Polémique Pourquoi l’îlot Hikari à Confluence n’est pas à énergie positive

Pour Sylvère Étienne, président de l’Association des copropriétaires de l’immeuble Minami,  qui fait partie de l’îlot Hikari, « les critères qui régissent un bâtiment à énergie positive ne sont  pas respectés par le secteur tertiaire et les commerces de l’îlot ».  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Pour Sylvère Étienne, président de l’Association des copropriétaires de l’immeuble Minami, qui fait partie de l’îlot Hikari, « les critères qui régissent un bâtiment à énergie positive ne sont pas respectés par le secteur tertiaire et les commerces de l’îlot ». Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND

Les copropriétaires de l’îlot Hikari, au cœur du quartier Confluence, à Lyon, sont en colère. Une déception à la hauteur de l’enthousiasme qu’ils avaient manifesté lors de leur achat, porteur de valeurs écologiques favorisant la transition énergétique durable.

« C’est un contre-exemple de ce qu’il convient de faire pour une sensibilisation aux questions écologiques. » L’association des copropriétaires de l’immeuble d’habitation Minami, qui fait partie de l’îlot Hikari, ne décolère pas. Depuis quatre ans, ils essuient les plâtres d’un prototype raté. S’ils ont longtemps contribué aux actions de valorisation du projet, aujourd’hui, ils n’acceptent plus que la SPL Lyon Confluence, aménageur du quartier pour le compte de la Métropole depuis 1999, présente Hikari comme l’îlot emblématique du quartier durable , sans tirer les conséquences des difficultés de ses habitants.

Des gadgets made in Japan non maîtrisés

Sur le papier, on leur avait vendu du rêve, un exploit technologique qui n’a jamais fonctionné. Les bâtiments sont truffés de capteurs de présence et autres gadgets made in Japan non maîtrisés. « Le bâtiment sent ses habitants et s’adapte à eux », vantait Toshiba au moment de la livraison. Aujourd’hui, l’entreprise nippone est partie et « des équipements technologiques sophistiqués sont inutilisables ».

La cogénération au colza ne fonctionne qu’à 30 % au lieu des 70 % prévus avec des coûts de fonctionnement exorbitants et des pannes à répétition. Du coup, la principale source d’énergie thermique depuis quatre ans provient du gaz fossile. Les 3 000 m² de panneaux photovoltaïques placés sur le toit et les vitrages produisent de l’énergie, en revanche leur rendement n’est pas optimisé et les batteries de stockage d’électricité sont hors d’usage.

Des bureaux aux exigences de confort incompatibles

L’îlot en bordure de la darse à Confluence, composé de trois immeubles mêlant logements, bureaux et commerces, devait répondre aux normes Bepos (Bâtiments à énergie positive) , il en est loin.

Dans un document, Engie affirme que l’îlot n’est pas Bepos. Pour qu’il le soit, « il faudrait que tous les utilisateurs ne dépassent pas les consommations théoriques. Ceci est impossible puisque les écarts entre réalité et théorie sont au mieux de 30 % et dépassent les 200 % ».

Si les copropriétaires d’appartements s’inscrivent toujours dans la nécessaire transition énergétique, ils constatent « que les critères qui régissent un bâtiment à énergie positive ne sont pas respectés par le secteur tertiaire et les commerces de l’îlot », relève Sylvère Étienne, président de l’Association des copropriétaires de l’immeuble Minami, qui souhaite que « copropriétaires et locataires se rencontrent et parlent de la situation dans le cadre d’un vivre ensemble indispensable ».

Le syndic de copropriété minoritaire face aux investisseurs

La gouvernance de l’îlot se fait au travers d’une ASL (Association syndicale libre) dans laquelle le syndic de copropriété des logements est minoritaire par rapport à l’investisseur propriétaire des bureaux (La Française) et aux gestionnaires des commerces. Les copropriétaires n’arrivent pas à faire valoir leur préconisation dans les décisions prises par l’ASL, dont la maintenance des installations, qu’ils jugent élevée et peu efficace.

La construction par Bouygues Immobilier des bâtiments élégants gris foncé a coûté 30 millions d’euros dont 8 % de surcoût généré par les technologies « nouvelle génération ».

Une belle façade qui s’effrite. Et ce n’est malheureusement pas la seule dans le quartier.

Damien LEPETITGALAND

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