Transports Rhônexpress : la rupture votée en février ?

La navette Rhônexpress est régulièrement attaquée pour son coût élevé : 16,30 € l’aller simple.  Photo d'illustration Philippe JUSTE
La navette Rhônexpress est régulièrement attaquée pour son coût élevé : 16,30 € l’aller simple. Photo d'illustration Philippe JUSTE

À la suite d’une réunion d’information concernant les conséquences d’une éventuelle résiliation du contrat Rhônexpress, le Sytral a fait savoir que la résiliation serait bien mise au vote lors du prochain conseil syndical, «avant fin février».

9h30-12h30. Trois heures, il fallait bien tout ça. Vendredi dernier, les élus du Sytral, l’autorité qui gère les transports en commun lyonnais, étaient réunis pour une (longue) commission générale portant sur les conséquences juridiques et financières d’une éventuelle résiliation du contrat de concession la liant jusqu’en 2038 à Vinci, le groupe qui exploite Rhônexpress - la Métropole et le Sytral ont récupéré le bébé des mains du Département lors de la création de la collectivité en 2015.

Le Sytral nous a confirmé que la résiliation serait bien mise au vote «avant fin février» lors du prochain conseil syndical, «dont la date n’est pas actée», répondant ainsi à la demande de plusieurs élus lors de la réunion.

David Kimelfeld avait envoyé un communiqué de presse pour demander cette mise au vote , évoquant la date du 14 février. Rappelons que la chambre régionale des comptes, dans un rapport de juillet dernier, avait décrit le contrat de concession, signé en 2007 entre le Département du Rhône et Vinci, comme «structurellement déséquilibré, avec une durée excessive (30 ans) par rapport à l’engagement financier et à la prise de risque, très faible, du concessionnaire».

Le Sytral et la Métropole étaient engagés depuis avril 2019 dans des négociations avec Rhônexpress pour aboutir à un avenant au contrat de concession. Objectifs : baisse des tarifs de la navette, augmentation de la cadence du T3, et développement d’une alternative à Rhônexpress.

Début décembre, David Kimelfeld avait fait part de l’échec des négociations et de sa volonté de solliciter la résiliation.

Le «scénario prudentiel» présenté

Cette dernière a un coût pour le Sytral - 34 millions d’euros à verser à Rhônexpress – mais aussi, possiblement, des gains futurs. Une étude commandée par le Sytral et la Métropole, présentée vendredi, a notamment analysé le «scénario prudentiel» (le plus probable) de la résiliation. Et elle pointe cinq années de déficit (-5,7 millions d'euros en déficit cumulé maximum) qui sont vite compensées par les excédents arrivant dès 2026. Ainsi, sur la période 2021-2038, l’étude évoque un «résultat cumulé largement positif», autour de 40 millions d’euros.

La résiliation ? «Plutôt une bonne affaire»

Pour David Kimelfeld, cette réunion «a permis de montrer que la résiliation n’était pas une catastrophe financière pour la collectivité et le Sytral», et même «qu’avec les prévisions du trafic, c’est plutôt une bonne affaire».

«Nous avons aussi appris que si nous allions à la résiliation, on ne remettait pas en question ni le service ni l’opérationnel», pointe encore le candidat à sa réélection, qui n’oublie pas la campagne politique («Le maire de Lyon a fait des interventions que je qualifierais de surprenantes, je me suis demandé à un moment donné s’il n’était pas l’avocat ou le conseil de Rhônexpress!»).

Toujours est-il que 23 élus du Sytral seront appelés au vote en février, et que douze "pour" sont nécessaires pour que la résiliation soit actée.

Diane MALOSSE

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?