URBANISME A Villeurbanne, les Gratte-Ciel du futur, un défi collectif

Le chantier de démolition commençait à être visible depuis le cours Émile-Zola début octobre.  Photo Progrès /Yannick PONNET
Le chantier de démolition commençait à être visible depuis le cours Émile-Zola début octobre.  Photo Progrès /Yannick PONNET

C’est une démarche inhabituelle: promoteurs, architectes et paysagistes ont été sélectionnés sans produire la moindre esquisse. L’extension du centre-ville de Villeurbanne se dessinera au sein d’ateliers associant plusieurs professionnels.

Un mur devrait tomber, comme un symbole, ce mercredi 13 novembre. Le dernier mur d’un immeuble promis à la démolition dans le cadre du projet d’extension du centre-ville ou Zone d’aménagement concerté (Zac) Gratte-Ciel Centre. Sa particularité? Il bouchait la vue sur les terrains qui deviendront l’avenue Henri-Barbusse prolongée à l’horizon 2026.

Depuis ce mercredi, passants et habitants du quartier peuvent donc cesser d’imaginer cette perspective pour la découvrir de leurs yeux.

Un temps d’occupation temporaire

Une fois les démolitions achevées le long de la rue Léon-Chomel - la fin de ce chantier est prévue pour décembre 2019 -, ils pourront découvrir un autre spectacle, celui d’une occupation temporaire du prolongement de l’avenue Henri-Barbusse et de vastes parcelles sur lesquelles seront réalisés des espaces publics et des immeubles.

Cette occupation temporaire devrait commencer début 2020 pour s’achever en 2021 ou en 2023, en fonction des calendriers d’urbanisation de ces terrains. « Il y a une envie de faire vivre le site avec des moments de partage, d’action », explique Bertrand Consol, chef de projets au groupe Serl, aménageur de la Zac.

Le principe d’occupation temporaire d’une friche n’est pas nouveau. Mais l’échelle et la complexité de celle annoncée sur les Gratte-Ciel étendus la rendent assez unique.

La sélection sur intentions

Tout comme apparaît originale la démarche de conception des îlots à créer sur ce secteur. Des promoteurs, des architectes et paysagistes viennent d’être désignés pour réaliser les programmes immobiliers et des aménagements sur des macro-lots. Macro, parce qu’ils concernent de vastes parcelles.

« Ce sont de l’ordre de 200 à 250 logements à chaque fois », précise Benoît Ravier, chef de projets au groupe Serl, en charge du dossier de la Zac.

Mais ce n’est pas leur taille qui marque. C’est le modèle choisi pour définir les projets.

Habituellement, un architecte est retenu sur la base d’une esquisse. Or, là, il n’en a jamais été question. La sélection a été opérée en étudiant des intentions. Les promoteurs avaient d’ailleurs été retenus de la même manière : non pas en défendant un projet, mais en présentant « une méthode et des intentions ».

« Celui qui a remporté un îlot a peut-être été plus innovant et plus ambitieux que ses confrères », souligne Nicolas Baume, secrétaire général du groupe Serl, ex-référent pour Gratte-Ciel Centre. Le prix de sortie des logements, leur taille ou encore leur modularité (leur possible transformation dans le temps) ont constitué des éléments d’appréciation.

 L’avenue Henri-Barbusse, droit devant !   Photo Progrès /Yannick PONNET
L’avenue Henri-Barbusse, droit devant !   Photo Progrès /Yannick PONNET
 L’axe de la future rue Racine prolongée, vu de la rue de Pressensé. À gauche, le lycée Brossolette voué à la démolition.   Photo Progrès /Yannick PONNET
L’axe de la future rue Racine prolongée, vu de la rue de Pressensé. À gauche, le lycée Brossolette voué à la démolition.   Photo Progrès /Yannick PONNET
 Le futur gymnase des Gratte-Ciel, le 8 octobre dernier. Il sera opérationnel en début d’année 2020. Il portera le nom d’Alexandra David-Néel.   Photo Progrès /Yannick PONNET
Le futur gymnase des Gratte-Ciel, le 8 octobre dernier. Il sera opérationnel en début d’année 2020. Il portera le nom d’Alexandra David-Néel.   Photo Progrès /Yannick PONNET
 Une résidence bordant la rue Jean-Bourgey épargnée par les démolitions, parfois à la plus grande surprise de ses occupants !   Photo Progrès /Yannick PONNET
Une résidence bordant la rue Jean-Bourgey épargnée par les démolitions, parfois à la plus grande surprise de ses occupants !   Photo Progrès /Yannick PONNET
 Faire vivre les friches, c’est l’intérêt de l’occupation temporaire.   Photo Progrès /Yannick PONNET
Faire vivre les friches, c’est l’intérêt de l’occupation temporaire.   Photo Progrès /Yannick PONNET
 L’avenue Henri-Barbusse, droit devant !   Photo Progrès /Yannick PONNET  L’axe de la future rue Racine prolongée, vu de la rue de Pressensé. À gauche, le lycée Brossolette voué à la démolition.   Photo Progrès /Yannick PONNET  Le futur gymnase des Gratte-Ciel, le 8 octobre dernier. Il sera opérationnel en début d’année 2020. Il portera le nom d’Alexandra David-Néel.   Photo Progrès /Yannick PONNET  Une résidence bordant la rue Jean-Bourgey épargnée par les démolitions, parfois à la plus grande surprise de ses occupants !   Photo Progrès /Yannick PONNET  Faire vivre les friches, c’est l’intérêt de l’occupation temporaire.   Photo Progrès /Yannick PONNET

Les premières esquisses en 2020

Les architectes, eux, devraient produire les premières esquisses au printemps 2020. Pour chaque îlot, deux professionnels expérimentés collaboreront avec un cabinet créé il y a moins de cinq ans. Ils devront surtout travailler au sein d’ateliers, sous la supervision de l’architecte en chef de Gratte-Ciel Centre, l’Agence Nicolas Michelin et Associés (ANMA). Histoire de produire un projet globalement cohérent… « Le maire de Villeurbanne l’a dit : le projet des Gratte-Ciel, ce n’est pas la Confluence. Ce ne sont pas des objets architecturaux indépendants les uns des autres , confirme Benoît Ravier. Nous sommes vraiment dans ce qu’on appelle une pièce urbaine. »

L’avenir incertain de la fresque de Chapotat

L’œuvre de Chapotat est constituée de lave et de céramique. Elle est fixée au mur, lourde et trop grande pour orner une façade du futur lycée Brossolette.  Photo d’archives Progrès /Yannick PONNET
L’œuvre de Chapotat est constituée de lave et de céramique. Elle est fixée au mur, lourde et trop grande pour orner une façade du futur lycée Brossolette. Photo d’archives Progrès /Yannick PONNET

Alors qu’approche l’heure de la reconstruction du lycée Brossolette, dont la livraison avait été annoncée pour 2021, une incertitude demeure concernant la démolition de cet établissement : l’œuvre monumentale de Chapotat, qui orne la façade d’un des bâtiments, sera-t-elle détruite à cette occasion ? Selon la Serl, rien n’est encore décidé et le sujet reste d’actualité. Le lancement d’une étude de faisabilité technique et financière concernant son démontage et sa réutilisation a parfois été évoqué. Mais il faut croire qu’aucune étude n’a encore été engagée.

Yannick PONNET

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