Transports Dans la tourmente, Rhônexpress se défend

Adnane El-Qotni, président de la société Rhônexpress, dans ses locaux, rue Childebert à Lyon (2e).  Photo Progrès/ Sophie MAJOU
Adnane El-Qotni, président de la société Rhônexpress, dans ses locaux, rue Childebert à Lyon (2e). Photo Progrès/ Sophie MAJOU

Après le rapport sévère de la Chambre régionale des Comptes sur les conditions de la concession aéroportuaire défavorables au contribuable, dont David Kimelfeld souhaite la résiliation, Adnane El-Qotni, président de Rhônexpress, répond à nos questions.

Vous acceptez de vous exprimer aujourd’hui. Pourquoi ?

« Nos clients nous manifestent leur soutien et leur inquiétude afin de pouvoir continuer à bénéficier de cette liaison directe et fiable entre le centre de Lyon et l’aéroport Lyon Saint-Exupéry en moins de trente minutes. Rhônexpress, ce ne sont pas que des actionnaires, mais une équipe de 80 femmes et hommes employés 365 jours par an. »

David Kimelfeld demande la résiliation de votre concession. Votre modèle est également très critiqué par la Chambre régionale des Comptes…

« Le modèle Rhônexpress est celui de la mobilité sans dépense publique où seul l’usager paie son trajet pour se rendre à l’aéroport. Est-ce qu’on veut continuer sur ce modèle ou faire payer tous les Lyonnais, même les non-utilisateurs du service ? C’est la question centrale ! »

Mais les collectivités publiques financent majoritairement l’infrastructure…

« Les collectivités remboursent une partie de l’infrastructure en contrepartie de la mise en service de la navette. L’exploitation du service n’est pas subventionnée. Rhônexpress assume l’entretien, la maintenance et le risque de fréquentation de la ligne sur une durée de trente ans, qu’il y ait ou non des voyageurs. »

Vous proposez désormais de baisser le coût du tarif. Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ?

« La Chambre des Comptes indique que la tarification actuelle ne se démarque guère de celles appliquées à des dessertes comparables. On se situe dans la moyenne européenne des navettes ferroviaires non subventionnées. L’aller simple coûte 28,50 € à Stocklhom, 27 € à Londres, 20,50 € à Oslo et 16,30 € à Lyon. Malgré cela, nous proposons une baisse forte dès le 1er  janvier 2020, si la collectivité le souhaite, avec une réduction plus importante encore pour les abonnés TCL, à coût zéro pour le contribuable et au détriment de la rentabilité des actionnaires. »

L’autre point d’achoppement concerne la possibilité de faire rouler davantage de tramways T3 sur le même tronçon que Rhônexpress ; vous auriez accepté, mais avec des contreparties au détriment du Sytral…

« Nous avons accepté que plus de T3 soient injectés en heures de pointe, sans dégrader le cadencement de Rhônexpress ainsi que son temps de parcours, et sans aucune contrepartie. Rhônexpress accepte aussi la mise en place d’offres de transports alternatives subventionnées à destination de l’aéroport au travers de l’arrivée des lignes TCL 47 et 48. »

Seriez-vous prêt à d’autres concessions ?

« Sur la base des éléments communiqués à la presse, nous nous demandons si les propositions déjà faites ont été correctement appréhendées. Si les collectivités souhaitent lever la clause de confidentialité liée aux négociations en cours depuis le 30 avril dernier, nous sommes prêts à expliquer aux élus du Sytral et de la Métropole, ainsi qu’au monde économique, ce que nous avons proposé. Pour le reste, Rhônexpress estime avoir apporté des réponses concrètes et robustes aux demandes majeures des collectivités. »

Rhônexpress : Caisse des Dépôts et Consignations 36,3 %, Vinci 35,2 %, Transdev 28,2 %.

Nous proposons une baisse forte dès le 1er  janvier 2020.

Adnane El-Qotni, président de Rhônexpress

Propos recueillis par Sophie MAJOU

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