CONSOMMATION Villeurbanne: le petit commerce résiste toujours à la grande distribution

Au début du XXe siècle, il y avait 395 petits commerces à Villeurbanne pour 30000 habitants, soit un pour 1000 habitants. Le chiffre est aujourd’hui de 0,16. Mais il ne baisse plus. Photo Progrès /Le Rize
Au début du XXe siècle, il y avait 395 petits commerces à Villeurbanne pour 30000 habitants, soit un pour 1000 habitants. Le chiffre est aujourd’hui de 0,16. Mais il ne baisse plus. Photo Progrès /Le Rize

L’exposition sur l’alimentation à Villeurbanne depuis 1850, au Rize, montre le bouleversement de l’avènement de la société de consommation au détriment du commerce de proximité. Mais aujourd’hui, ce modèle pourrait évoluer.

À l’heure de l’essoufflement du modèle des grandes surfaces apparu à la fin des années 60 et qui a asphyxié le petit commerce, l’exposition sur l’alimentation à Villeurbanne depuis le XIXe siècle au Rize, permet de mieux comprendre comment les petites enseignes indépendantes ont prospéré, avant de se faire engloutir par la consommation de masse, et comment aujourd’hui, les habitants freinent le rouleau compresseur de la grande distribution en voulant désormais privilégier des circuits courts.

Une statistique est révélatrice de cette évolution. En 1900, à Villeurbanne, le nombre de petits commerces est de 395 pour 30000 habitants. Soit 1,3 pour 1000 habitants. De 1934 à 1972, il est d’environ 630, alors que la population passe de 80 000 à 116 000 habitants soit 0,8 commerce pour 1000 habitants puis 0,54 pour 1000. En 2012, le chiffre est de 226 pour 145 000 soit 0,15 pour 1000, et aujourd’hui de 249 pour 150 000 soit 0,16 commerce pour 1000 habitants. On voit bien que l’ouverture de l’hypermarché Carrefour aux Gratte-Ciel en 1964 a capté la clientèle villeurbannaise pour longtemps. Mais qu’aujourd’hui, cela stagne.

1964-1981 : l’arrivée des hypermarchés

L’exposition le traduit clairement : l’arrivée de cette enseigne de grande distribution a tout bouleversé. Des supermarchés étaient pourtant déjà présents : Casino et Monoprix. Mais ils répondaient d’une autre logique. Ce sont des coopératives, des entreprises à succursales. Elles concurrençaient le commerce indépendant en proposant des prix un peu moins élevés, mais pas de la marchandise de gros.

Lorsque Carrefour s’implante, c’est le premier de la région lyonnaise. Son arrivée accompagne le baby-boom, l’exode rural, l’afflux de main-d’œuvre immigrée. Il faut du logement. On construit les cités. Et il faut des lieux d’approvisionnement de masse. On monte les grandes surfaces. La seconde prendra place en 1966 à Vénissieux toujours avec Carrefour, le plus grand d’Europe alors, et la troisième, à Saint-Priest, avec l’ouverture de l’hypermarché Auchan en 1981.

 Pendant la guerre, face aux difficultés de ravitaillement, les pouvoirs publics ont mis en place l’aide alimentaire. Photo Progrès /Le Rize
Pendant la guerre, face aux difficultés de ravitaillement, les pouvoirs publics ont mis en place l’aide alimentaire. Photo Progrès /Le Rize
 La grande distribution, ce sont des prix bas et beaucoup de diversité, ce qui profite avant tout aux géants de l’agroalimentaire et aux grandes exploitations agricoles, mais nuit aux petits producteurs.   Photo Progrès/Le Rize
La grande distribution, ce sont des prix bas et beaucoup de diversité, ce qui profite avant tout aux géants de l’agroalimentaire et aux grandes exploitations agricoles, mais nuit aux petits producteurs.   Photo Progrès/Le Rize
 L’affiche de l’exposition.  Photo Progrès/Le Rize
L’affiche de l’exposition.  Photo Progrès/Le Rize
 La ville compte 11 marchés. Photo Progrès/Le Rize
La ville compte 11 marchés. Photo Progrès/Le Rize
 Le marché des Gratte-Ciel.  Photo Progrès /Le Rize
Le marché des Gratte-Ciel.  Photo Progrès /Le Rize
 Les premiers marchés ont vu le jour dans les années 1880. Ils ont été autorisés par la mairie à la demande des habitants.  Photo Progrès/Le Rize
Les premiers marchés ont vu le jour dans les années 1880. Ils ont été autorisés par la mairie à la demande des habitants.  Photo Progrès/Le Rize
 L’exposition sur l’alimentation se poursuit jusqu’au 26 septembre. Photo Progrès/Christophe GALLET
L’exposition sur l’alimentation se poursuit jusqu’au 26 septembre. Photo Progrès/Christophe GALLET
 De nombreuses photos ont été utilisées. Photo Progrè /Christophe GALLET
De nombreuses photos ont été utilisées. Photo Progrè /Christophe GALLET
 Beaucoup d’explications sont données.  Photo Progrès/Christophe GALLET
Beaucoup d’explications sont données.  Photo Progrès/Christophe GALLET
 De nombreux thèmes sont abordés. Photo Progrès/Christophe GALLET
De nombreux thèmes sont abordés. Photo Progrès/Christophe GALLET
 La ville a compté jusqu’à 650 commerces environ sur son territoire dans les années 50 et 60. Photo Progrès/Christophe GALLET
La ville a compté jusqu’à 650 commerces environ sur son territoire dans les années 50 et 60. Photo Progrès/Christophe GALLET
 Les points rouges montrent l’emplacement des commerces et des marchés en 1934. Ils sont plutôt à l’Ouest et le long des grands axes.  Photo Progrès/Christophe GALLET
Les points rouges montrent l’emplacement des commerces et des marchés en 1934. Ils sont plutôt à l’Ouest et le long des grands axes.  Photo Progrès/Christophe GALLET
 Un reportage sur la grande distribution est diffusé. Photo Progrès/Christophe GALLET
Un reportage sur la grande distribution est diffusé. Photo Progrès/Christophe GALLET
 Quelques exemples de denrées et de prix.  Photo Progrès/Christophe GALLET
Quelques exemples de denrées et de prix.  Photo Progrès/Christophe GALLET
 Pendant la guerre, face aux difficultés de ravitaillement, les pouvoirs publics ont mis en place l’aide alimentaire. Photo Progrès /Le Rize  La grande distribution, ce sont des prix bas et beaucoup de diversité, ce qui profite avant tout aux géants de l’agroalimentaire et aux grandes exploitations agricoles, mais nuit aux petits producteurs.   Photo Progrès/Le Rize  L’affiche de l’exposition.  Photo Progrès/Le Rize  La ville compte 11 marchés. Photo Progrès/Le Rize  Le marché des Gratte-Ciel.  Photo Progrès /Le Rize  Les premiers marchés ont vu le jour dans les années 1880. Ils ont été autorisés par la mairie à la demande des habitants.  Photo Progrès/Le Rize  L’exposition sur l’alimentation se poursuit jusqu’au 26 septembre. Photo Progrès/Christophe GALLET  De nombreuses photos ont été utilisées. Photo Progrè /Christophe GALLET  Beaucoup d’explications sont données.  Photo Progrès/Christophe GALLET  De nombreux thèmes sont abordés. Photo Progrès/Christophe GALLET  La ville a compté jusqu’à 650 commerces environ sur son territoire dans les années 50 et 60. Photo Progrès/Christophe GALLET  Les points rouges montrent l’emplacement des commerces et des marchés en 1934. Ils sont plutôt à l’Ouest et le long des grands axes.  Photo Progrès/Christophe GALLET  Un reportage sur la grande distribution est diffusé. Photo Progrès/Christophe GALLET  Quelques exemples de denrées et de prix.  Photo Progrès/Christophe GALLET

Aujourd’hui, 75 % des dépenses se font dans les grandes surfaces. Alors qu’au début du XXe siècle, on pouvait vivre en autarcie dans son quartier : il y avait le jardinage, les arbres fruitiers, les commerces d’épicerie se développant à côté des usines, la marchande des quatre saisons. C’est ce modèle que la Métropole essaye désormais de réintroduire, mais à la sauce XXIe siècle. Elle veut par exemple favoriser des filières courtes de productions locales, comme il y a pu y en avoir autrefois.

Pourquoi ? Le public, en se préoccupant désormais d’environnement, veut retrouver du sens dans ses achats mais aussi du lien social, ce qu’est aussi le petit commerce.

Exposition Résultats des courses, s’approvisionner à Villeurbanne, jusqu’au 26 septembre, au Rize, 23, rue Valentin-Haüy.

50 % de l’activité commerciale aux Gratte-Ciel

L’exposition est conçue autour de quatre îlots distincts. Le premier s’intéresse aux petits commerces et aux grandes surfaces. On apprend que les petites enseignes se sont surtout installées à l’ouest de la commune et le long des grands axes. Un point est fait sur les marchés. Il y en a actuellement 11. Ils couvrent tous les quartiers. Celui des Gratte-ciel a été inauguré en 1937 à la suite d'une pétition. Les habitants déploraient le manque de commerces au centre-ville, alors que la démographie augmentait. Ils devaient aller aux Charpennes et aux Maisons neuves.

Aujourd’hui, le quartier des Gratte-Ciel, c’est 50 % de l’activité commerciale de la ville en alimentation. Et ce n’est que dans les années 60 que ce quartier s’impose comme le vrai centre de Villeurbanne.

Dans les années 70, une perte du chiffre d’affaires s’enclenche avec une évasion vers les grandes surfaces et la presqu’île de Lyon. Avec les projets d’extension du centre, la surface commerciale sera bientôt multipliée par deux avec un équilibre entre commerce indépendant et franchises internationales.

Christophe GALLET

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