Tassin-la-Demi-Lune Le contournement ouest de Lyon déjà proposé il y a un siècle

Gilles Neyret, membre du groupe de recherches historiques de Tassin-la-Demi-Lune, nous présente sa trouvaille, mardi 14 janvier, dans les locaux de l’association.  Photo Progrès /Nicolas BALLET
Gilles Neyret, membre du groupe de recherches historiques de Tassin-la-Demi-Lune, nous présente sa trouvaille, mardi 14 janvier, dans les locaux de l’association. Photo Progrès /Nicolas BALLET

Un membre du groupe de recherches historiques de Tassin-la-Demi-Lune vient d’exhumer la carte d’un architecte du Département du Rhône. Celui-ci proposait en 1911 d’aménager trois boulevards urbains concentriques à Lyon. Nul ne sait, à ce jour, pourquoi l’idée était restée dans les cartons.

De loin, on aurait dit un vieux planisphère. Mais ce que l’on prenait au départ pour la pointe de l’Amérique du Sud, n’était que la presqu’île de Lyon. Mardi 14 janvier, Gilles Neyret vient d’afficher une carte de 1911 sur un écran géant du groupe de recherches historiques de Tassin-la-Demi-Lune. « Aujourd’hui, tout le monde parle de l’Anneau des Sciences [N.D.L.R. - le projet de tronçon ouest du périphérique lyonnais, à l’horizon 2 030]. Mais regardez ! Il y a plus de 100 ans, le projet existait déjà, sous une forme différente. », s’enthousiasme l’historien amateur.

« Une triple enceinte de verdure »

Début janvier, il épluchait un à un les numéros de la revue La Construction lyonnaise sur le site Internet Gallica, quand soudain… « Je suis tombé sur cet article de décembre 1911, signé par un ancien architecte du Département du Rhône. Il proposait trois grands boulevards concentriques à Lyon. Le plus éloigné du centre passait, à l’ouest, par Tassin, Francheville, puis Sainte-Foy-lès-Lyon et La Mulatière. »

Henri Moncorger - connu, par ailleurs, pour avoir réaménagé la prison Saint-Paul à Perrache - avait jeté les bases de cette étude dès les années 1880, en observant l’agglomération croître depuis sa propriété de Sainte-Foy-lès-Lyon

Les trois boulevards lyonnais en question - l’un, de 1,9 km, l’autre, de 3,1 km et le dernier, de 4,45 km - étaient conçus avant tout pour « encercler la ville d’une triple enceinte de verdure », cette « bague d’oxygène » devant permettre le « classement au premier rang des cités modernes ».

Le long de ce boulevard, des cités-jardins pour ouvriers

Ces périphériques auraient été bordés de cités-jardins, « habitations simples mais coquettes », à l’usage des ouvriers. Une population qui aurait trouvé là   « le bien-être auquel elle a incontestablement droit après son labeur quotidien, dans de mauvaises conditions hygiéniques. », justifiait Henri Moncorger, en écho aux préoccupations du temps. À l’époque, les embouteillages n’existaient pas. La France comptait alors environ 100 000 voitures. Aujourd’hui, elles sont près de 40 millions.

Pourquoi ce projet n’a-t-il jamais abouti ? « Aucune idée. Peut-être à cause de la Première Guerre mondiale ? », s’interroge l’historien lyonnais Bruno Benoît, « pas au courant » jusque-là de l’existence de cette archive. Le premier périphérique apparaîtra du côté est de l’agglomération, en 1958. Sans lien apparent avec les intuitions d’Henri Moncorger.

Le groupe de recherches historiques de Tassin, présidé par Yves Méjat, peut être contacté par mail (grhtdl69160@gmail.com) ou via sa page Facebook (Grhtdl Tassin)

Nicolas BALLET

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