URBANISME Gérard Collomb, l'Anneau des Sciences à tout prix

Gérard Collomb, aux côtés de Fouziya Bouzerda, livre ses arguments pour la réalisation de l’Anneau des Sciences.  Photo Progrès /Jean-Philippe CAVAILLEZ
Gérard Collomb, aux côtés de Fouziya Bouzerda, livre ses arguments pour la réalisation de l’Anneau des Sciences. Photo Progrès /Jean-Philippe CAVAILLEZ

Le maire de Lyon a réexpliqué pourquoi, selon lui, il fallait finaliser le bouclage du périphérique. Coûte que coûte.

« Les villes qui ne font jamais rien n’ont pas un grand avenir », assène Gérard Collomb. Dernier grand défenseur, parmi les candidats à la Métropole de Lyon , du projet d’Anneau des Sciences (ADS), le maire de Lyon fait tout pour défendre sa position.

Alors que les voix dissonantes sont de plus en plus fortes, que le projet a été enfoui par certains de ses adversaires, il s'évertue à expliquer pourquoi il veut mener à bout une infrastructure dans les cartons depuis 1989. « Dans 5 ou 10 ans, ceux qui nous succéderont nous reprocheront de ne pas avoir fait l’ADS », assure l’ancien ministre.

« On ne peut pas me reprocher d’être le partisan du tout bagnole »

Gérard Collomb défend sa vision de la mobilité, qui passe par la construction de cette voie rapide de 15 km, enterrée à 80%, allant de la porte de Valvert à la porte de Saint-Fons. Un sujet qui, en ce début de campagne, étouffe tous les autres. « On ne peut pas me faire le reproche d’être le partisan du tout bagnole », s'emporte-t-il, mettant en avant ses projets « plus verts » pour la Métropole.

À grand renfort de cartes, pointant du doigt « la saturation de tous les axes » (115 000 véhicules/jour sur l’A6-A7) et la nécessité de dévier les flux de circulation du centre, il déroule ses arguments en jouant la carte verte : « décongestion » assurée, « parcs relais », bus à haut niveau de service pouvant embarquer des vélos, desserte des grands espaces verts, lien avec les M6 et M7 en évoquant le pont des Girondins… Il prend en exemple Madrid qui a enfoui l’une de ses autoroutes « sous des forêts de pins ».

Multiplier les pins donc, mais aussi supprimer des voies. « Nous n’ajoutons pas de voies. Il y aura deux fois deux voies sur l’ADS et nous en supprimons sur l’A6. Nous supprimerons même plus de voies que nous en créerons », promet le candidat, misant aussi sur l’évolution du parc auto.

75 à 100 millions sur 30 ans

Côté financement, avec un budget à 3,2 milliards d’euros (4 selon David Kimelfeld), il estime que 75 à 100 millions seront à charge de la Métropole pendant trente ans, en prenant en compte le péage (2,20 euros) qui générera 911 millions à 1,364 milliard d’euros de recettes. Le tout en utilisant, comme pour le BPNL (Boulevard Périphérique Nord de Lyon), le modèle de la concession.

Son planning est serré : enquête publique en 2021-2022, lancement des travaux en 2022 pour une livraison en 2030. Sans parler des recours et possibles ZAD… « On a bien construit le Grand Stade alors qu’on nous avait dit que cela ne se ferait jamais », souligne un Gérard Collomb « optimiste ».

Au détour de cet échange, le candidat a rappelé plusieurs autres axes de son plan mobilité : créer un « RER à la lyonnaise », terminer le grand contournement est (300 à 400 millions d’euros pour 3 à 4 ans de travaux), développer les transports collectifs (2,1 milliards d’investissement pour le SYTRAL), les navettes fluviales (pour desservir Vaise, Saint-Rambert, Collonge…), les modes doux (« En mettant l’accent sur le maillage »), le péage de transit…

Jean-Philippe CAVAILLEZ

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