Déplacements Circulation à vélo à Lyon: les six points noirs de l'agglo

Le pont Morand et sa piste cyclable qui traverse le terre-plein. Photo Progrès /David TAPISSIER
Le pont Morand et sa piste cyclable qui traverse le terre-plein. Photo Progrès /David TAPISSIER

Le baromètre Parlons vélo des villes cyclables 2019 a permis de créer une carte de France des lieux à aménager ou réaménager pour les deux roues. Plus de 5800 cyclistes lyonnais ont participé et six points ressortent, autant de tronçons mal -ou pas- adaptés à l’usage du vélo.

A l’occasion de la sortie du deuxième baromètre national Parlons vélo des villes cyclables 2019, le nombre de Lyonnais participants à cette enquête a augmenté de 22 %. Plus de 5 800 cyclistes chevronnés lyonnais ou simples utilisateurs occasionnels ont répondu à une série de questions (1).

Ils ont également apporté leur expérience, signalant les difficultés circulatoires à vélo sur Lyon et la Métropole. De cette analyse sur une impressionnante carte réalisée de manière collaborative, six points noirs à aménager ou réaménager au cœur de la capitale rhodanienne, sortent du lot.

En vert, les points difficiles signifiés par les utilisateurs. Les grands cercles marquent les grosses concentrations   Photo Progrès /David TAPISSIER
En vert, les points difficiles signifiés par les utilisateurs. Les grands cercles marquent les grosses concentrations   Photo Progrès /David TAPISSIER

Avenue Berthelot

C’est une des voies la plus problématique à Lyon, complètement inadaptée aux vélos et les chiffres parlent d’eux-mêmes : tout au long de l’avenue du 7e et du 8e arrondissement : 52 signalements au croisement avec l’Avenue Leclerc, 45 avec l’avenue Jean-Jaurès, 19 avec le boulevard des Etats-Unis et 25 au Bachut. Sans compter les dizaines de points disséminés sur la voie.

Raison : pas de piste cyclable ou une toute petite inadaptée, deux voies de circulation en sens unique très serrées, des places de stationnement de chaque côté et beaucoup de place pour les trams. Mais comment font les vélos ?

Pont de la Guillotière - Cours Gambetta

Une des voies les plus utilisées par les cyclistes et là aussi, les soucis se répartissent sur la longueur, côté 3e et à partir du Pont de la Guillotière (37 signalements), puis croisement cours de la Liberté (50), Maréchal de Saxe (38) et enfin Félix-Faure (23).

Beaucoup de vie et de traversées intempestives dans ce quartier populaire.

Raison : pistes cyclables sur les voies de bus, avec stationnement à droite… qui deviennent deux mini-pistes cyclables de chaque côté de la route, des traversées d’axes importants. Complexe à gérer dans un quartier qui vit.

Charpennes

Charpennes : des pistes cyclables qui viennent de tous les sens et au milieu le tramway dont la voie est souvent utilisée par les cyclistes comme ici… Photo Progrès /David TAPISSIER
Charpennes : des pistes cyclables qui viennent de tous les sens et au milieu le tramway dont la voie est souvent utilisée par les cyclistes comme ici… Photo Progrès /David TAPISSIER

Un croisement de quatre rues très compliqué à négocier pour les cyclistes, avec, en sus le tramway qui traverse… 49 signalements sans compter une dizaine un peu en amont, cours Vitton.

Raison : Des pistes cyclables qui viennent de partout, dans tous les sens et même le tram s’y met !

Le quai Perrache

L’enfer pour les cyclistes… À droite pour aller place Carnot au cœur du 2e, sinon, tout droit, c’est l’A7 direction Marseille ou la Confluence. Puis nouvelle sortie à droite pour l’A6 direction Paris… ou les quais de Saône, ou encore La Part-Dieu. Pas moins de 49 signalements rien que sur le carrefour.

Raison : Des voitures qui roulent trop vite et qui déboîtent, les autoroutes en point de mire… et surtout pas de pistes cyclables.

Le Pont Morand, côté Presqu’ile

Le pont Morand… et sa piste cyclable qui traverse le terre-plein. Photo Progrès /David TAPISSIER
Le pont Morand… et sa piste cyclable qui traverse le terre-plein. Photo Progrès /David TAPISSIER

Un croisement qui fait peur, principalement pas la multiplicité des flux et des modes de transports ! Et le petit terre-plein, coupé en deux par la piste cyclable, en face du parking de l’hôtel-de-ville n’arrange rien. Une trentaine de signalements, car ça vient de tous les côtés.

Raison : une double piste cyclable qui traverse deux grands axes avec voies de bus et la proximité de la place des Terreaux, puis les voies de bus qui accueillent les vélos prennent le relais avec des places de stationnement sur la gauche. Complexe.

Rue Marietton

La sortie du tunnel mode doux est très fréquentée, avec une piste cyclable dédiée, qui part Quai Hyppolyte-Jair. Mais pour ceux qui roulent vers le cœur de Marietton, c’est beaucoup moins simple car ça vient de tous les côtés et qu’il faut partager la route avec les bus (33 signalements). Jusqu’au rond-point de la place Valmy, étoile populaire à cinq branches toujours très difficile – voire impossible- à négocier pour les deux roues (24 signalements).

Raison : le cycliste, roi du tunnel doit d’un coup appréhender au mieux les changements de types de voies. Piste cyclable, voie de bus puis rien du tout. La difficulté vient aussi des piétons et des voitures qui stationnent souvent n’importe où.

(1) Ressenti général, sécurité, confort, importance accordée par la ville au vélo, et enfin stationnement et services vélo. Les résultats complets seront publiés lors du prochain congrès de la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB), les 6 et 7 février 2020.

«Les aménagements ne correspondent souvent déjà plus aux pratiques»

Entretien avec Dorothée Appercel, co-présidente de La Ville à Vélo.

Que pensez-vous des résultats de ce baromètre ?

« Les résultats sont très intéressants sur le plan national et local. Déjà, dans les deux cas, le nombre de réponses est en très forte augmentation. Sur le Grand Lyon, on passe de 6 500 en 2017 à 9 500. Elles  : il faut 50 réponses pour considérer comme pertinent les réponses au sein d’une ville. En 2017, seulement 9 étaient classées, là, elles sont 23. C’est clair désormais, le vélo est une vraie préoccupation qui va jusqu’à la 1re  et même 2e  couronne de Lyon. »

Lyon est considérée comme une ville de vélo. Pourtant les points noirs relevés sont très nombreux…

« Déjà il faut définir un point noir : pour le cycliste qui le signale, c’est qu’il existe à ce point précis un problème de sécurité ou d’aménagement. Ce que nous relevons, c’est que la plupart des lieux signalés correspondent à des tronçons qui ne permettent pas un maillage sécurisé pour les cyclistes : pas ou fin de pistes, pistes pas assez large, nombreux stationnement sur pistes… Les raisons peuvent être nombreuses. »

Quelles solutions la Métropole peut apporter ?

« Soyons très honnêtes, en quelques années, les modes circulatoires ont changé : vélos, vélos électriques, trottinettes mais aussi vélo cargo ou triporteurs… Du coup, les aménagements ne correspondent souvent déjà plus aux pratiques. Il faut des pistes d’au moins 1,5 mètre, car les utilisateurs sont de plus en plus nombreux. Il faut également que les pouvoirs publics fassent respecter la loi, que les voitures ne se garent pas sur les pistes marquées au sol… Le Code de la Route doit être respecté par tous, piétons, trottinettes et cyclistes compris afin de faire toujours attention aux plus vulnérables que soi. Et cette sensibilisation, grâce à la loi LOM, va être enseignée obligatoirement aux enfants. C’est important d’apprendre, dès le plus jeune âge. »

> La Ville à vélo

David TAPISSIER

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