Sciences A Lyon, ils veulent utiliser des virus pour soigner les animaux

Mai Huong Chatain, présidente de la start-up Vetophage, dans un des laboratoires de l’ENS. Photo Progrès/Blaise FAYOLLE
Mai Huong Chatain, présidente de la start-up Vetophage, dans un des laboratoires de l’ENS. Photo Progrès/Blaise FAYOLLE
Christophe Chatain, responsable commercial et Mai Huong Chatain, présidente de la star-up Vetophage. Photo Progrès/Blaise FAYOLLE
Christophe Chatain, responsable commercial et Mai Huong Chatain, présidente de la star-up Vetophage. Photo Progrès/Blaise FAYOLLE
Mai Huong Chatain, présidente de la start-up Vetophage, dans un des laboratoires de l’ENS. Photo Progrès/Blaise FAYOLLE Christophe Chatain, responsable commercial et Mai Huong Chatain, présidente de la star-up Vetophage. Photo Progrès/Blaise FAYOLLE

La start-up Vetophage, hébergée par l’ENS de Lyon depuis presque trois ans, attend une reconnaissance des phages par l’État. L’entreprise vient de recevoir une labellisation pour son travail de recherche dans le traitement des animaux par ces virus mangeurs de bactéries.

Soigner les mammites des vaches non plus avec des antibiotiques mais avec des virus, c’est le pari, à terme, de la start-up Vetophage. La structure, abritée par l’École Normale Supérieur (ENS) de Lyon, développe la recherche scientifique dans le domaine des virus mangeurs de bactéries (phages) à destination des animaux. Docteure en microbiologie avec 15 ans d’expérience, Mai Huong Chatain a lancé la start-up en février 2017.

Une alternative aux antibiotiques

« L’idée était de mettre en application la recherche en matière de phages pour les animaux qui peuvent faire l’objet de résistance aux antibiotiques, explique-t-elle. On observe des cas d’antibiorésistance de plus en plus fréquents. » La start-up souhaite donc proposer une alternative aux antibiotiques. « Nous avons d’abord mis au point des kits de détection de bactéries pathogènes (qui provoquent des maladies), précise Mai Huong Chatain. Les vétérinaires peuvent ainsi connaître précisément la cause de la maladie et n’ont plus à utiliser directement et largement des antibiotiques. »

Les traitements par bactériophages, en revanche, ne sont pas encore finalisés par la start-up. Même si des pistes sont avancées pour les bovins et l’aquaculture. Vetophage dispose d’une banque de phages, pour lutter notamment contre le staphylocoque doré et le vibrio parahaemolyticus, une bactérie qui touche les coquillages et les poissons.

« Nous avons besoin de financements, de législation précise, de structure de la part de l’État, plaide Christophe Chatain, responsable commercial de Vetophage. Aujourd’hui, cette technique n’est pas du tout mise en avant. » La start-up de 3 salariés peut compter sur des locaux au sein de l’ENS, avec trois laboratoires et un bureau. « Nous pouvons encore rester 3 ans, mais nous ambitionnons de nous développer à l’extérieur, avec l’appui d’investisseurs », indique Christophe Chatain.

En attendant que les autorités bougent sur cette question, Vetophage poursuit son développement de son côté. La start-up a reçu en décembre la labellisation French Tech Seed de l’organisme de soutien aux start-ups Poussalys.

Comment fonctionnent les phages ?

Les phages ne ciblent que les bactéries pour lesquels ils sont envoyés.  Photo Progrès /DR
Les phages ne ciblent que les bactéries pour lesquels ils sont envoyés. Photo Progrès /DR

Découverts il y a une centaine d’années, les phages sont des virus qui infectent seulement certaines bactéries. La phagothérapie a été mise de côté avec le développement des antibiotiques. « À l’inverse des antibios qui tuent toutes, ou beaucoup de bactéries dans un corps, les phages ne ciblent que celle pour laquelle il est envoyé, précise Mai Huong Chatain.

En revanche pour être administrés, les phages doivent être le plus pur possible. » Les phages ne se transmettent pas par le sang. « Ils doivent être ingérés, injectés dans la zone ciblée, ou appliqués, mais ils doivent être en contact avec les bactéries pour le détruire », ajoute la présidente de Vetophage. Pour leur conservation, les phages se trouvent sous forme de poudre ou de liquide.

Blaise FAYOLLE

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?