée. Je ne m’engage pas encore. Mais la question de rejoindre cette plateforme se pose, forcément. »

Défiance

Les annonces interviennent dans un contexte de défiance des chauffeurs vis-à-vis d’Uber notamment. Bolt souhaite ainsi profiter de la situation.

« Le but, c’est de devenir l’opérateur majeur dans la région lyonnaise, confirme Henri Capoul. Si plusieurs centaines de chauffeurs nous rejoignent, ce sera déjà une victoire. » Lyon constitue le deuxième marché français des VTC, avec environ 1200 à 1300 chauffeurs. Bolt annonce également des réductions de 15 à 50% pour attirer les clients grand public.

Uber va défendre son territoire

Malgré les critiques régulières de certains chauffeurs, Uber tient bon et assure que les relations sont apaisées. « Nous travaillons en concertation avec les chauffeurs et leurs représentants pour rendre leur activité toujours plus performante, insiste un porte-parole de l’entreprise. Nous avons mis en place de nombreuses initiatives ces derniers mois afin d’accroître leur rentabilité et continuons d’étudier de nouvelles approches pour répondre à leurs attentes. »

Uber va notamment faire évoluer le tarif de certaines zones lyonnaises à la hausse. Les frais de prise en charge au départ de la banlieue proche de Lyon (Écully, Dardilly, Villeurbanne, Cusset, Bron-Ouest, l’est de Lyon 8e jusqu’à Sainte-Foy-lès-Lyon) vont passer à 2,50 euros et le tarif minimum à 7 euros.

Au-delà, les frais de prise en charge montent à 4,20 euros et le prix minimum à 9 euros. Uber dit aussi attendre le décret d’application de la loi sur les mobilités (LOM) pour prendre des mesures sur les détails des courses avant acceptation des chauffeurs.

Blaise FAYOLLE

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