Patrimoine Mur du cinéma… et maintenant ?

Depuis deux ans, le mur s’est dégradé, faute d’entretien.  Photo Progrès /Jean-Marc MANIFICAT
Depuis deux ans, le mur s’est dégradé, faute d’entretien.  Photo Progrès /Jean-Marc MANIFICAT

Les riverains de la place Gabriel-Péri, qui militent pour que le Mur du cinéma retrouve son faste d’antan ont été reçus par Jean-Dominique Durand, et Loïc Graber, adjoints à la Ville de Lyon. Le dossier n’est pas tombé dans l’oubli avec la fin du festival Lumière.

Le rideau est tombé sur le festival Lumière. Mais le mur du cinéma, qui avait fait l’actualité durant les festivités n’est pas pour autant retomber dans l’oubli ou l’anonymat. Les copropriétaires du 4, place Gabriel-Péri avaient remis le mur en lumière et, pour alerter sur son état délabré, avaient invité Francis Ford Coppola, Prix Lumière 2019, les membres du festival et des élus.

Ils ont été conviés le 4 novembre à une réunion de travail en mairie autour de Jean-Dominique Durand adjoint au maire en charge du patrimoine. Il y avait aussi la régie Pédrini, une copropriétaire du 18, cours Gambetta, Loïc Gräber, adjoint au maire de Lyon, délégué à la Culture et adjoint du 7e, délégué à l’Urbanisme et au Patrimoine, ainsi que le directeur général adjoint aux Affaires culturelles de la Ville de Lyon, et des représentants du service gestion des patrimoines de la Ville de Lyon.

Toujours pas de solution

Ce jour-là, toute la question était de savoir quoi faire pour rendre à ce mur son faste d’antan. Qui doit en supporter la charge ? A quelles conditions ? S’agissant d’une œuvre privée, sur un mur privé, la Ville de Lyon ne peut en assurer la maîtrise d’ouvrage. Seule la copropriété de l’immeuble peut décider de sa restauration.

Les droits moraux d’une œuvre d’art étant inaltérables, seul le statut non artistique de la fresque pourrait permettre un éventuel changement. Trois solutions s’offrent alors pour les copropriétaires. Signer une nouvelle convention avec CitéCréation en vue de la restauration de la fresque existante ou de la création d’une nouvelle fresque, faire appel à un autre prestataire pour une nouvelle fresque, si le mur n’a pas le statut d’œuvre d’art, se limiter à un simple ravalement.

Dans les deux premiers cas, un soutien pourrait être apporté par la Ville, sous forme de subvention, à condition que soit signée une convention, prévoyant la durée de l’œuvre et ses modalités d’entretien et les droits d’auteur.

Lors de cette réunion, il a été convenu que la régie Pedrini devait interroger la régie en charge de l’immeuble en 1996 pour avoir connaissance de la convention et sonder les copropriétaires d’ici l’assemblée générale du 6 décembre. De son côté, Jean-Dominique Durand doit contacter CitéCréation au sujet de la convention et du statut d’œuvre du mur peint. Alors que les tags continuent de fleurir, «la réhabilitation du Mur du cinéma n’aurait de sens que dans le cas de sa maintenance mais aussi dans la résolution des problèmes récurrents du quartier», estiment les représentants du conseil de syndic du 4, place Gabriel-Péri.

Zoom

Situé 18, cours Gambetta et sur la placette Gabriel-Péri devant le 4, le Mur du cinéma est un mur privé appartenant à la copropriété du 18, cours Gambetta. Il a été réalisé en 1996 par CitéCréation, dans le cadre des festivités du centenaire du 1er film des frères Lumière. Il a été financé par des mécènes (Géméo et Lapeyre) et son entretien était assuré par CitéCréation. Depuis deux ans, le mur s’est dégradé, il sert d’urinoir, de dépotoir et a été graffé. La convention concernant ce mur a duré vingt ans. À son échéance, ni les partenaires, ni les copropriétaires n’avaient souhaité poursuivre le financement. CitéCréation a donc cessé de l’entretenir.

De notre correspondant Jean-Marc MANIFICAT

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