Biodiversité À Lyon, ils rêvent de voir revenir le castor en bord de Rhône

Quentin et Victorine devant le chantier d'installation qui s'est déroulé cette semaine.  Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
Quentin et Victorine devant le chantier d'installation qui s'est déroulé cette semaine.  Photo Progrès /Marie-Christine PARRA

À deux pas de la Piscine du Rhône, le Gabiodiv© prend forme. C'est un quai escamotable pensé par l’association lyonnaise "Des espèces parmi’Lyon" pour réintroduire la faune et la flore sur les berges du Rhône. Un projet expérimental soutenu par la Métropole et VNF.

Ramener la vie sur les quais de Rhône : c’est le projet un peu fou imaginé par Quentin Brunelle et Victorine de Lachaise en répondant il y a un an, en 2018, à l’appel à projet lancé par l’Agence de L’eau avec pour financeurs la Métropole et Voies Navigables de France (VNF).

Cette semaine, sur les quais de Rhône les berges sont en chantier secteur Guillotière (Lyon 7e) en contrebas du skate parc sur une soixantaine de mètres de long et trois de large. Les jeunes d’une maison familiale et rurale du Rhône s’activent pour mettre en place le Gabiodiv©. 

Une longue structure fermée en fer qui accueille pierres, sable, terreau et qui est immergée. Cette structure servira de base de vie à des espèces végétales, aquatiques ou pas et d’habitat à des animaux : oiseaux, libellules, amphibiens, martins-pêcheurs, bergeronnettes des ruisseaux, poissons, mollusques. Des espèces qui ont fui leur milieu naturel, le Rhône, chassées par le bétonnage des berges et la non prise en compte de la biodiversité. Alors, avec patience et ingéniosité, les bénévoles de l'association Des espèces parmi'Lyon tentent de sauver la faune et la flore convaincus qu’il y a urgence et que la nature est résiliente. On a envie d’y croire.

 Les pierres lancées dans le gabiodiv vont arrimer la structure au fond pour la protéger du courant.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
Les pierres lancées dans le gabiodiv vont arrimer la structure au fond pour la protéger du courant.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
 Vue du chantier depuis le pont. Immergé jusqu'à la ceinture dans l'eau, un homme installe le gabiodiv.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
Vue du chantier depuis le pont. Immergé jusqu'à la ceinture dans l'eau, un homme installe le gabiodiv.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
 Quentin et Victorine devant le chantier avec Jacques Roy le président de l'association "Des espèces parmi' Lyon".   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
Quentin et Victorine devant le chantier avec Jacques Roy le président de l'association "Des espèces parmi' Lyon".   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
 Le gabiodiv, structure métallique fermée destinée à contenir le substrat qui alimentera les plantes est en cours d'installation dans l'eau.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
Le gabiodiv, structure métallique fermée destinée à contenir le substrat qui alimentera les plantes est en cours d'installation dans l'eau.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
 Une affiche informe le promeneur sur les raisons d'être de ce chantier pilote financé par VNF et la Métropole.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
Une affiche informe le promeneur sur les raisons d'être de ce chantier pilote financé par VNF et la Métropole.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
 Les pierres lancées dans le gabiodiv vont arrimer la structure au fond pour la protéger du courant.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA  Vue du chantier depuis le pont. Immergé jusqu'à la ceinture dans l'eau, un homme installe le gabiodiv.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA  Quentin et Victorine devant le chantier avec Jacques Roy le président de l'association "Des espèces parmi' Lyon".   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA  Le gabiodiv, structure métallique fermée destinée à contenir le substrat qui alimentera les plantes est en cours d'installation dans l'eau.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA  Une affiche informe le promeneur sur les raisons d'être de ce chantier pilote financé par VNF et la Métropole.   Photo Progrès /Marie-Christine PARRA

Une palette végétale de 27 plantes

Les jeunes de la MFR jettent des galets dans la structure pour l'arrimer sur le plat. « Le courant du Rhône est trop fort pour maintenir les deux à trois mètres de substrat nécessaire à la vie des plantes aquatiques, arbustes, plantes à fleurs », observe Quentin qui poursuit « Nous avons choisi une palette végétale de 27 plantes sauvages et locales dont des saules nains d’1,50 mètre de haut en bord de quai. Et Victorine d’ajouter : « De décembre 2019 à décembre 2021, nous allons tester ce gabiodiv© au niveau scientifique et social. »

Le duo de naturalistes mise sur le retour de cent espèces animales locales sur les bords du Rhône et voudrait bien que le gabiodiv© se multiplie sur le bassin Rhône Méditerranée ou encore en Corse. Il faudrait en installer un tous les 200 mètres pour assurer le bien-être de la flore et de la faune. Pour cela, il compte sur l’intérêt des communes pour multiplier les gabiodiv©. Site pilote, celui de Lyon a coûté 97000 euros, fabrication, installation et études comprises. « On pourra peut-être voir revenir le castor. Sur le Rhône, il a failli disparaître dans les années 80 où il en restait une dizaine, confie Quentin, qui précise : « Le castor recolonise le Rhône depuis quinze ans. Alors, pourquoi ne pas le voir revenir sur le Gabiodiv© ? »

Un sanctuaire à respecter

Côté sociétal, il s’agira de voir si les passants respectent le sanctuaire situé à deux pas de la Piscine du Rhône sur des quais ultra-fréquentés à la belle saison. L’association a aussi prévu de mettre en place des panneaux pédagogiques et de mener des actions de sensibilisation à la biodiversité auprès du grand public et des jeunes.

Si la mise en place du Gabiodiv© se termine vendredi, il faudra attendre mars-avril pour avoir un aperçu de la flore et de la faune qui prendra vie jusque trois mètres après le quai. Ce qui explique aussi que l’association Des espèces parmi'Lyon prévoit d’inaugurer le site à ce moment-là, au tout début du printemps. Au moment où la nature reprend ses droits.

Inventaire, espaces naturels sensibles et cartographie en ligne

Démarrée en 2015 sur le 1er arrondissement de Lyon, l’aventure naturaliste de l’association « Des espèces parmi’Lyon » a vite trouvé un écho favorable auprès de la population. Avec l’inventaire de la biodiversité sur le 1er, les bénévoles, au nombre de 400 aujourd’hui dont une cinquantaine d’actifs se sont vite pris au jeu se répartissant le territoire pour pousser plus avant leurs connaissances de la faune et de la flore.

Bien vite, les conseils de quartiers et autres collectifs d’habitants ont prêté l’oreille à cette association qui s’est installée dans la Maison de l’économie circulaire au Jardin des Chartreux (Lyon 1er). L’association travaille aussi sur des espaces naturels sensibles dans une vingtaine de communes de la Métropole comme Chassieu, Neuville, Francheville, Tassin.

Des couronnes vertes autour de Lyon qui abritent des espèces animales et végétales, une vie sauvage à laquelle l’association forme les habitants à être attentifs. Pour leur donner l’envie de la protéger. En projet aussi, un livre sur la Nature en ville et une application de modélisation pour cartographier la biodiversité des Lyonnais et grands Lyonnais.

Marie-Christine Parra

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