Immobilier A Villeurbanne, les petits propriétaires sous la menace de l’encadrement des loyers

Avec un marché locatif sous pression dans Lyon intra-muros et à Villeurbanne, les loyers sont orientés à la hausse. Photo Joël PHILIPPON
Avec un marché locatif sous pression dans Lyon intra-muros et à Villeurbanne, les loyers sont orientés à la hausse. Photo Joël PHILIPPON

Alors que les prix du m² à l’acquisition flambent, que la fiscalité grève de plus en plus les rendements, la menace de l’encadrement des loyers refait surface à Villeurbanne, de quoi crisper les propriétaires-bailleurs.

«Pour préparer ma retraite et profiter des taux de crédit j’ai acheté il y a quatre ans un T2 dans le quartier Flachet à Villeurbanne pour lequel je réalise tous les mois un effort d’épargne de 150 euros sans compter la taxe foncière qui a augmenté, les travaux de copropriété ; je crains qu’avec un encadrement des loyers je sois contraint de tirer un trait sur mon investissement», regrette William, 35 ans, cadre informatique à Vaise, qui a fait le choix d’investir dans la pierre, valeur refuge par excellence.

Les investisseurs pourraient à terme se détourner de Villeurbanne

Laurent Brossier, directeur UNPI 69 Métropole de Lyon qui représente les propriétaires, abonde dans le même sens estimant «qu’avec un tel encadrement on va décourager les propriétaires qui n’auront plus envie de louer, de faire des travaux, et qui ne voudront certainement plus investir sur Villeurbanne.»

Olivier Dumas, responsable des statistiques marchés à l’Unis, revient sur la hausse de + 6,1% sur un an à Villeurbanne qui positionne à 12,07 euros/m² en moyenne sur le parc privé contre 9 euros/m² en moyenne dans le parc social.

Une hausse des loyers qu’on peut attribuer en partie à la mise en location de logements neufs dans le quartier de Carré de Soie, à la déperdition de logements dédiés à la location «loués en Airbnb» et bien évidemment à l’attractivité de Villeurbanne qui constitue désormais un vrai marché de report pour tous les Lyonnais qu’ils soient investisseurs immobiliers ou candidats à la location d’un logement.

«Pour un logement de 50 m² à Villeurbanne on va avoir un loyer de 600 euros dans l’ancien, de 635 euros dans le neuf. Il y a incontestablement un effet neuf à la première location», souligne Olivier Dumas qui note que sans les petits propriétaires privés «les besoins de logements seront encore plus criants.»

Ce que dit la loi

L’encadrement des loyers a pour objectif de limiter l’évolution des loyers des logements vides ou meublés loués à titre de résidence principale, situés dans des zones géographiques dites tendues.

À cet effet, la loi du 6 juillet 1989 prévoit qu’un décret doit fixer annuellement un montant maximum d’évolution des loyers en cas de remise en location ou de renouvellement de bail. Sont considérées comme zones tendues, les agglomérations de plus de 50 000 habitants où le marché immobilier fait face à un fort déséquilibre entre l’offre et la demande locative (la demande y est supérieure à l’offre), entraînant des difficultés sérieuses d’accès au logement.

Il s’agit des zones géographiques correspondant aux territoires des communes dont la liste est annexée au décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 relatif au droit d’application de la taxe annuelle sur les logements vacants.

Franck BENSAID

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