Santé « Pour Bissie, les gros risques sont désormais passés »

Bissie après la séparation avec sa sœur. Photo DR
Bissie après la séparation avec sa sœur. Photo DR

Le chirurgien cardiaque Olivier Metton revient sur l’intervention qu’il a réalisée vendredi sur l’une des ex-siamoises camerounaises.

Quand Bissie et Eyenga sont arrivées à Lyon, le 1er novembre dernier, les médecins et la famille d’accueil de la Chaîne de l’Espoir savaient que la séparation des deux sœurs siamoises camerounaises serait une aventure compliquée, mais personne n’imaginait qu’elle le serait à ce point. Car les premiers examens ont montré que Bissie souffrait d’une cardiopathie compliquée, le ventricule droit à double issue, tandis que la date de la séparation des siamoises avait dû être retardée au 13 novembre, car elles avaient contracté un virus respiratoire.

Son cœur était « complètement à gauche » pesant sur un poumon gauche tout petit

Après cette première opération, alors que Eyenga récupérait très rapidement, Bissie montrait des signes de faiblesses tandis que les médecins s’interrogeaient sur l’opportunité d’opérer la cardiopathie. « Ce type de cardiopathie, on l’opère dans les six premiers mois sans se poser de questions. À 13 mois, il peut y avoir un impact irréversible sur les poumons », explique le Dr Olivier Metton, chirurgien à l’hôpital cardiologique Louis-Pradel de Bron.

Un cathétérisme a permis de voir que les pressions étaient élevées mais réversibles. Reste que, malgré les hautes techniques d’imagerie actuelle, « il reste toujours une surprise sur ce qu’on va trouver. On ne sait pas comment on va faire notre chemin », explique le Dr Metton, habitué aux petits patients fragiles de la chaîne de l’Espoir… mais pas à la morphologie d’une ex-siamoise.

Elle récupère très bien

Chez Bissie, tout était ainsi plus ou moins penché vers la gauche, son cœur étant « complètement à gauche », coincé dans la paroi thoracique, pesant sur un poumon gauche tout petit. Cependant, « tout s’est bien goupillé », résume Olivier Metton. Restait à voir comment la fillette, dont l’état général était très dégradé, allait réagir après l’intervention.

Elle a pu être extubée quatre heures après l’intervention et récupère très bien, selon le chirurgien qui estime que « les gros risques » sont désormais passés.

Sylvie MONTARON

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