Environnement Qualité de l’air : des mesures citoyennes mobiles testées à Lyon

Vue de Lyon cet été, un jour de pollution à l’ozone et de canicule. Grâce aux nouveaux capteurs nomades du projet 3M’Air, le maillage est plus fin pour mesurer la qualité de l’air.   Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Vue de Lyon cet été, un jour de pollution à l’ozone et de canicule. Grâce aux nouveaux capteurs nomades du projet 3M’Air, le maillage est plus fin pour mesurer la qualité de l’air. Photo Progrès /Joel PHILIPPON

Démarré début 2018, le projet universitaire 3M’Air consiste à construire un réseau de micro-capteurs pour enrichir les mesures de qualité de l’air. L’association l’Air des Lyonnaises et des Lyonnais a testé un boîtier en octobre sur le Vieux Lyon et la Presqu’île.

Qualité de l’air, canicule, îlots de chaleur, le sujet est brûlant dans l’agglomération de Lyon. Justement le projet 3M’Air porté par le laboratoire LABEX IMU de l’Université de Lyon et Walid Bechkit, chef de projet, est destiné à accroître la connaissance du climat local.

Il s’appuie sur des scientifiques locaux de l’Insa Lyon, l’Inria à Grenoble et du laboratoire de Mécanique des Fluides sur le campus de l’École Centrale. Commencé en 2018, il doit durer trois ans.

L’objectif est de construire un réseau de micro-capteurs de proximité pour enrichir les mesures dans l’agglomération en complément des stations fixes d’ATMO Auvergne Rhône-Alpes, l’observatoire agréé par le Ministère de la Transition écologique et solidaire, pour la surveillance et l’information sur la qualité de l’air.

Ce concept a d’emblée séduit l’association L’Air des Lyonnaises et des Lyonnais  : « Ce projet est unique à Lyon. L’idée, c’est de faire de la mesure nomade et de permettre d’alimenter la captothèque qu’ATMO essaie de mettre en place. Les habitants se baladent et envoient les données à l’instant T » souligne le président Gérard Françon, qui a testé ce boîtier en cours de développement et d’évaluation technique.

Le but est d’enrichir une base de données et in fine, de fournir une application gratuite et opérationnelle courant 2 020 avec des capteurs individuels sur smartphone.

Un maillage plus fin du territoire tout en impliquant les habitants, un coût moindre que la mise en place d’une station fixe dont le prix peut s’élever entre 200 000 et 300 000€, la Région, organisme de tutelle financier, a tout à y gagner.

Des essais depuis 2018, mais toujours pas de résultats

« Entre mi-juillet et mi-octobre 2018, douze capteurs ont été construits pour mesurer la qualité de l’air rue Garibaldi. Nous étions intéressés pour en récupérer sur les quais de Saône, mais, coût oblige, cela n’a pu se produire » regrette Gérard Françon.

Au printemps 2 019, l’association apprend que la Métropole entre dans la boucle avec ATMO, la Ville, Lyon Météo et Météo France. Elle se rend à une réunion le 20 juin au Tubà qui propose à une cinquantaine de bénévoles de participer à une opération de mesures citoyennes participatives de la qualité de l’air à travers 19 parcours préétablis par groupe de deux à trois personnes autour d’un capteur nomade. « Plusieurs de nos adhérents avec d’autres associations, ont expérimenté les capteurs en octobre, durant deux samedis avec circulation et deux, les 12 et 26 octobre, lors de la piétonnisation, sur six parcours à pied définis dans le Vieux Lyon et la Presqu’île. Chaque samedi de 14 h à 15 h 30, une quinzaine d’habitants a répondu présent. Au-delà de l’aspect technique, ces parcours en commun ont permis de rencontrer d’autres personnes qui nourrissent le même intérêt pour lutter contre la pollution atmosphérique » se félicite Gérard Françon. Toutefois, le président s’interroge : « On veut bien donner de notre temps mais on aimerait que l’on nous restitue les données. Or, à ce jour, nous n’avons jamais eu de comptes rendus, ni de résultats. »

La qualité de l’air est mauvaise un jour sur deux

Le capteur 3M’Air se porte en bandoulière avec une sangle. Il a été élaboré par des chercheurs dans le cadre d’un projet universitaire.  Photo Progrès /DR
Le capteur 3M’Air se porte en bandoulière avec une sangle. Il a été élaboré par des chercheurs dans le cadre d’un projet universitaire.  Photo Progrès /DR

ATMO Auvergne Rhône-Alpes a mis en ligne son rapport trimestriel de répartition des indices de qualité de l’air. En comparaison, Lyon et Grenoble ont des valeurs pratiquement identiques, Saint-Etienne est moins bien placée. Reste que les trois agglomérations ont souffert de l’ozone, en raison de la canicule. Il apparaît sur le 3e trimestre que la qualité de l’air n’est bonne qu’un jour sur deux. Lyon affiche même 3 % de jours où l’air a été très mauvais (pics d’ozone persistants). Sur les dix dernières années, de 2010 à 2019, les moyennes annuelles pour l’ozone – laquelle n’est mesurée que par les trois stations de fond agglomération de Lyon : Saint-Exupéry, Lyon Centre et Lyon Gerland –, montrent que depuis 2017, on assiste à une augmentation entre 10 % et 20 % de la pollution. Cette année, Lyon Centre est la zone la plus touchée devant Saint-Exupéry et Lyon Gerland.

L’association veut améliorer la qualité de l’air dans l’agglomération

L’association L’Air des Lyonnaises et des Lyonnais est issue de huit conseils de quartier. Elle a été créée le 24 septembre 2018 au regard des inquiétudes des riverains vis-à-vis de la réouverture du Tunnel de la Croix-Rousse courant 2 012 et de la situation de l’école Michel-Servet dont les taux de pollution dépassent en permanence les valeurs réglementées. Apolitique, elle comprend 80 personnes dont 24 adhérents. Cette association loi 1 901 a pour objet de concevoir et de proposer des solutions pour améliorer la qualité de l’air dans l’agglomération lyonnaise, de mener des actions pédagogiques vis-à-vis de ses habitants et de réaliser des actions de communication par tous moyens appropriés.

Elle se réunit le 4e  lundi du mois de 19  à 21 heures. L’assemblée générale annuelle se tiendra lundi 25 novembre de 19  à 21 heures et la réunion mensuelle suivante, lundi 27 janvier 2020.

Siège : la Maison des associations, 28 rue Denfert-Rochereau, Lyon 4e. Site web : www.airdeslyonnais.fr/adresse mail  : airdeslyonnais@gmail.com/page Facebook : @airdeslyonnais

Nadine MICHOLIN

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