Mobilité Les pro-vélo réclament un plan ambitieux dans la Métropole de Lyon

Illustration du Réseau express vélo (REV) qui sera « sécurisé, lisible et prioritaire ».  Photo  DR
Illustration du Réseau express vélo (REV) qui sera « sécurisé, lisible et prioritaire ». Photo DR

De véritables pistes cyclables mais aussi des services vélo, ainsi qu’un accompagnement à la pratique : c’est tout un «Système» que réclament les associations de promotion de la petite reine à quelques semaines des élections métropolitaines.

Ils se prononcent en faveur de la création d’un Réseau Express Vélo permettant de quadriller la métropole. Ce REV, épine dorsale de 2000 autres kilomètres de pistes cyclables, en compterait 150 et desservirait 30 communes. Ils, ce sont la Maison du vélo Lyon, la Ville à vélo et les ateliers de la CLAVette qui en profitent pour interpeller les candidats aux prochaines élections.

Généralisation du « savoir rouler »

Ce réseau d’aménagements cyclables, sécurisé, lisible et prioritaire, pas encore dévoilé dans les détails, n’est cependant pas suffisant. Le Plan vélo qui nécessite un changement total de braquet et de philosophie, comprend deux autres axes : des services vélo innovants (ateliers vélo, fourrière vélo, transports en commun avec accès vélo…) ainsi qu’un accompagnement au changement de pratique (vélo-écoles, généralisation du « savoir rouler », événements vélo grand public…). Car, du système voiture, il s’agirait d’entrer dans le système vélo.

Ces associations déroulent, ainsi, une trentaine de mesures et un objectif : porter, le vélo à 15 % de part modale (en 2015, elle était de 2-3 % selon la dernière enquête) d’ici à 2026. « Rien de farfelu », selon Françoise Chevallier, présidente de la Maison du vélo, puisque « 24 % des déplacements de moins de 3 km se font encore en voiture et qu’il suffirait que la moitié le soit à vélo, pour atteindre l’objectif ». Rappelons que le Plan de déplacements urbains (PDU) fixe un objectif de 8 % de part modale du vélo d’ici 2030.

Le REV long de 150 km, sera l'«épine dorsale» d’un réseau métropolitain de 2000 km de pistes cyclables. Photo DR
Le REV long de 150 km, sera l'«épine dorsale» d’un réseau métropolitain de 2000 km de pistes cyclables. Photo DR

« Les Lyonnais et Grands lyonnais citent la pollution de l’air comme préoccupation première mais ils continuent à prendre leur voiture », note Marine Fabre, directrice de la Maison du vélo Lyon qui juge « essentiel de placer au cœur des débats les questions de la mobilité et du vélo ». Chaque candidat est, ainsi, invité à donner son avis et s’engager sur des mesures concrètes en répondant à un questionnaire consultable en ligne.

Apolitique ?

Du lobbying pour les écolos ? « Notre fonctionnement reste apolitique. Le vélo ne doit pas être l’étendard d’EELV seulement », répondent les associations qui, cependant n’ont guère besoin d’interpeller les Verts dont elles partagent les options. Et encore moins Fabien Bagnon, co-président démissionnaire de la Ville à vélo, et désormais tête de liste sur la circonscription Lyon centre. « Notre intérêt n’est pas d’être instrumentalisées », répondent encore celles qui soulignent aussi « des efforts de la Métropole de Lyon en termes de cyclabilité, qui commencent à porter leurs fruits ».

Changer de «système»

La solution à pas mal de problèmes. Pour 34 euros par an et par habitant, les associations vélo font la démonstration d’un Plan vélo à la fois ambitieux et réalisable. Il s’agirait, en effet, de porter à 320 millions, un Plan vélo actuellement de 160 millions. Par rapport au développement d’autres infrastructures, et sans parler des milliards que coûterait l’Anneau des sciences, certes à vocation autre que les liaisons locales, il n’y a pas photo. De quoi faire monter un peu plus la pression du côté des candidats qui connaissent les préoccupations des électeurs liées à la pollution et au réchauffement climatique.

Interpellés et confrontés à des solutions de déplacement respectueuses de l’environnement et quasiment « clé en main », ces candidats auront du mal à présenter des mesurettes. Compter dans la campagne, voire lui donner son tempo comme le font les écolos, est une gageure désormais possible pour ces associations porte-voix d’un faible nombre d’usagers du vélo – en 2015, seuls 6 % des actifs se rendaient au travail à vélo - même s’il est grandissant.

Dominique MENVIELLE

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