Théâtre La comédie des grandeurs arrive sur les planches de la Croix-Rousse

Le Salluste de Thierry Bosc a la rouerie des barbons de Scapin de Molière.   Photo Progrès /Guy DELAHAYE
Le Salluste de Thierry Bosc a la rouerie des barbons de Scapin de Molière.  Photo Progrès /Guy DELAHAYE
Ruy Blas (François Deblock), amoureux écervelé devant la jeune reine (Noémie Gantier)  Photo Progrès /Guy Delahaye
Ruy Blas (François Deblock), amoureux écervelé devant la jeune reine (Noémie Gantier)  Photo Progrès /Guy Delahaye
Le Salluste de Thierry Bosc a la rouerie des barbons de Scapin de Molière.   Photo Progrès /Guy DELAHAYE Ruy Blas (François Deblock), amoureux écervelé devant la jeune reine (Noémie Gantier)  Photo Progrès /Guy Delahaye

Ruy Blas, de Victor Hugo, est à découvrir au théâtre de la Croix-Rousse, du 8 au 18 janvier. Un grand moment de théâtre populaire.

Condamné à l’exil par la reine pour une affaire de mœurs, Don Salluste la compromet avec son valet Ruy Blas, qui usurpe l’identité de Don César de Bazan. Mais le laquais prend son rôle au sérieux. Lorsque son maître lui rappelle sa condition, le héros le passe au fil de l’épée et se suicide aux pieds de sa bien-aimée.

Les cinéphiles connaissent les grandes lignes de Ruy Blas , pièce de Victor Hugo adaptée à l’écran par Gérard Oury dans La Folie des grandeurs. D’autres ont vu ce chef-d’œuvre du théâtre romantique au TNP en 2011 ou plus récemment cet été au château de Grignan drapé pour l’occasion aux couleurs de l’Escurial. Il est en janvier visible au théatre de la Croix-Rousse.

Des costumes somptueux

Dans une lecture très shakespearienne, soulignant les traits d’humour du drame hugolien, Yves Beaunesne évite les lourdeurs du romantisme. Le metteur en scène exploite toutes les nuances d’une palette de sentiments qui va de la naïveté des deux amants, que leur rang social sépare, à la noirceur de Salluste en passa par la truculence ou le ridicule des courtisans. Entre Hamlet et Roméo, son Ruy Blas (François Deblock) se comporte comme un amoureux écervelé. La reine (Noémie Gantier), jeune fille coléreuse, n’a pas plus de consistance. Le Salluste de Thierry Bosc a la rouerie des barbons de Scapin, de Molière. Le César de Bazan, incarné par un Jean-Christophe Quenon débordant de générosité physique, fait plutôt penser à Falstaff.

Émaillée d’interludes musicaux, volontiers grotesques par moments, déroulée dans un décor épuré et des costumes somptueux, cette lecture fait écho à un thème qui parle à nos oreilles, celui de l’échec du peuple et de la jeunesse, sacrifiés par le cynisme comptable des dirigeants. Et si elle laisse dans l’ombre la beauté des vers de Victor Hugo, cette mise en scène réussit le pari de distraire tout en donnant à réfléchir et à émouvoir. N’est-ce pas cela la définition même du théâtre populaire ?

Du 8 au 18 janvier. Théâtre de la Croix-Rousse, place Johannes Ambre (Lyon 4e ). Tarifs : de 5 à 27 €. Tél. 04.72.07.49.49.

Antonio MAFRA

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?