RHÔNE Biennale d'art contemporain de Lyon: il est encore temps de découvrir des animaux et des hommes en chêne massif au MAC

Avec  Mammalian Fantasies, on peut découvrir notamment, au troisième niveau du Musée d’art contemporain de Lyon, une grande armoire à la surface grêlée d’un réseau d’intestins.  Photo Progrès /Isabelle BRIONE
Avec Mammalian Fantasies, on peut découvrir notamment, au troisième niveau du Musée d’art contemporain de Lyon, une grande armoire à la surface grêlée d’un réseau d’intestins. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

Alors que la Biennale internationale touche presque à sa fin, nous vous invitons à découvrir les Mammalian Fantasies de Daniel Dewar & Gregory Gicquel. Des œuvres qui se déploient sur deux niveaux du musée de la Cité Internationale. Explications.

Bientôt, c’est fini

Le 5 janvier, la Biennale d’art contemporain baissera le rideau. Après vous avoir invité à découvrir ce qui se tramait aux usines Fagor ou à la Fondation Bullukian , nous vous emmenons, cette fois au Musée d’art contemporain (Lyon 6e), où il se passe de drôles de choses.

Pourquoi tant de place ?

Leurs œuvres occupent deux niveaux sur les trois que compte le Musée d’Art Contemporain. Pourquoi tant de place accordée à Daniel Dewar & Gregory Gicquel ? « Nous avions envie de jouer deux partitions.

Aux usines Fagor, une exposition dense avec une cinquantaine d’artistes. Et au MAC, une huitaine d’artistes avec des gestes monographiques, comme une exposition personnelle », explique Claire Moulène, une des sept commissaires du Palais de Tokyo (le centre d’art retenu pour coordonner la 15e biennale de Lyon). « Le duo joue avec les codes du musée, en proposant un accrochage très classique, quelque chose de daté, avec, par exemple, des bas-reliefs, ce que plus personne ne fait, et des sujets contemporains qui posent des questions d’aujourd’hui ».

 L’armoire constitue le nœud central d’une constellation de bas-reliefs représentant des fragments de corps démembrés. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
L’armoire constitue le nœud central d’une constellation de bas-reliefs représentant des fragments de corps démembrés. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
 L’homme en position de gisant.   Photo Progrès /Isabelle BRIONE
L’homme en position de gisant.   Photo Progrès /Isabelle BRIONE
Mammalian Fantasies  : au 2e niveau, du mobilier d’inspiration pastorale. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
Mammalian Fantasies  : au 2e niveau, du mobilier d’inspiration pastorale. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
 L’armoire constitue le nœud central d’une constellation de bas-reliefs représentant des fragments de corps démembrés. Photo Progrès /Isabelle BRIONE  L’homme en position de gisant.   Photo Progrès /Isabelle BRIONE Mammalian Fantasies  : au 2e niveau, du mobilier d’inspiration pastorale. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

Qui sont ces deux artistes ?

« On les suit depuis longtemps, ils ont une place à part dans le monde de l’art », poursuit Claire Moulène. En 2012, ils ont reçu le prix Marcel-Duchamp, la distinction en art contemporain la plus prestigieuse en France.

Âgés d’une quarantaine d’années, ils se sont rencontrés aux Beaux-arts de Rennes et ne se sont plus quittés. Daniel est né au Royaume-Uni, Grégory à Saint-Brieuc. Ils se sont formés aux techniques de la sculpture sur pierre, sur bois. « On fait tous les deux les mêmes choses, il y a les phases de conception et les phases de production. Il y a beaucoup d’échanges entre nous, on signe tout à deux », confie Daniel Dewar.

Quel est leur travail ?

Leur contribution s’intitule Mammalian Fantasies. Les deux artistes ont commencé à développer ce projet, il y a trois ans, et ils l’ont enrichie avec la Biennale.

« Ils posent la question de la relation de l’Homme avec les espèces animales. L’Homme n’est pas en situation de les supplanter, il est écrasé, en figure de gisant », décrypte la commissaire.

À l’étage supérieur, une imposante armoire en chêne affiche un réseau d’intestins tandis qu’aux murs, sont accrochés des tableaux de torses et de membres… « Comme si on voyait les deux versants de l’homme : l’intérieur avec les entrailles humaines et l’extérieur des corps ».

Quel est leur message ?

Claire Moulène pointe la force de leur travail : classique et rétrograde dans les techniques employées, il renvoie à une culture artisanale et rustique.

« On veut offrir la possibilité de voir de la sculpture sur bois, de montrer des techniques », souligne Daniel Dewar. Néanmoins, le sujet évoque « le désastre écologique, la place de l’Homme qui ne peut plus dominer les autres espèces. Au-delà, dans leur logique d’apprendre, ils ont voulu essayer de concurrencer la machine car une imprimante 3D pourrait faire la même chose », conclut la professionnelle.

Biennale d’art contemporain, jusqu’au 5 janvier 2020, musée d’art contemporain, 81 quai Charles-de-Gaulle, Lyon 6e. https://www.biennaledelyon.com/lieux/mac/

Isabelle BRIONE

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