Rhône Vélos, voitures et les autres... circuler à Lyon, ce casse-tête insoluble

Skate, vélos, trottinettes et piétons… tous doivent de plus en plus apprendre à cohabiter !  Photo Progrès /David TAPISSIER
Skate, vélos, trottinettes et piétons… tous doivent de plus en plus apprendre à cohabiter !  Photo Progrès /David TAPISSIER
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Skate, vélos, trottinettes et piétons… tous doivent de plus en plus apprendre à cohabiter !  Photo Progrès /David TAPISSIER Photo Progrès /David TAPISSIER

Depuis le 31 octobre, un vélo blanc a été installé place Rouget-de-Lisle pour ne pas oublier l’accident mortel du 11 octobre. Un de plus alors que les collisions a vélo ou en trottinette se multiplient dans Lyon et son agglomération. Une problématique liée à la mutation des modes de transport, dans une ville dépassée par l’ampleur du phénomène. Explications…

À l’image du décès de Nathalie, renversée à vélo le 11 octobre par un camion-benne , de graves accidents impliquant des trottinettes et de vélos ont rappelé ces dernières semaines, la fragilité des conducteurs de ces modes de transports urbains à Lyon. Il faut dire que pendant des décennies, voitures, bus, motos et scooters se sont longtemps partagé l’espace… Mais en peu de temps, tout a changé. La mobilité urbaine s’est métamorphosée. Après l’arrivée progressive des vélos individuels et en location, ce sont les véhicules électriques qui ont déboulé en moins de deux ans. Trottinettes, vélos mais également mono-wheel, pouvant aller jusqu’à 25 km/h, tous tentent désormais de se faire une place dans la circulation.

Lyon dans le Top 5 mondial des agglomérations où la pratique du vélo augmente le plus

Les vélos tout d’abord. Un trafic multiplié par 6 entre 2004 et 2018 et pour la 3e fois en 2019, la Métropole de Lyon est dans Top 5 mondial des agglomérations où la pratique du vélo augmente le plus  ! Selon un recensement, 530 000 vélos ont été recensés sur la Métropole de Lyon, soit un ratio de 410 vélos pour 1 000 habitants. Le nombre de Velo’v, lui aussi a explosé : aujourd’hui 348 stations et 4 000 Vélo’v disponibles quotidiennement… Et les vélos électriques dans tout cela ? Ils ne représentaient qu’1 % en 2015 selon l’enquête ménage déplacement. Or selon une campagne de comptage organisée par Nova 7en avril dernier, ils représentaient 12 %. Un chiffre qui n’en fini pas d’augmenter en attendant l’arrivée prochaine du free-floating…

Pour les trottinettes, la progression ressemble à celle des vélo électriques. Le premier opérateur de free-floating, Lime, est arrivé en septembre 2018. Un peu plus d’un an plus tard, Lyon a connu jusqu’à huit opérateurs, pour retomber à quatre désormais. Une régulation qui n’a pas touché le nombre : on parle d’environ 5000 véhicules en libre service quotidiennement dans Lyon, sans compter les milliers de trottinettes électriques acquis ces dernières années par des particuliers.

Rajoutez des dizaines de monowheel, quelques Segway qui se déplacent souvent en groupe et de plusieurs centaines de skateboard et longboard et vous comprendrez que circuler dans Lyon est un véritable casse-tête.

Comment circuler ?

Une seule certitude : il va falloir partager l’espace. Mais comment exactement ? La ville a déjà fait signer une charte aux opérateurs de free-floating. Quant à savoir ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas : si  le décret relatif à la réglementaion des engins de déplacement personnel, publié au Journal officiel, fixe les règles de circulation des des trottinettes électriques, monoroues, skateboards électriques, gyropodes et hoverboards dans le code de la route, le projet de loi d’orientation des mobilités, qui devrait voir le jour début 2020 et dont l’ultime examen est prévu devant le Sénat le 5 novembre, prévoit quant à lui, des dérogations permettant aux maires d’adapter les règles de circulation en ville aux enjeux locaux.

Des pistes… mais jamais assez

Depuis 2009 et le Plan Modes Doux, le vélo est clairement pris en compte et le nombre de pistes cyclables est en constante évolution. En 2016, le Plan d’Actions pour les Mobilités Actives (PAMA) a pris la suite, toujours dans le même sens, intéressant du coup également tous les modes de transports doux. 840 km sont aménagés en ce sens, dont 33 % de bandes cyclables (277 km), 23 % de pistes cyclables (194km), 21 % de voie verte (180km) et 14 % de double sens cyclables (118 km). On peut également rajouter 47 km de couloir de bus partagés… et près de 205 km en contresens. Mais est-ce suffisant ? Comment faire cohabiter des véhicules à une et deux roues, avec et sans moteurs, des voitures, des bus, le tout aux milieux des travaux et sur des routes souvent saturées ? La solution se trouve en partie dans la future loi qui prévoit que le Fonds national vélo soit doté de 350 millions sur 7 ans pour soutenir les collectivités locales afin qu’elles développent leurs infrastructures cyclables.

Entre embrouilles et débrouille

À vélo en sans interdit rue Belfort, sans piste au sol…  Photo Progrès /David TAPISSIER
À vélo en sans interdit rue Belfort, sans piste au sol…  Photo Progrès /David TAPISSIER

Insultes et queues de poisson sont le quotidien de nombreux utilisateurs de vélos et de trottinettes.Toutefois, et il faut le dire, nombreux sont les conducteurs de trottinettes et cyclistes qui ne respectent pas le Code de la route, souvent par méconnaissance. Trottoirs utilisés, incompréhension du « Cédez le passage aux cyclistes aux feux » mais aussi utilisation en sens contraire sans piste cyclables… La police a d’ailleurs pris le taureau par les cornes et plus d’une centaine d’utilisateurs de bicyclettes ont déjà été verbalisés depuis cet été.

Pas assez d'aires de livraison

Pour leur défense, vélo et trottinettes doivent également s’adapter… aux contraintes sur leur parcours, notamment les – trop- nombreux travaux actuellement dans Lyon.

Quai Fulchiron, Saint-Antoine, Saint-Vincent, Gilet, place de Terreaux, le quartier de la Part-Dieu, le cours Vitton et toutes les rues transversales dans le cadre des travaux en Presqu’ile, sans compter les bacs à fleurs rue Edouard-Herriot et Chenavard… pour ne citer que les plus importantes artères. Les pistes cyclables évidemment sont impactées, les nids-de-poule sont plus nombreux tout comme les différences de niveaux sur la chaussée. Autre souci, les livraisons, de plus en plus nombreuses, à cause du développement des achats sur internet.

Et si le nombre d’aires de livraisons est en augmentation -1323 en 2019 sur la ville de Lyon- les arrêts intempestifs au beau milieu de la route, en warning ou à cheval sur les pistes cyclables sont beaucoup trop nombreux et ne font qu’augmenter les risques d’accidents.

David TAPISSIER

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