Justice En mémoire du juge Renaud

L’esplanade de l’ancien palais de justice va porter le nom du juge Renaud. Photos d’archives Le Progrès
L’esplanade de l’ancien palais de justice va porter le nom du juge Renaud. Photos d’archives Le Progrès
«Un hommage de la ville à ce magistrat tombé dans l’exercice de ses fonctions». Photo d'archives Le Progrès
«Un hommage de la ville à ce magistrat tombé dans l’exercice de ses fonctions». Photo d'archives Le Progrès
L’esplanade de l’ancien palais de justice va porter le nom du juge Renaud. Photos d’archives Le Progrès «Un hommage de la ville à ce magistrat tombé dans l’exercice de ses fonctions». Photo d'archives Le Progrès

L’esplanade de l’ancien palais de justice va porter le nom du magistrat assassiné en 1975. Un ancien préfet et un ex-député ont sollicité la mairie, qui vient de répondre favorablement. Explications.

Un espace public va prochainement porter le nom du juge François Renaud, magistrat tué dans la nuit du 3 juillet 1975, à Lyon 5e, par des malfaiteurs jamais officiellement identifiés. Selon nos informations, le principe est acquis. Le projet devrait être soumis au prochain conseil municipal. L’emplacement choisi est symboliquement fort : il s’agit de l’esplanade située devant l’ancien palais de justice, là où le juge a exercé au début des années 70.

« Un hommage de la ville à ce magistrat tombé dans l’exercice de ses fonctions s’imposait, ce drame a marqué l’histoire de Lyon et du pays », justifie Jean-Yves Sécheresse. L’adjoint au maire vient de confirmer la décision auprès du préfet honoraire Pierre Richard, et de l’ancien magistrat et député, Georges Fenech, deux personnalités qui ont œuvré pour la reconnaissance du juge Renaud.

« Un juge au courage trempé, qui affrontait la pègre à une époque hautement dangereuse »

En 1971, numéro 2 de la police judiciaire de Lyon, Pierre Richard a traqué le gang des Lyonnais et travaillé avec le juge Renaud. « Un juge au courage trempé, qui affrontait la pègre à une époque hautement dangereuse, un ancien résistant avec qui la confiance était totale », se souvient le préfet.

De retour dans la région lyonnaise, après une carrière bien remplie, Pierre Richard, âgé de près de 90 ans, n’a eu de cesse de défendre la mémoire du magistrat, hanté par le plus ténébreux des mystères de Lyon.

Un assassinat jamais résolu

Les rapports confidentiels de Pierre Richard ont désigné les membres présumés du commando à l’origine de l’assassinat de la Montée de l’Observance. Les ultimes confidences de Louis Guillaud, alias La Carpe, lui ont permis de valider son hypothèse. Celle d’une équipe locale, menée par Jean-Pierre Marin, impulsif personnage abattu par la police l’année suivante.

L’assassinat du juge n’a jamais été judiciairement résolu, et l’interrogation demeure sur les occupants d’une deuxième voiture la nuit du drame. Sa famille reste persuadée d’un complot, sur fond de financement politique occulte, thèse jamais étayée.

Le juge d’instruction qui a dû se résoudre à clôturer le dossier en 1992, n’a pas refermé l’histoire pour autant. Georges Fenech, aux côtés du préfet, a multiplié les démarches, dernièrement auprès de la mairie de Lyon.

À l’occasion de la rénovation du palais des 24 colonnes, la plaque commémorative consacrée au juge Renaud avait été déplacée dans un angle mort de la salle des pas perdus. Signe de l’ambivalence de l’institution judiciaire, à l’égard d’une personnalité contestée pour ses méthodes héritées de l’époque colonialiste, autant que pas son style de vie atypique. La mémoire lyonnaise se réveille donc, en replaçant Renaud au seuil de l’antique palais.

Richard SCHITTLY

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