Lyon «C’est Monsieur Paul qui l’a surnommée La Mère Richard»

Renée Richard aux Halles de Lyon - Paul Bocuse  Photo Progrès /Laurence PONSONNET
Renée Richard aux Halles de Lyon - Paul Bocuse  Photo Progrès /Laurence PONSONNET

Fille unique de la Mère Richard, Renée Richard évoque sa mère, la célèbre fromagère, “Reine du Saint-Marcellin”, décédée en 2014, figure charismatique des Halles Paul-Bocuse de Lyon.

Est-ce que votre mère a, d’une certaine manière, façonné votre identité?

«Oui et à double titre. D’abord, elle m’a prénommée comme elle. Ma mère étant très occupée, enfant, j’ai été mise en pension mais je revenais tous les week-ends. Et puis j’ai travaillé 25 ans à ses côtés. J’aurais pu pourtant poursuivre mes études et devenir notaire. Licenciée en droit, j’ai fait l’école de notariat, quai Claude-Bernard, et j’en suis sortie avec un diplôme de clerc de notaire, mais ma mère a eu besoin de moi. Je suis donc venue l’aider à la fromagerie et finalement, je n’en suis plus repartie car j’adore le contact avec les clients et avec mes amis, les Chefs.»

Comment viviez-vous sa renommée?

«J’étais très flattée qu’elle soit connue et reconnue. Je l’adorais et je l’admirais. C’était une femme drôle, courageuse, innovante. C’est elle la première qui a eu l’idée d’emballer le St Marcellin dans un papier à son nom. Beaucoup d’autres fromagers ont fait de même par la suite. C’est Monsieur Paul qui l’a surnommée La Mère Richard. Cette appellation est devenue notre enseigne. Paul Bocuse, par son amitié et son exigence nous a amenées à être ce que nous sommes devenues. Il nous a aussi présentés à une multitude de gens de tous horizons.»

Cherchiez-vous son approbation dans les choix que vous avez pu faire?

«En fait, elle m’imposait ce qu’elle jugeait bien pour moi… Et je l’ai finalement accepté. Il y avait entre nous beaucoup d’amour et une immense complicité.»

Quels souvenirs heureux gardez-vous d’elle?

«Il y en a tellement. On allait ensemble à de grandes fêtes, à des réunions entre amis. J’ai vécu heureuse à ses côtés.»

Vous sentez-vous un devoir de mémoire envers elle?

«Évidemment. C’est la raison pour laquelle je suis toujours là aujourd’hui. Il est important que La Maison Richard garde sa notoriété et sa renommée. D’ailleurs, elle avait vite compris qu’il faudrait compter sur moi. Dès le début de notre collaboration, elle m’a mise en avant en me présentant aux clients. Du coup, la passation s’est faite naturellement.»

Un regret?

«Aucun.»

Si vous l’aviez aujourd’hui en face de vous, qu’aimeriez-vous lui dire?

«Je lui dirais qu’elle me manque terriblement.»

La Mère Richard. Halles de Lyon - Paul-Bocuse, Lyon 3e

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