VILLEURBANNE Travailleurs sociaux, ils accompagnent les sans-abri

Romain, Sarah, Fiona et Sonia accompagnent chaque jour plus de cent personnes.  Photo Progrès /Matthieu ANGOSTO
Romain, Sarah, Fiona et Sonia accompagnent chaque jour plus de cent personnes.  Photo Progrès /Matthieu ANGOSTO

Installé dans les anciens locaux de la Ligue Rhône-Alpes de football, le centre d’hébergement d’urgence de Villeurbanne accueille actuellement 116 personnes. Des travailleurs sociaux les accompagnent dans leurs démarches quotidiennes.

16h, le moment où les couloirs du bâtiment s’animent. Les enfants déambulent, smartphones en main, tandis que les parents discutent entre eux.

Dans le bureau des travailleurs sociaux, Romain Junod aide une femme avec ses dossiers administratifs. Le nerf de la guerre dans ce genre d’établissement qu’est le centre d’hébergement d’urgence de Villeurbanne, situé 23 rue Léon-Blum.

« C’est très rythmé le week-end »

Le responsable, qui a préféré rester anonyme, explique : « On les aide dans la vie quotidienne en leur offrant des prestations ».

De la mise à disposition de cuisines, douches et machines à laver, jusqu’à l’accompagnement administratif et l’aide au relogement, les travailleurs sociaux sont sur tous les fronts. Ils sont six à se relayer, de 7 à 22 heures. De quoi avoir des journées bien remplies. « C’est très rythmé le week-end, assure Sarah. On ne fait quasiment pas d’administratif, et beaucoup d’éducatif. »

Pour les aider, l’association L’Arche de Noé vient s’occuper des enfants les soirs de semaine et les mercredis après-midi. Sarah détaille : « En semaine c’est de l’aide aux devoirs, et le mercredi c’est vraiment de l’animation ».

Concrètement, le centre fonctionne dans un premier temps avec la Maison de la veille sociale, puis avec le 115. Les deux organismes dirigent les familles ayant besoin d’un abri dans les différents établissements. Ouvert fin 2018 après l’évacuation d’un squat installé à Grandclémen et d’une capacité de 126 personnes, le centre de Villeurbanne compte actuellement 116 occupants, et plus une chambre de libre, moins d’un mois après la mise en place du Plan Grand Froid.

Le Graal : l’accès au logement

Sarah explique : « Les enfants, c’est ce qui anime le centre, mais c’est ce qui crée parfois des conflits. Deux enfants qui se disputent, ce sont des parents qui s’en mêlent, et la mayonnaise peut vite monter ». Des sanctions doivent parfois être prises, allant du simple avertissement à un cas unique d’exclusion du centre.

Romain Junod tempère cependant : « Bien sûr, c’est spécifique, puisque ce sont des publics précaires, mais ils vivent comme tout le monde. Notre travail, c’est de les aider du mieux qu’on peut, pour qu’ils accèdent à un logement individuel ». Fiona Dumortier, éducatrice spécialisée, ajoute : « On leur donne tous les outils possibles pour qu’ils puissent par la suite se débrouiller tout seul, et avoir un meilleur accompagnement ».

Les travailleurs sociaux s’occupent ainsi de faire la passerelle avec les assistantes sociales de secteur, afin de permettre aux anciens sans-abri de ne pas retomber dans une situation précaire.

Matthieu ANGOSTO

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