EXPOSITION À Sainte-Foy-lès-Lyon, Robert Doisneau saute dans le grand bain

Ce  Pêcheur à la mouche sèche (1951), devant Notre-Dame de Paris, est sur l’affiche pour rendre hommage à la cathédrale.  Photo Atelier  Robert-Doisneau.
Ce Pêcheur à la mouche sèche (1951), devant Notre-Dame de Paris, est sur l’affiche pour rendre hommage à la cathédrale. Photo Atelier Robert-Doisneau.

Jusqu’au 1er décembre, l’ancienne piscine municipale de Sainte-Foy accueille des clichés de l’auteur du Baiser de l’hôtel de ville, et des images d’artistes contemporains pour évoquer l’évolution de la photographie.

Autour et au fond de la piscine

C’était il y a 5 ans. Le centre nautique municipal de Sainte-Foy-lès-Lyon fermait. En 2018, il rouvrait ses portes au public pour proposer, cette fois, des bains… De culture. Ainsi, en septembre de cette année-là, il avait accueilli une exposition consacrée à Don Quichotte. Cette fois-ci, en place du héros de La Mancha, on retrouve, jusqu’au 1er  décembre, une cinquantaine de clichés de Robert Doisneau (1912-1994) et des photos d’artistes actuels.

Ces clichés cernent cette piscine de 25 mètres, dans laquelle le public peut descendre (à raison de 20 personnes à la fois), pour avoir un autre point de vue sur les œuvres exposées.

 Geneviève Maurizi, commissaire d’exposition, et Paola Boiron, adjointe à la culture, devant les œuvres de Juliette-Andréa Elie. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
Geneviève Maurizi, commissaire d’exposition, et Paola Boiron, adjointe à la culture, devant les œuvres de Juliette-Andréa Elie. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

C’est aussi dans ce bassin que des intermèdes musicaux seront assurés (ce 16 novembre, 15 h à 19 h), en écho à l’amitié qui liait Maurice Baquet et le photographe.

Que deviendra ce lieu désaffecté à l’issue de cette exposition ? « Ce sera à l’équipe élue pour le prochain mandat de décider », dit l’adjointe aux affaires culturelles de la commune, Paola Boiron.

 L’ancienne piscine de Sainte-Foy-lès-Lyon a fermé il y a 5 ans. En septembre 2018, elle avait déjà accueilli une expo dédiée à Don Quichotte. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
L’ancienne piscine de Sainte-Foy-lès-Lyon a fermé il y a 5 ans. En septembre 2018, elle avait déjà accueilli une expo dédiée à Don Quichotte. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

Doisneau en majesté

Pourquoi Doisneau ? « On voulait évoquer un photographe humaniste et montrer l’évolution de cet art. Il illustre la période classique », indique-t-elle encore.

Le parcours évolue ainsi, chronologiquement, des années 30 aux années 50, ponctué par des images célèbres, comme Le baiser de l’hôtel de ville (mais il y en a d’autres, moins médiatisés) et des découvertes.

Toutes proviennent de l’Atelier Robert-Doisneau, une structure créée par ses deux filles, Annette Doisneau et Francine Deroudille, pour assurer la conservation et la représentation de son œuvre.

 Parmi les clichés exposés, on retrouve le célèbre Baiser de l’hôtel de ville.   Photo Progrès /Atelier Rober-Doisneau
Parmi les clichés exposés, on retrouve le célèbre Baiser de l’hôtel de ville.   Photo Progrès /Atelier Rober-Doisneau

Des scènes attachantes

L’accent est mis sur la vie scolaire, avec des scènes attachantes, parfois espiègles « pour que les enfants se rendent compte des conditions de travail et de vie de leurs parents et grands parents ».

Avec Pêcheur à la mouche sèche , l’affiche rend hommage à la cathédrale Notre-Dame, captée en 1951. L’exposition se termine avec une de ses gargouilles regardant Paris. À côté d’un autoportrait, on retrouve Prévert, le vélo de Tati et ce portrait étonnant de Picasso et ses pains, à Vallauris, en 1952.

 Li Wei et ses personnages en lévitation (dans le port de Sète). Photo Progrès /Li Wei
Li Wei et ses personnages en lévitation (dans le port de Sète). Photo Progrès /Li Wei

Des regards d’aujourd’hui

Pour poursuivre cette évolution, Geneviève Maurizi, commissaire d’exposition, a rassemblé une demi-douzaine d’artistes contemporains, de renommée internationale. Carole Benitah dépoussière ses archives familiales en utilisant la broderie.

Surnommé « l’homme invisible », le Chinois Liu Bolin a posé pendant des heures devant un mur de la Cité Interdite pour se fondre dans le décor et rendre audible sa protestation silencieuse.

Tandis que son compatriote, Li Wei, peuple ses compositions de personnages en lévitation pour dénoncer l’évolution de la société chinoise. C’est le point commun de tous, Doisneau compris : pointer les travers de nos sociétés.

Robert Doisneau, le temps retrouvé et Regards d’aujourd’hui, à l’ancienne piscine municipale de Sainte-Foy-lès-Lyon, 26 avenue du 11-Novembre, jusqu’au 1er décembre. Entrée libre, du mardi au vendredi : 15 h-19 h ; samedi et dimanche : 10 h-19 h. Accès TCL : lignes 49 - C19 au départ de Perrache et 90 au départ de Gare de Vaise, arrêt Sainte-Foy Châtelain.

Isabelle BRIONE

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