Rhône Lyon : les amis se regroupent et financent leur projet d’habitat à la Guillotière

A la base, un groupe d’amis qui ont décidé de bâtir ensemble leur projet d’habitat  Photo Progrès /Aline DURET
A la base, un groupe d’amis qui ont décidé de bâtir ensemble leur projet d’habitat  Photo Progrès /Aline DURET

Le Moulin, c’est une coopérative d’habitants qui ont décidé de bâtir leur projet d’habitat ensemble dans un immeuble de cinq étages situé rue Montesquieu à la Guillotière. Épaulés par Rhône Saône Habitat et par la Métropole de Lyon qui met à disposition cet immeuble via un bail emphytéotique, ce groupe d’une dizaine d’amis veut réaliser un véritable lieu de vie, de partage et de solidarité.

La ténacité n’aurait pas suffi. Dans cette aventure, c’est bien de patience dont il s’agit. Car il s’est écoulé onze années avant que leur projet qu’ils ont baptisé Le Moulin, ne devienne réalité. Eux, ce sont des familles, des amis autour de la trentaine qui, un jour, se sont regroupés parce qu’ils voulaient bâtir et acquérir leur logement eux-mêmes.

Leur motivation ? Se retrouver autour d’un projet de rénovation qu’ils ont imaginé, monté ensemble, qu’ils financeront ensemble en mutualisant leurs moyens et leurs compétences. Leur objectif ? Avoir toutes les cartes en main pour réaliser des logements abordables, durablement. Et tous se sont retrouvés ce mercredi matin, en pleine Guillotière pour poser très symboliquement la première pierre de leur projet, signifiant le démarrage des travaux. « C’est une étape, quelque chose qui a un sens, lance l’un d’entre eux, on y est arrivé ».

« Une autre façon d’habiter »

Tout commence un jour de 2009 avec une coopérative d’habitants La Gargousse, mise en place pour aménager, dans un immeuble ancien de la rue Montesquieu, vide, propriété de la Métropole de Lyon, six appartements après travaux. L’énergie, l’envie est là, d’autant qu’à l’époque ils font route avec un bailleur social, Rhône Saône Habitat et le cabinet Fleurent architecte. Le projet prend forme, mais le collectif jette l’éponge, épuisé semble-t-il, selon Michael, par la longueur du processus.

L’idée, ou plus exactement le projet existant est alors repris par un autre groupe d’une dizaine de personnes en 2016, motivé par cette « autre façon d’habiter ». C’est un projet d’habitat « par et pour ses habitants », indique Elsa. « Si nous n’avions pas mutualisé, c’est simple, nous n’aurions pas eu accès à la propriété et au logement tout court ». 

  Le 73 rue Montesquieu et ses cinq étages sont donc devenus « propriété collective où chaque habitant détient des parts de la société coopérative aujourd’hui propriétaire de l’immeuble ». Une opération rendue possible grâce à un bail emphytéotique sur 70 ans, mis en place par la Métropole de Lyon.

« Trouver des solutions en commun »

 L’avantage de la formule ? Toutes les décisions sont prises de manière démocratique s’appuyant sur un principe fort simple : un coopérateur est égal à une voix. C’est un peu la difficulté de l’exercice, note Michael, il faut se mettre d’accord sur pas mal de choses, discuter, trouver des solutions en commun. Il faut s’entendre sur un projet de vie ». Une forme juridique qui permet également de lutter contre la spéculation.

Ils sont ainsi tombés d’accord pour lancer un projet performant sur le plan des économies d’énergie, pour aménager un local commun au rez-de-chaussée de l’immeuble capable d’accueillir du public, une chambre réservée aux amis. Les espaces placés aux inter-palliers serviront de rangements ou de lieu d’accueil pour des équipements et autres outils de bricolage, qui seront mutualisés.

Les travaux pilotés par le bailleur social, commencent début février, pour une livraison espérée fin 2020. Et ils ont hâte…

Aline DURET

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?