ANIMAUX Quand la Ville voulait exfiltrer Lulu, le gibbon du parc de la Tête d’Or

Lulu était arrivée de Bornéo en 1961.  Photo archives Progrès /Joël PHILIPPON
Lulu était arrivée de Bornéo en 1961. Photo archives Progrès /Joël PHILIPPON

La femelle gibbon, morte la semaine dernière, originaire d’Asie, n’était pas la bienvenue dans le projet de plaine africaine au jardin zoologique.

Lulu a tiré sa révérence la semaine dernière. L’emblématique gibbon femelle du zoo du Parc de la tête d’Or est décédée à l’âge canonique de 64 ans. On le sait moins, mais le petit singe s’est retrouvé au cœur d’un psychodrame animalier il y a quinze ans. Souvenez-vous.

En 2004, rien ne va plus pour Lulu. La femelle gibbon, arrivée de Bornéo en 1961 , est alors l’animal le plus ancien du parc de la Tête d’Or, véritable petite star des galipettes. Mais la mairie est en train d’élaborer sa « plaine africaine ».

Lulu, qui vient d’Asie, n’est plus franchement raccord avec les zèbres, les girafes et autres antilopes. Et puis, à l’emplacement de son rocher, on veut y creuser un plan d’eau. D’où l’idée d’exfiltrer le singe, sans tambour, ni trompette. C’est le grand remplacement !

Destination Lourdes ?

Mais où l’envoyer ? Le directeur du jardin zoologique de Lyon pensait la placer à Asson, entre Lourdes et Pau ; le zoo pyrénéen, d’abord partant, avait même fait miroiter la mise à disposition d’un mâle esseulé pour Lulu. La promesse d’une nouvelle jeunesse pour la Lyonnaise !

Prévenus toutefois, que, par un beau jour de 1989, Lulu avait réglé ses problèmes domestiques à sa manière, en tuant son mâle, Asson tournait casaque. Lulu n’était finalement plus la bienvenue.

 La femelle gibbon, Lulu. Photo d'archives Le Progrès /Joël PHILIPPON
La femelle gibbon, Lulu. Photo d'archives Le Progrès /Joël PHILIPPON

Son promis n’en veut pas

« Elle ne présente pas que des avantages », lâchait le directeur du zoo pyrénéen, au Progrès, à l’époque. D’autant, que depuis, le mâle « vivait maintenant très heureux avec un autre mâle » ajoutait-il. Et si Asson cherchait toujours désespérément une femelle gibbon pour un autre mâle gibbon, c’était à la condition qu’elle fût suffisamment jeune pour lui assurer une descendance. « Soit Lulu meurt à cause de son déménagement, soit elle tue mon mâle », résumait-on du côté des Pyrénées, craignant désormais de voir arriver « Lulu par la Sernam ! » 

 À Lyon, on décidait, contraint forcé, de garder le signe. Et s’il était toujours prévu la création d’un plan d’eau à l’endroit du célébrissime rocher de la femelle gibbon, une place lui était désormais réservée dans la singerie.

C’est donc bien au parc de la Tête d’Or, que Lulu a fini ses jours. 

Sophie MAJOU

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