Rhône Lyon: des vélos lyonnais ont réveillonné… à la fourrière

Une dépanneuse de la fourrière à l’angle de la rue Imbert-Colomès et de la Grande Côte a récupéré les vélos le 31 décembre… Photo Progrès /DR
Une dépanneuse de la fourrière à l’angle de la rue Imbert-Colomès et de la Grande Côte a récupéré les vélos le 31 décembre… Photo Progrès /DR

Une quinzaine de vélos ont été enlevés par la fourrière le 31 décembre dans l’après-midi, sur les pentes de la Croix-Rousse. Officiellement, les deux-roues étaient des épaves. Or le doute plane sur cette décision très arbitraire de la Ville de Lyon et surtout sans véritable sens.

La gueule de bois… et une forte colère. Voilà le ressenti de nombreux cyclistes qui ont garé leur vélo montée de la grande Côte en cette fin d’année. La raison ? Au lendemain du Réveillon de la Saint-Sylvestre, des dizaines de bicyclettes, pourtant parfaitement garées, avaient disparu.

Des vols pour rire ou pour fêter la nouvelle année ? Pas tout à fait. En fait, Greg, habitant les Pentes, a été témoin, bien malgré lui, d’une situation assez incroyable, fortement commentée sur les réseaux sociaux.

Le 31 décembre à 16 heures, il voit une dépanneuse, garée rue Imbert-Colomès, avec une quinzaine de vélos entassés. Un agent est muni d’une disqueuse et de nombreux cadenas jonchent le sol. Le Lyonnais s’interroge et demande des explications à la fonctionnaire de la Ville de Lyon présent sur place (1). « Ce sont des épaves, qui sont présentes ici depuis plus d’un an : nous enlevons les vélos pour les mettre en fourrière » explique-t-elle.

Cadenas neufs

Un enlèvement qui interpelle : déjà, contrairement à certains événements comme le 8 décembre ou le Run in Lyon dans l’hyper-centre ou encore la venue du Président Macron en octobre , aucun arrêté n’a été pris pour demander que les vélos soient enlevés et on ne peut pas dire qu’il était urgent de le faire un 31 décembre. De plus, pic de pollution oblige, les vélos sont plutôt les bienvenus pour circuler en cette fin d’année. Enfin, à part un vélo dont le pneu était dégonflé, la plupart étaient munis de cadenas rutilants, solides et surtout étaient bien garés et attachés dans des emplacements réservés à cet usage : mais surtout ils ne ressemblaient en rien à des épaves.

Au sol des cadenas d’excellente qualité coupés à la disqueuse, bien loin de protections abandonnées… Photo Progrès /DR
Au sol des cadenas d’excellente qualité coupés à la disqueuse, bien loin de protections abandonnées… Photo Progrès /DR

« On a jamais vu d’attentat au vélo piégé ! »

« J’ai fait remarquer qu’enlever celui qui était attaché à un panneau de signalisation était compréhensible… mais pourquoi les autres ? En plus avec une disqueuse pour couper les cadenas et les U ? J’ai de nombreux amis qui viennent travailler en deux roues et à 16 heures ils ont simplement pu garer et attacher leur véhicule », rajoute-t-il.

La réponse de l’agent tombe sans discussion possible. « Ils viendront les chercher gratuitement à la fourrière ». Point final.

« Ça n’a aucun sens », conclut le Lyonnais. « On a jamais vu d’attentat au vélo piégé ! Pour moi, ça s’apparente à du vol. D’ailleurs comment imaginer, lorsque son vélo à disparu, qu’il a été emporté à la fourrière ? Pas de message sur place et surtout personne ne pense au fait qu’il se trouve là-bas ! À titre personnel, je roule en Velo’v et je ne suis pas concerné. Mais quand même, c’est assez déconcertant ».

(1) Le stationnement est de la compétence de la Ville de Lyon et non de la Métropole. Elle peut solliciter la fourrière pour diverses raisons.

Les vélos enlevés peuvent être récupérés gratuitement à la fourrière

Votre vélo à disparu? Première chose à faire, voir s’il n’a pas été mis en fourrière. Heureusement, il est donc possible pour le propriétaire d’un vélo, de venir le récupérer gracieusement au 38 rue Pierre-Sémard dans le 7e arrondissement de Lyon.

Un bémol toutefois. Les vélos ainsi collectés étant sans propriétaire, il existe un vide juridique quant à leur statut : faute de repreneur, ces derniers peuvent auprès des services de l’État (les domaines) où ils seront vendus, dans un second temps.

Une vente de vélos est d’ailleurs prévue le 16 janvier sur Lyon.

A noter que le cas est toutefois fort différent des trottinettes électriques en free-floating qui sont considérées comme des objets trouvés et qui peuvent également être récupérées gratuitement : la Ville de Lyon en a ramassé plus de 750 en un an et seulement une petite cinquantaine n'a pas été récupérée par les opérateurs.

Fourrière de Lyon : ouverture du lundi au samedi de 7 h 30 à 21 h 30 et les dimanches et jours fériés de 8 h à 19 h. Tél. 04 37 28 73 70

David TAPISSIER

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