Mobililité Les Vélo’v électriques débarquent à Lyon

2 500 e-Vélo’v seront déployés dans les stations en février.  Photo David TAPISSIER
2 500 e-Vélo’v seront déployés dans les stations en février.  Photo David TAPISSIER

Le jeudi 20 février, Vélo’v lance officiellement son service e-Vélo’v à assistance électrique avec batterie portative et personnelle. Une première dans le vélo électrique en free-floating. Une première qui pourrait en amener d’autres, notamment de la part des opérateurs de trottinettes.

Petit retour en arrière… Lundi 18 septembre 2017, le Conseil de la Métropole approuvait le renouvellement pour 15 ans du marché du Vélo’v. On parlait d’assistance électrique, sans trop savoir exactement comment cela se passerait. Les contours se dessinaient : une partie du parc serait équipée pour bénéficier de l’assistance électrique à la demande.

Vingt-huit mois plus tard, on rentre dans le concret. L’e-Vélo’v arrive : ce sera pour le 20 février. Un complément à la location longue durée de vélos à assistance électrique myvelo’v déjà proposée par JC Decaux. 350 vélos haut de gamme disponibles depuis juin 2018, louable au mois (60 €) ou à l’année (50 €), utilisés à 52 % par des femmes qui font environ 202 km/mois… Sauf que là, l’abonnement ne sera pas le même : 7€/mois, avec un deux-roues dont l’autonomie sera variable (6 à 11 km selon l’intensité).

JC Decaux surfe sur son savoir-faire et sa main mise sur le vélo dans la Métropole. 428 stations sont prévues pour 2020 dans toute la métropole… et 2 500 e-Vélo’v seront déployés en février prochain.

Vers un appel à projet pour les vélos à assistance électrique ?

Mais quid des autres ? Aujourd’hui, la Ville de Lyon prépare des appels à projet pour les trottinettes. Interrogé sur le projet concernant les trottinettes et les vélos électriques début janvier , Jean-Yves Sécheresse n’écartait pas la possibilité d’en lancer un pour les vélos électriques en free-floating… en fonction de la demande d’opérateurs.

Et cela pourrait arriver plus vite qu’il le pensait : à Lyon, le vélo électrique a clairement de l’avenir. Configuration de la ville oblige, avec ses collines, il est très utile. Sur la base d’une enquête réalisée en 2019, il représente 10% des déplacements à vélo sur la Métropole de Lyon et le chiffre continue de progresser.

Jump sur les rangs

Fort de son expérience parisienne, Uber, via sa filiale Jump confirme avoir pris des contacts avec la mairie lyonnaise. Des « échanges téléphoniques », comme dans d’autres villes françaises dont le potentiel existe.

Présent dans la capitale depuis avril 2019, la stratégie de cet opérateur est en effet différente des autres et pourrait être dupliquée à Lyon. Au départ, ils ont débarqué avec 500 vélos électriques et autant de trottinettes. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 650 trottinettes mais surtout 5 000 vélos qui ont été déployés dans la capitale.

« Nous avons fait le choix d’un vélo développé « maison » avec assistance, lourd, robuste et agréable à conduire » explique le service communication de Jump. « De plus, les batteries sont interchangeables et les vélos sont surveillés via notre application et contrôlés tous les jours ce qui nous permet d’identifier les engins dégradés. Nos GPS empêchent de les garer près de la Seine ».

Des similitudes avec Lyon qui ont fait leurs preuves avec les trottinettes. Et le vélo avec assistance a beaucoup de succès dans le XVIIIe arrondissement parisien avec ses pentes un peu raides.

De quoi répondre aux faiblesses des trottinettes du côté de Fourvière et de la Croix-Rousse ? Réponse en cours d’année…

Dott y pense, pas Lime

Photo David TAPISSIER
Photo David TAPISSIER

Et du côté des opérateurs de trottinettes qu’en pensent-t-il ?

Dott : des vélos dès cet été ?

Le sujet a déjà été abordé avec la Ville de Lyon : les premiers vélos Dott devraient être mis en service à l’été 2020. Peut-être dans d’autres villes européennes dans un premier temps comme Londres ou aux Pays-Bas ? Aucune information n’a filtré concernant leur arrivée en France.

Bird : pas prévu pour le moment

La start-up Bird, dont les trottinettes devraient revenir à Lyon au printemps, possède un véhicule à mi-chemin entre le «fat bike», la mobylette et le scooter électrique. Le «Bird Cruiser» est équipé de larges roues, de freins à disque et d’un siège pouvant accueillir deux passagers. Le véhicule est actuellement testé à Los Angeles depuis octobre, sous la marque Scoot racheté en juin dernier par Bird. Pour autant, la firme américaine ne songe pas à le faire débarquer en France.

Lime : se concentrer sur les trottinettes

Pour le précurseur de la trottinette en free-floating à Lyon, l’objectif est de se concentrer sur les trottinettes. Même s’ils ont développé des vélos, les Lime-E, qui fonctionnent à Londres par exemple aujourd’hui ainsi que les Lime-B, des vélos traditionnels en free-floating. A Lyon, il existe un acteur historique fort pour les vélos : JC Decaux, précurseur en ce domaine. D’autres ont déjà essayé, comme Indigo weel ou Gobee.bike et les services ont cessé.
«Certes, le vélo personnel se développe mais nous préférons concentrer nos forces sur les trottinettes où il y a beaucoup à faire» a expliqué Antoine Bluy, responsable Lime à Lyon.

VOI : pas de décision

Dernier opérateur, VOI. Si un vélo a été présenté l’an passé en Suède, rien, pour le moment ne laisse penser que la firme va passer au vélo électrique. Leur volonté : continuer les trottinettes à Lyon…

David TAPISSIER

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