FOOTBALL L’hymne de l’OL, c’est lui

« Lens a ses corons, Lyon ses canuts. C’est notre identité », relate Stéphane Balmino.  Photo Progrès /R.MOUILLAUD
« Lens a ses corons, Lyon ses canuts. C’est notre identité », relate Stéphane Balmino.  Photo Progrès /R.MOUILLAUD

Sa voix résonne au Groupama Stadium depuis plus d’un an. Son chant, destiné à accompagner un film pour le musée de l’OL, s’est transformé en hymne. Rencontre avec Stéphane Balmino.

« Pour ce blason, frappé du lion, à tes côtés toujours nous chanterons. Pour les canuts, jamais vaincus, ce chant résonnera dans nos rues… »

Depuis plusieurs mois, sa chanson est diffusée dans l’antre du Groupama Stadium. Un moment devenu quasi solennel, avant le coup d’envoi, alors que le stade est plongé dans le noir et que les photos d’archives du club défilent sur grand écran.

"Tout petit, j'allais à Gerland suivre les exploits de Kabongo"

Derrière cette voix rocailleuse, Stéphane Balmino. Un chanteur croix-roussien, supporter des Gones depuis gamin, qui a connu l’OL en D2. « Tout petit, j’allais à Gerland avec mon papa suivre les exploits de Kabongo », raconte l’imposant bonhomme aux petits yeux et cheveux frisés, qui se remémore l’épopée en minibus avec sa bande de potes pour suivre un quart de finale de Ligue des Champions Milan-OL en 2006 - « On n’aurait jamais dû le perdre celui-là, d’ailleurs », souffle-t-il.

Entre deux représentations (il joue en ce moment dans la pièce d’Emmanuel Meirieu « La fin de l’homme rouge », un récit de la période soviétique, sur les planches de la région et du sud de la France), on rencontre l’artiste, emmitouflé dans un pull à capuche cerclé d’un chèche, dans sa cantine QG du café de la Crèche, à deux pas du Gros Caillou.

La première fois que sa chanson a résonné dans l’antre du Groupama Stadium, son fils de 17 ans était en tribunes. « Il m’a appelé direct et m’a fait écouter : “Papa, c’est toi qui chantes au stade, là ?’’ J’ai reconnu ma voix. Surprise totale. Je ne savais pas qu’elle allait être diffusée au stade pour en faire l’hymne de l’OL. Mon fils a pu se la raconter un peu auprès de ses potes », plaisante le papa de trois enfants.

"Une chanson courte à la Nirvana"

Au départ, Stéphane écrit cette musique « pour aider un pote de longue date ». Son ami comédien Jean-Christophe Hembert (Karadoc dans Kaamelott), chargé de réaliser un film pour le musée de l’OL, lui demande « une chanson courte à la Nirvana » pour accompagner la séquence historique des joueurs emblématiques lyonnais.« On voulait qu’elle ait une vraie identité lyonnaise, qu’on soit dans l’émotion, dans l’esprit d’une ballade. Lens a ses corons, Lyon ses canuts », note Stéphane.

Il décide de mixer deux chants scandés en virages, repris a cappella avec sa guitare. Mai 2018, la chanson est diffusée avec le long-métrage pour l’inauguration du musée. Quelques mois plus tard, elle retentit dans le stade. Septembre 2019, elle est affublée d’un nouveau couplet.

« Les supporters la trouvaient trop courte, pas adaptée à leurs chants. Avec JC, on a rencontré les représentants des kops, ils sont venus avec nous en studio pour qu’on retravaille le texte. Il y a eu un vrai échange. C’était chouette et logique qu’ils participent au projet : ils défendent le club depuis toujours, autant qu’ils reprennent des paroles auxquelles ils croient », rapporte le compère « de soirées épiques » de Grégory Coupet.

Bientôt une reprise guitare/voix pour le derby ?

Plus d’un an après sa première diffusion au stade, Stéphane Balmino n’a « rien touché » sur sa musique.

Jean-Christophe Hembert doit bientôt céder les droits de son film à l’OL. « On verra bien si je gagne trois sous. Mais ce n’est pas très important. C’est une fierté d’avoir composé cette chanson pour le club dont je suis fan depuis toujours. Je l’ai faite avec mes tripes, maintenant elle fait sa vie », lâche le Croix-Roussien. Qui espère toutefois que son hymne sera repris d’une seule voix par le 12e homme, façon « You’ll never walk alone » à Liverpool.

« Pour ça, il faut qu’il y ait une vraie communion entre le club, les joueurs et les supporters. Que l’équipe gagne et partage de beaux et forts moments pour que ça se répercute sur le terrain et embarque le public. Car ce chant, ce n’est qu’un vecteur d’émotions. Le noyau, c’est le club. Notre équipe est belle équipe, mais pas assez soudée », regrette le chanteur, dont le dernier match au Parc OL remonte au nul contre Bordeaux, fin août (1-1).

Après des débuts timides, l’hymne commence à être repris dans les travées du stade lyonnais. Même si on est loin de la passion qui habite les supporters d’Anfield. À quand un show guitare/voix, en plein milieu du stade de Lyon ? « Pourquoi pas lors d’un derby », lance-t-il. Là, le fiston ne serait pas le seul à avoir les frissons.

Marion SAIVE

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