LOISIRS Sur le marché de la place Carnot, un Père Noël, plus vrai que nature

« Ma barbe ? Je la coupe une fois par an en janvier après la saison ! »  Photo Progrès /Maxime JEGAT
« Ma barbe ? Je la coupe une fois par an en janvier après la saison ! » Photo Progrès /Maxime JEGAT

Fidèle du marché de Noël place Carnot, Maurice Robert campe un Père Noël plus vrai que nature dans le chalet du Rotary. À 67 ans, l’homme peaufine son rôle, le fait vivre et se réjouit déjà de voir les yeux des enfants pétiller…

Longue barbe blanche, sourcils fournis en pointe, yeux bleus rieurs, gants blancs, bonnet rouge et chemise de bûcheron : le père Noël occupe le chalet du Rotary au marché de la place Carnot.

Il y est chaque semaine de 14 heures à la fermeture jusqu’au 24 décembre les mercredis, samedis et dimanches pour poser aux côtés des enfants, distribuer des papillotes et réceptionner les jouets donnés par les visiteurs au profit des Restos du cœur.

Il vient en aide à l’Association de soutien aux cardiopathes congénitaux via des photos vendues 5 euros.

Des anecdotes par dizaines, une pensée magique

Pour soutenir cette association qui lui tient à cœur, le Père Noël a quitté ses neuf rênes, le temps d’une rencontre au Progrès de Lyon. Sous le costume, il y a Maurice Robert.

À 67 ans, l’homme a gardé son âme d’enfant. Et, même, sans costume, difficile pour lui de passer incognito. Sa barbe blanche qu'il coupe une fois par an en janvier après la saison, ses cheveux blancs mi longs ses épais sourcils et ses yeux rieurs le trahissent. Grand-père de 13 enfants à la tête d’une famille recomposée, le père Noël a plus d’un tour dans sa hotte. Un enfant qui fait un caprice au détour d’une grande surface. Oh oh, Maurice arrive.

Sa présence au Marché de Noël sur le chalet du Rotary ? « C’est totalement bénévole, je le fais pour les enfants depuis six ans. Les organisateurs viennent me chercher à mon domicile et me ramènent. La première année, mon chauffeur se garait cours Charlemagne mais traverser la gare de Perrache costumé relevait du défi. Il fallait trente minutes en journée et une heure le soir. »

Selfies, câlins et générosité

Car l’homme enchaîne les selfies, fait des câlins et répond aux questions des enfants. « Il faut avoir réponse à tout. Je vais dans les magasins de jouets vérifier les tendances, je regarde les publicités mettant en scène le Père Noël. » Et, le Père Noël a le sens de la repartie.

Parfois ce sont les parents qui lui demandent une faveur mettant sa créativité à l’épreuve.

« Un 24 décembre, dans une galerie commerciale, une maman est venue me voir. Maëlle, sa fillette de 4 ans luttait contre un cancer et sa mère n’était pas certaine qu’elle vivrait un autre Noël. Alors, elle m’a demandé si je pouvais passer lui faire une surprise. J’y suis allé le soir même distribuer les cadeaux. J’ai donné à Maëlle une petite fiole de poussière d’étoiles filantes en lui disant de la serrer fort dans ses mains quand elle se sentirait faible. Aujourd’hui Maëlle a 12 ans et avec Maurice elle garde le contact via Facebook. 

Dans ses belles histoires, il y a aussi Mila, 4 ans une petite fille adoptée aux Philippines, en France depuis six mois et qui ne voulait pas dormir dans sa chambre. L’esprit de Noël a opéré : le Père Noël a confié à la fillette un petit singe en peluche nommé Léo qui avait très peur des adultes. « Chaque soir avant de t’endormir tu raconteras à Léo ta journée et tu le garderas près de toi. Et surtout, tu ne le laisseras pas pleurer. »

Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles

Dans une autre vie, le père Noël a été facteur : dix-neuf ans passés à Bron à distribuer le courrier aux habitants des rues de la Marne et de la Pagère avant de terminer à Grigny, où il vit avec les siens.

Une fois à la retraite, il a troqué son courrier pour des cadeaux. Auto-entrepreneur, il remplit des engagements en hiver dans des maisons de retraite, les casernes, des écoles, des crèches, des restaurants, des comités d’entreprise.

« Le forfait me permet de payer l’essence, entretenir et renouveler les costumes et acheter quelques papillotes. Et puis le statut d’auto d’entrepreneur, c’est aussi pour l’assurance. » Le reste du temps Maurice Robert s’occupe de son association du patrimoine et intervient auprès des écoliers pour leur inculquer l’instruction civique.

Marie-Christine Parra

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