STREET-ART Toki, duo de gélules sur les murs lyonnais

Toto et Kiki forment désormais Toki.  Photo Progrès /Maxime JEGAT
Toto et Kiki forment désormais Toki. Photo Progrès /Maxime JEGAT
Photo Progrès
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Toto et Kiki forment désormais Toki.  Photo Progrès /Maxime JEGAT Photo Progrès

Depuis des semaines des super-héros et personnes de dessins animés fleurissent sur les murs. Derrière ces personnages en forme de gélule, deux Lyonnais qui s’amusent et qui sont, bien malgré eux, victimes de leur succès.

Hulk, Charlie, la Panthère rose, le Marsupilami… autant de héros de toute une jeunesse qui fleurit depuis quelques semaines sur les murs lyonnais. Des collages d’environ 70 centimètres, mais aussi des petits stickers… en forme de gélule. Des œuvres, qui étonnent mais surtout font sourire…

Derrière ces "Doliprane", un artiste, Toto… enfin plus exactement un duo de Lyonnais. Depuis septembre, Toto art a laissé la place à Toki. « Il faut être honnête, explique l’artiste de 29 ans. Depuis le départ, Kiki ma compagne est derrière moi. Architecte spécialisée dans le design, elle m’aide, me pousse et désormais crée des personnages. Ce n’est que lui rendre justice que d’officialiser sa participation sur le projet. »

Une gélule comme base

Un projet qui part d’une forme. Une gélule ? Un skate ? « J’étais en stage en 2010 dans une boutique à Gorge de Loup et on m’a demandé un logo pour une résidence à côté de l’horloge de Tassin. La forme s’est imposée d’elle-même. »

 Une centaine de modèles désormais pour le duo   Photo Progrès /David TAPISSIER
Une centaine de modèles désormais pour le duo   Photo Progrès /David TAPISSIER

Le fichier, oublié dans un coin, réapparaît en 2017. Toto y met de la couleur, un œil, une bouche… et comprend qu’il peut s’amuser avec cette forme. Le premier personnage, Barbapapa coule de source.

« C’était un délire personnel ! J’ai commencé à le décliner, Kiki, me donnant des conseils. Un ami qui possède un escape-game à Beynost m’a demandé trois visuels que j’ai mis sur un mur. J’y ai rajouté une petite expo de mes principaux personnages. »

 Astérix et Obélix s’intègrent parfaitement dans le décor…   Photo Progrès /DR
Astérix et Obélix s’intègrent parfaitement dans le décor…   Photo Progrès /DR

Des personnages toujours construits à l’identique : une gélule comme forme, un seul œil et des détails pour personnaliser le tout. « Notre univers, c’était au départ nos souvenirs, les dessins animés de notre génération. En regardant, ça peut paraître très simple… sauf qu’on peut passer des jours sur une nouveauté ! Il suffit d’un détail pour que l’œuvre prenne vie ! » poursuit Kiki.

Des expos qui les lancent

En 2018, il continue de créer et réalise deux nouvelles expositions, place Sathonay et à Gerland et il commence à avoir des retours. Ses personnages amusent et des street artistes, comme Ofé ou Barclay , célèbre pour ses duos de poupons en plâtre, lui propose de venir coller avec lui. « J’ai toujours adoré le street art mais je vivais un rêve ! Du coup, ces trois derniers mois nous avons beaucoup collé… et notre notoriété a décollé. »

 Mario.. de nuit   Photo Progrès /DR
Mario.. de nuit   Photo Progrès /DR

Sauf que le duo ne fait pas comme tout le monde. Ils partent pour un voyage de quatre mois en Europe. « Je n’étais jamais parti et Kiki m’a poussé, histoire de nous enrichir de ce qui se fait ailleurs en matière de street art » rajoute le Lyonnais. Londres, Dublin, Athènes, Budapest, Oslo… autant de villes dans lesquelles ils travaillent et collent ! « En fait, nous avions des commandes et nous passions deux à trois heures, quotidiennement à les honorer. Et elles ne font qu’augmenter… »

Un délire personnel qui les dépasse aujourd’hui. Si bien que les commandes affluent de toute part (lire par ailleurs). Jusqu’à des commandes personnelles avec des clients qui veulent se voir en gélule ! « Nos œuvres ne sont pas chères, pour autant elles représentent des heures de travail… Nous réfléchissons sur le modèle économique avec pourquoi pas l’idée d’en vivre ! » conclut Kiki.

 Frida Kahlo fait son apparition… Photo Progrès /Maxime JEGAT
Frida Kahlo fait son apparition… Photo Progrès /Maxime JEGAT

Les idées ne manquent pas : planche de skate, peintures, fresques… mais surtout le voyage encore.

À peine arrivés, ils repartent pour l’Asie le 15 janvier. D’ici là, Charlie, Harry Potter, Bob Gray et Frida Kahlo devaient à nouveau faire leur apparition sur les murs lyonnais…

Une vente aux enchères et une fresque à l’hôpital Mère Enfant

Ils ne sont de retour à Lyon que pour un petit mois… et leur calendrier est bien rempli.

Le 28 décembre, ils vont égayer la vie des enfants malades grâce à leurs gélules en réalisant une grande fresque composée évidemment de superhéros, à l’hôpital Mère Enfant à Bron. « Nous avons eu l’opportunité la réaliser dans la salle de pesée. Une partie sur le mur et l’autre sur le plafond… comme ça les enfants pourront la voir ! Nous ferons également un atelier avec des enfants le 9 janvier, jour où la fresque sera dévoilée… » explique Toto.

À noter également que quatre œuvres seront mises aux enchères aux Puces du canal le 16 janvier 2020. Du street art, à l’art, il n’y a désormais qu’un pas pour le duo…

David TAPISSIER

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