PORTRAIT Jérémy Joseph, le boulanger qui rêve d’être un gamer professionnel

C’est à la Gaming Academy que Jérémy s’entraîne quotidiennement…  Photo Progrès /David TAPISSIER
C’est à la Gaming Academy que Jérémy s’entraîne quotidiennement… Photo Progrès /David TAPISSIER

Diplômé en cuisine et en boulangerie, le Lyonnais Jérémy Joseph a pourtant fait un tout autre choix : celui d’être Wixo0, un joueur professionnel du jeu vidéo League of Legends. À 20 ans, sa maturité et sa connaissance du jeu en font déjà un des grands espoirs français…

En 2017, c’était derrière le comptoir comme assistant manager de Bagels corner, au cœur de la Presqu’ile, que vous pouviez rencontrer Jérémy Joseph. Diplômé en cuisine et en boulangerie, le Lyonnais avait déjà pourtant une double vie à l’époque : le jour il travaillait et vendait les célèbres petits pains au cœur de Lyon et la nuit, il s’adonnait à sa passion : le jeu vidéo League of Legends.

Une adéquation compliquée, notamment sur le plan du sommeil puisqu’il jouait jusqu’à 3 heures du matin. Mais au bout du compte, c'est une expérience du travail qui fait sa force quelques années plus tard.

Une passion qui passait après le travail

Car son premier but, lorsqu’il était enfant, c’était d’être pâtissier. Il adorait mettre la main à la pâte avec sa mère et particulièrement pour les desserts. Mais la première année du bac pro cuisine le déçoit… Pas assez derrière les fourneaux. Il passe donc un CAP, plus axé sur la pratique et l’obtient en 2014.

Toujours insatisfait, il poursuit en boulangerie, faute de trouver un employeur en pâtisserie. « J’ai beaucoup appris, notamment le travail de la levure, qui est vivante et qui change en fonction du temps ou de la température… » se rappelle-t-il.

Déjà à cette époque, le virus LoL — League of Legends — l’avait atteint. Une passion qui ne faisait pas rire ses parents, sa mère le poussant à trouver du travail. Du coup, le jeune boulanger joue sur plusieurs tableaux, rêvant d’être professionnel en la matière, mais refusant parfois de regarder les compétitions, frustré de ne pas être à leur place.

« J’en rêvais » raconte le Lyonnais. « Je voyais bien qu’il y avait un « gap » entre eux et moi, mais je me disais qu’à force d’entrainement… »

 Jérémy, en cuisine, avec son diplôme…   Photo Progrès /David TAPISSIER
Jérémy, en cuisine, avec son diplôme…   Photo Progrès /David TAPISSIER

À la maison, sa mère observe son sérieux et lâche progressivement du lest, lui demandant une formation sérieuse autour du jeu. Et c’est sur Facebook qu’il découvre Gaming Campus , première école entièrement dédiée au jeu vidéo, qui ouvre ses portes rue de l’Université à Lyon 7e. La réunion d’info la convainc… encore faut-il passer les sélections car ils sont nombreux à postuler.

L’entretien d’entrée se passe bien pour Jérémy, tout comme le test d’écrit et il fait finalement partie des élèves qui intègrent en septembre la nouvelle école pour tenter de devenir joueur professionnel ! « Aujourd’hui, je remercie ma mère de m’avoir encouragé à travailler. Elle m’a assuré un avenir professionnel. C’est tellement important », explique le joueur.

9 heures de jeu par jour

Depuis 15 mois maintenant, ils sont donc dix à s’entraîner 9 heures par jour au sein de la Gaming Academy , en plus des cours, de la préparation mentale et de la séance de sport hebdomadaire « Personnellement, je m’astreins à faire du sport trois fois pas semaine : indispensable pour garder une bonne posture et ne pas avoir mal au dos », rajoute-t-il. Et il lui reste six mois pour réaliser son rêve : devenir joueur professionnel.

« J’ai fait déjà fait un Top 5 lors d’un tournoi en 2019… mais on est très loin de gagner notre vie avec League of Legends… sauf à être de très haut niveau ! J’ai été sélectionné pour jouer en Ligue 2, grâce au partenariat de l’école avec le FC Nantes comme support (lire par ailleurs). Mais le véritable l’objectif, c’est la Ligue 1 dès septembre 2020, indispensable pour se faire repérer et intégrer une grosse équipe professionnelle » précise-t-il. 

  Mais pour y parvenir, la route sera longue, semée d’embûches, de héros mais aussi de sorts bien difficiles à maîtriser…

David TAPISSIER

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