LYON 3e/7e | Aménagement Place Gabriel-Péri: l’étude de sûreté qui veut changer les choses

Place Gabriel-Péri. Photo d'archives Progrès/Philippe JUSTE
Place Gabriel-Péri. Photo d'archives Progrès/Philippe JUSTE

Cette étude réalisée sur la place Gabriel-Péri par un bureau d’études à la demande de la Ville de Lyon a été évoquée à maintes reprises et notamment lors des derniers conseils municipaux. La synthèse qui a été diffusée sur les réseaux sociaux dresse un état des lieux et propose un plan d’actions global.

Face à une liste de difficultés -qui finit par être longue- cette étude réalisée sur la place Gabriel-Péri était sans doute très attendue. Quasiment tous les problèmes sont mis sur la table. Mais au-delà de cet état des lieux, ce sont bien les propositions d’un plan d’actions global qui retiendra l’attention, l’objectif étant de « proposer des pistes d’actions destinées à améliorer sensiblement la vie et situation de cet espace public ».

La synthèse a été diffusée sur les réseaux sociaux. « Mettre des mots sur les mots, voilà ce que ce rapport délivre, note-t-on du côté de l’association La Guillotière en colère qui annonce, sans doute courant janvier, des réunions sur le sujet. L’opération a été pilotée par la Ville de Lyon qui a choisi de faire appel à un bureau d’études extérieur, auquel a été associé un architecte/urbaniste pour faire face à des nuisances « difficilement supportables ». C’est l’adjoint au maire en charge de la Sécurité, Jean-Yves Sécheresse qui l’avait indiqué en novembre dernier.

Un état des lieux pas fameux

L’idée était de réaliser « une étude de sûreté » sur cette place située dans le 7e  arrondissement. Une cinquantaine d’interlocuteurs « directement concernés » ont été contactés de juin à octobre 2019. Le résultat ? Rien que n’ignorent, sans doute, les habitants. Mais quand même. « Il est rare de trouver en France, en secteur de centralité, sur un espace public de taille d’ailleurs assez modeste une telle diversité et une telle concentration d’activités délinquantes et d’actes incivils », peut-on lire dans la synthèse. La délinquance y serait « intense et polymorphe ».

On y parle aussi de « laisser-aller général », on s’interroge sur les espaces publics peu qualifiés et sur un immeuble, le Clip qualifié de « disproportionné ».

Des actions engagées «à très court terme»

Déjà déployé dans le secteur de la Presqu’île, le dispositif de vidéo verbalisation va être étendu dans les quartiers placés autour de la place Gabriel-Péri et déjà équipés en caméras de vidéoprotection. Il sera testé une année.

L’objectif est de lutter contre le stationnement anarchique, les rodéos, la circulation sur les voies de transport en commun…. Depuis le PC radio, la police municipale relève les infractions par le biais des caméras. Des procès-verbaux électroniques sont ensuite envoyés aux contrevenants par le biais de l’agence nationale de traitement automatisé des infractions.

Cette question vient d’être débattue au conseil municipal. Selon l’adjoint au maire, Jean-Yves Sécheresse, ce dispositif porterait ses fruits. Ce projet a été plutôt bien accueilli, même si on estime du côté de l’opposition, via la voix de Christophe Geourjon (Les Indépendants) que « cela ne suffira pas pour lutter contre les incivilités du quotidien ».

En attendant la démolition…

Tous ou presque réclament la destruction d’une partie du Clip, cet immeuble aux formes arrondies et vitrées devenue objet de séparation entre la place Gabriel-Péri et le quartier Moncey. En attendant, les élus de la Métropole de Lyon viennent d’adopter l’installation d’un droit de préemption urbain renforcé sur cet immeuble. Une procédure qui permet à la collectivité, en rachetant progressivement les locaux, de devenir propriétaire des lieux et ainsi, agir sur une éventuelle démolition dans le cadre d’un projet des places Ballanche/Péri.

L’arrêt du tramway déplacé cours de la Liberté

Il convient donc, selon les termes de ce rapport, « de rétablir une situation publique acceptable » d’effectuer « un travail en profondeur », de « restaurer des règles en matière de propreté ».

En faisant quoi ? Les auteurs de l’étude ont identifié une séquence aménagement et proposent plusieurs pistes comme la requalification de plusieurs espaces de la place, en retraitant le sol et en végétalisant. Il est question aussi de déplacer la station de tram « Péri-Guillotière » de 150 mètres au nord, sur le cours de la Liberté, ce qui emmènerait le flux des voyageurs vers des espaces publics plus vastes.

Toujours au chapitre des déplacements, il est envisagé de positionner les rails du tramway en partie centrale de la rue de Marseille, de supprimer la voie réservée aux automobiles, ce qui permettrait d’aménager des espaces partagés à accès contrôlé. La démolition partielle du CLIP est aussi mentionnée.

Toutes ces propositions rassemblées dans un plan d’actions seraient envisagées à plus ou moins long terme, sans doute sur une durée de prochain mandat (six ans). Leur coût n’a pas été estimé.

Ça s’est passé en 2019

- 22 décembre: les adhérents de l’association "Les riverains de la Guillotière" décorent le sapin du quartier qui ne porte aucune guirlande, avec des déchets pour sensibiliser habitants et pouvoirs publics sur les questions de propreté.

- 8 novembre: marché sauvage, trafics de drogue, nuisances sonores et olfactives, harcèlement, amas de déchets… Évoquant cette longue liste de difficultés place Gabriel-Péri, les élus du 7e arrondissement interpellent Gérard Collomb. « Quels sont les leviers que la Ville peut actionner pour envisager de les résoudre ? » interroge alors Myriam Picot, maire du 7e.

- 23 octobre: présidente de l’association des « Riverains de la Guillotière », Nathalie Balmat évoque le quotidien des habitants qui ne se sentent pas écoutés. La place Gabriel-Péri, dit-elle, « regroupe une concentration de problèmes qui irradient sur tout le quartier ».

- 4 octobre: nouvelle opération de police place Gabriel-Péri, 42 personnes contrôlées.

- 2 octobre: des combats de boxe sauvages en pleine rue à la Guillotière

- Juillet : débordements lors des demi-finales et finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Situation tendue à la Guillotière, aux abords de la place Gabriel-Péri.

Aline DURET

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