Rhône Le futsal, la nouvelle ambition de l’OL

Les joueurs de l’Olympique Lyonnais futsal alignés lors de la victoire face à l’AS Montchat (4-2), le 15 décembre.  Photo Le Progrès /Norbert GRISAY Alors qu’il évoluait en L2, à MDA futsal, Antoine Jarry n’a pas hésité à redescendre au niveau départemental pour porter le maillot de l’OL futsal.  Photo Le Progrès/ Norbert GRISAY
Les joueurs de l’Olympique Lyonnais futsal alignés lors de la victoire face à l’AS Montchat (4-2), le 15 décembre.  Photo Le Progrès /Norbert GRISAY Alors qu’il évoluait en L2, à MDA futsal, Antoine Jarry n’a pas hésité à redescendre au niveau départemental pour porter le maillot de l’OL futsal.  Photo Le Progrès/ Norbert GRISAY

Créée à l’été 2019, la section futsal de l’OL part de tout en bas, du niveau départemental, avec l’ambition de gravir les échelons pour servir au développement d’une discipline encore confidentielle et d’offrir à terme une option de plus aux jeunes de l’académie.

Effervescence inhabituelle ce dimanche de décembre au gymnase Tony-Bertrand, dans le 3e  arrondissement de Lyon. Ce n’est pas la Bombonera des grands soirs en cette fin de matinée, autour du sol stratifié sur lequel s’échauffent deux équipes de futsal du championnat départemental de D1, mais une cinquantaine de spectateurs à ce niveau-là, ça interpelle. « D’habitude, quand ils sont deux ou trois, c’est le bout du monde », sourit Jérémy, le portier de l’équipe locale de l’AS Montchat, qui sait que c’est bien l’équipe visiteuse qui est la source d’une telle attraction : l’Olympique Lyonnais.

 Lors du match entre l’AS Montchat et l’Olympique Lyonnais futsal au gymnase Tony-Bertrand.   Photo Progrès /Norbert GRISAY
Lors du match entre l’AS Montchat et l’Olympique Lyonnais futsal au gymnase Tony-Bertrand.   Photo Progrès /Norbert GRISAY

Pour lui comme les autres joueurs et suiveurs de la discipline - encore souvent cantonnée en France à un sport de quartier alors qu’il est un outil de formation, ainsi qu’une discipline professionnelle et médiatisée dans nombre de pays d’Amérique Latine et d’Europe -, l’arrivée dans le paysage d’un épouvantail comme l’OL n’est pas neutre : « Ça nous a excité de savoir qu’il se lançait. Outre le fait que l’OL peut aider au développement de notre sport, c’est un beau challenge que de se bagarrer pour les battre ! »

Le projet futsal pensé par Caçapa et porté par Fréchet

Un discours vite traduit sur le terrain : malgré des éléments ayant évolué à haut niveau en foot à onze ou en L1 et L2 en futsal, l’OL doit s’employer pour parvenir à l’emporter. Rejoints deux fois au score, les partenaires du capitaine Antoine Jarry, auteur d’un doublé, patienteront, au prix d’efforts redoublés, jusqu’à la fin des deux périodes de 25 minutes pour s’imposer (4-2). Avant de virer en tête de leur poule à la trêve, avec deux petits points d’avance, en dominant leur dauphin de Futsal Côtière Ain (6-1), la semaine suivante. N’allez pas croire que tout est facile pour eux : les Gones ont ainsi déjà connu la défaite… face à la lanterne rouge, Miribel.

« Nos adversaires veulent un peu plus nous battre que les autres équipes, mais on le sait et ça nous permet de travailler des valeurs de solidarité qui nous serviront », témoigne Antoine Jarry. Lorsqu’il a fallu quitter le 2e  échelon national et son club de MDA Futsal, ce gaucher pur jus n’a pas hésité une seconde pour « porter le maillot de (s) on club de cœur mais surtout pour être du départ l’un des participants à tout le projet porteur qu’il y a derrière ».

Pensé il y a plusieurs années par Claudio Caçapa, qui a comme tant d’autres au Brésil appris d’abord à manier le ballon sur des périmètres restreints pour mieux travailler la technique, la prise de décision ou les transitions, il a été repris par l’ancien formateur Joël Fréchet, international avec la sélection française de futsal à la fin de sa carrière. Après un premier axe, introduisant une séance hebdomadaire pour les U9 à U13 de l’OL, le deuxième volet de ce plan, motivé par les signaux positifs de développement de la discipline, a donc été la création d’une équipe senior.

 Joel Fréchet, entraîneur de l’Olympique Lyonnais futsal, donne les consignes à ses joueurs.   Photo Progrès /Norbert GRISAY
Joel Fréchet, entraîneur de l’Olympique Lyonnais futsal, donne les consignes à ses joueurs.   Photo Progrès /Norbert GRISAY

« On part de tout en bas pour voir si ce développement peut être viable. Même si on est l’OL, on se doit d’avoir beaucoup d’humilité au vu du nombre de structures qui bossent très bien dans la région Rhône-Alpes, mais aussi de l’ambition et du jeu, l’ADN de notre club. On espère monter au niveau régional le plus rapidement, et continuer à grimper dans la hiérarchie ensuite pour, pourquoi pas, être une locomotive pour le futsal comme on a pu déjà l’être pour le football féminin », ambitionne Joël Fréchet comme l’état-major lyonnais.

 Antoine Jarry a quitté son club de L2 de MDA Futsal pour rejoindre le projet lyonnais l’été dernier.   Photo Progrès /Norbert GRISAY
Antoine Jarry a quitté son club de L2 de MDA Futsal pour rejoindre le projet lyonnais l’été dernier.   Photo Progrès /Norbert GRISAY

Évoluant au gymnase La Bertaudière de Décines pour ses matchs, l’OL futsal bénéficie en outre des mêmes installations que le pôle France installé à Lyon, avec trois entraînements par semaine dans le gymnase du lycée Saint-Louis Saint-Bruno. « C’est un beau clin d’œil, auquel je tiens pour que nos joueurs soient imprégnés de la culture club de l’OL, car c’est ici que Jean-Michel Aulas, en 1980, avait mis en place le premier sport études avec le concours d’Alain Thiry et José Broissart », complète Joël Fréchet, parti d’une feuille blanche cet été : « On a tout à créer en termes d’automatismes, de systèmes de défense, d’organisation… On est en dessous des autres qui ont bien plus de vécu, mais c’est aussi ce qui rend ce projet plaisant. Et aussi parce qu’il s’inscrit dans un cadre plus large, avec le district et la DTN qui poussent pour la formation des arbitres et des entraîneurs, le développement des infrastructures, etc. »

Le Rhône, le district le plus fourni avec 2400 licences

Un plan ambitieux que l’OL souhaite aussi accompagner à terme sur le volet de la formation, comme l’explique Jean-François Vulliez, le directeur de l’académie : « Si ça marche pour les seniors, à terme, on aimerait aussi introduire une séance hebdomadaire pour les U14 et U15, et pourquoi pas une section sportive de U16 à U18. Ainsi, si à 15 ou 16 ans, un jeune du centre ne peut passer le cap à onze, pourquoi ne pas lui donner la possibilité de poursuivre en futsal ? » Avec l’idée sous-jacente de nourrir aussi à terme l’ensemble du vivier lyonnais, alors que le district du Rhône est déjà le plus important de France avec 2400 licences.

Arnaud CLEMENT

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