RHÔNE Créé à Lyon, leur jeu de société cartonne jusqu'au Québec

Maurice Mura et Rémy Ponton, deux des cofondateurs du jeu en pleine partie endiablée…  Photo Le Progrès /David TAPISSIER
Maurice Mura et Rémy Ponton, deux des cofondateurs du jeu en pleine partie endiablée…  Photo Le Progrès /David TAPISSIER
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Maurice Mura et Rémy Ponton, deux des cofondateurs du jeu en pleine partie endiablée…  Photo Le Progrès /David TAPISSIER Photo Le Progrès /David TAPISSIER Photo Le Progrès /David TAPISSIER

En 2017, sept amis ont créé un jeu de société « pour délirer ». Deux ans plus tard, et près de 50 000 boîtes vendues, «Tu te mets combien » est un carton qui commence à s’exporter.

« En saga au cinéma, en bas de contention, en fourmis, en cure-dents, en animaux imaginaires… tu te mets combien sur une échelle allant de 1 à 10? »

Ils se sont rencontrés en 4e 6, au collège à Vénissieux… et depuis leurs 14 ans, un point commun les relie : la notation. En grandissant ensemble, cette bande de joyeux potes a toujours cherché à se mesurer en se donnant des notes sur tout et n’importe quoi. Au départ sur 20, l’objectif était de mesurer son savoir et ils ont poussé le délire à créer un jeu de société autour de cette idée en 2014.

«En fait, c’était notre jeu d’apéro et du coup un peu notre projet à tous les sept ! Pour les besoins du divertissement sur plateau, on a limité les notes à dix. C’était plus simple à préparer, pour créer les cartes. L’idée, c’était de créer des questions sur un thème en augmentant progressivement la difficulté» explique Maurice Mura.

Dans l’esprit de Trivial Pursuit

Un esprit «Trivial Pursuit» évident, mais moins daté et plus léger.

«En fait, on a évidemment réfléchi en regardant ce qui existait en jeu de culture générale et d’ambiance. Les parties de Trivial Pursuit étaient trop longues pour nous. Notre jeu devait être plus rythmé, moderne et humoristique pouvant se jouer seul de deux à quatre joueurs ou en équipes. Du coup, nous avons placé nos « private joke »… ajoute Rémy Ponton.

Ils impriment leurs premiers jeux en 2016, préparent les boîtes eux-mêmes avec comme objectif de créer un « truc sans prétention, pour rigoler ». 500 exemplaires, auto-édités… et ils présentent le jeu à la convention lyonnaise du jeu et de l’imaginaire OctoGônes en octobre. Un succès inattendu et un 2e  prix du public.

«Les 500 boîtes sont parties en quelques semaines. On écumait les bars à jeu pour présenter notre concept et l’accueil était toujours excellent. On faisait les salons par plaisir. Ce sont d’excellents souvenirs», raconte Maurice Mura. En mars 2017, 1 500 boîtes sont à nouveau disponibles et entre Lyon, Paris et Lille, tout se vend encore en trois mois.

 Lyon a évidemment sa carte... et vous quelle note vous donneriez-vous sur le sujet ?  Photo Progrès /David TAPISSIER
Lyon a évidemment sa carte... et vous quelle note vous donneriez-vous sur le sujet ?  Photo Progrès /David TAPISSIER

Contactés par des professionnels du jeu

Après ces deux premières auto-éditions, certaines boutiques les contactent… Et afin de pouvoir leur proposer des boîtes, les amis acceptent la proposition de Pixigames de professionnaliser le jeu.

En septembre 2018, 5000 boîtes sortent avec nouveau graphisme, nouvelles cartes, nouveau design et gros référencement dans près de 300 boutiques spécialisées.

À chaque sortie, quelques semaines suffisent à écouler les lots. À ce jour, 45 000 exemplaires ont été produits et une première extension a été créée en février dernier. « C’est tellement incroyable pour nous d’aller dans un magasin et de se dire, c’est notre jeu d’apéro qui est en vente ! » plaisante Rémy Ponton.

Du coup, l’équipe s’étoffe et ils devraient être trois salariés en janvier. Quant aux projets, ils sont nombreux, se déclinant notamment dans des éditions adaptées au Québec après une extension destinée à la Belgique mais également une série spéciale collector avec coffret bois pour noël.

Jeu de société Tu te mets combien ? Prix 38 € - Recharge 13,90 €. Site internet : http://tutemetscombien.fr/

Bientôt une version anglaise dans la langue de Shakespeare?

Photo David TAPISSIER
Photo David TAPISSIER

La Belgique est un pays de jeux de société et assez rapidement, « Tu te mets combien » a franchi les frontières. Sauf que… si l’humour était parfois compréhensible, il ne l’était pas complètement.

« C’est quand même très franco-français  précise Maurice Mura,  et nous nous sommes interrogés sur la bonne décision à prendre afin qu’il soit adapté au marché belge .» Et qui mieux que des Belges pour y parvenir !

« Certains anciens clients nous ont aidés et ont distillé cette culture du plat pays… et nous avons pu sortir une extension » Même démarche pour le Québec, où un éditeur était très intéressé. Nous avons « culturalisé » le jeu avec une vision québécoise ». Et la version vient tout juste de sortir outre-atlantique.

Et l’avenir ? La langue de Shakespeare? « C’est assez évidemment que pour le développement à l’étranger, il faudra y passer. Mais il y aura tout un travail de traduction qui ne pourra pas être fait par nous, Français, mais bien par des natifs. C’est une piste que nous étudions pour l’avenir… »

David TAPISSIER

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