TRANSPORTS Le nouvel A350 d’Air France s’appellera Lyon

« Cet A350 est en cours de livraison, il va s’envoler à partir du 6 novembre pour un Paris-Toronto », explique Anne Rigail, directrice générale de la compagnie.  Photo DR /Airbus SAS
« Cet A350 est en cours de livraison, il va s’envoler à partir du 6 novembre pour un Paris-Toronto », explique Anne Rigail, directrice générale de la compagnie. Photo DR /Airbus SAS
Anne Rigail. Photo  DR/ Air France
Anne Rigail. Photo DR/ Air France
« Cet A350 est en cours de livraison, il va s’envoler à partir du 6 novembre pour un Paris-Toronto », explique Anne Rigail, directrice générale de la compagnie.  Photo DR /Airbus SAS Anne Rigail. Photo  DR/ Air France

Premier opérateur à Lyon, Air France a décidé de donner le nom de la patrie d’Antoine de Saint-Exupéry à l’un de ses nouveaux avions A350. « Une évidence » pour Anne Rigail, directrice générale.

Quelle place occupe Lyon dans la galaxie Air France ?

« Lyon occupe une grande place dans notre cœur et nous avons choisi de baptiser notre deuxième A350 Lyon. Nous reprenons l’habitude historique de baptiser nos avions. Nous avons commencé par Toulouse, le berceau du l’A350. Ensuite, Lyon s’est imposé comme une évidence. C’est la ville de Saint-Exupéry, on a d’ailleurs son petit-neveu qui est l’un de nos pilotes. Cet A350 est en cours de livraison, il va s’envoler à partir du 6 novembre pour un Paris-Toronto, comme tout cet hiver. Puis il volera vers d’autres cieux : Le Caire, Séoul, Bangkok… »

L’A350 est central dans votre nouvelle stratégie. Pourquoi ?

« L’A 350 Lyon sera le deuxième d’une série de 28. Cela va devenir un cœur de flotte pour Air France avec des bénéfices importants en termes économiques, environnementaux et au niveau de la clientèle. Il consomme 25 % de carburant en moins par rapport aux avions qu’il remplace. On a modernisé les cabines pour être au plus haut standard de l’industrie, on a amélioré les sièges en classe premium economy. Il est plus lumineux, avec des hublots plus grands, un air plus souvent renouvelé. »

Pour en revenir à Lyon, cela reste un marché d’importance…

« Le deuxième derrière l’île-de-France. Un marché dans lequel on investit avec la rénovation de l’agence de Lyon, du salon à l’aéroport. Nous sommes le premier opérateur de la place de Lyon devant Easyjet. La particularité, c’est que toutes nos compagnies y sont représentées : Air France, KLM et Transavia. Et cela ouvre de nombreuses portes vers le monde. »

Vous avez fait plusieurs annonces récemment. Vous avez le projet de rendre les vols domestiques neutres en carbone d’ici 2020. Comment cela se traduit-il ?

« C’est plus qu’un projet, c’est un engagement. On a été la première compagnie à s’engager dans cette voie, British Airways nous a suivis deux semaines après. À partir du 1er janvier, nous allons compenser les émissions CO2 de tous nos vols domestiques – 450 au total, 57 000 clients par jour –, au travers du financement de projets pour l’environnement : protection des forêts, de la biodiversité, aide auprès de populations plus vulnérables… »

Cela va s’accompagner par une réduction de 50 % des émissions…

« Oui, nous voulions aller plus loin en prenant l’engagement de réduire de 50 % les émissions de chaque passager d’ici à 2030. Le premier levier, c’est l’accélération du renouvellement de notre flotte : les 28 A350 d’ici 2025, 10 Boeing 787 et nous allons aussi remplacer la moitié de notre flotte moyen courrier par des Airbus 220-300 qui réduisent l’empreinte carbone de 20 %. 50 % de notre flotte sera composée d’avions nouvelle génération en 2025. Après, nous avons toute une gamme d’action. Nos pilotes pratiquent l’écopilotage. Ils choisissent les trajectoires les moins gourmandes en carburant, et à l’atterrissage, ils vont rouler non pas sur deux moteurs mais un seul pour réduire les émissions au sol. Nous travaillons aussi à la réduction du poids à bord : sièges, vaisselle, eau… Nos personnels sont aussi engagés dans une démarche de recyclage sélectif à bord. »

On parle beaucoup du Flygskam , un mouvement suédois que l’on peut traduire par la “honte de prendre l’avion”. Cela vous inquiète-t-il ?

« Cela ne nous a pas fait prendre conscience qu’il fallait faire quelque chose. Nous le savions déjà, nous avons une feuille de route environnementale depuis 1996. En revanche, il nous a fait comprendre qu’il fallait en parler, faire de la pédagogie, expliquer au grand public ce que nous faisions, qu’il fallait prendre plus fortement la parole. »

Selon vous, certaines compagnies n’ont pas les mêmes exigences…

« C’est un constat né de nombreux échanges. Le questionnement sur la place du transport aérien est fort en France, en Europe. Ce n’est pas aussi prégnant aux USA, hormis certains états, et en Asie. Et nos concurrents principaux, les compagnies du Golfe, se posent bien moins de questions sur ces sujets-là. »

Vu de Lyon, on pointe parfois le centralisme d’Air France tout droit dirigé vers Orly et Roissy. Est-ce que cela peut évoluer à l’avenir ?

« Le hub lyonnais fait partie de notre stratégie et a été réaffirmé. La croissance de Transavia est de 12 % sur Lyon, transportant plus de 3 millions de passagers depuis l’ouverture de la base en 2010. Cela montre qu’il n’y a pas Paris et la Province. Nous avons trois hubs : Paris, Amsterdam et Lyon. »

Pourtant, nous n’avons pas de long-courriers Air France… Est-ce à l’étude ?

« C’est étudié en permanence, la question n’est pas nouvelle. C’est difficile de faire vivre un long-courrier, même au départ de Lyon et malgré le dynamisme du marché lyonnais. Peut-être que les évolutions des générations d’avions nous amèneront à reconsidérer la question. L’enjeu aujourd’hui est plus de faire de la correspondance un plaisir que de s’offrir, en direct au départ de Lyon, l’intégralité du monde. »

La SNCF va proposer des Ouigo de centre à centre l’an prochain entre Lyon et Paris. C’est une sérieuse concurrence…

« Le TGV est le concurrent le plus redoutable sur le domestique. Quand on est à 2 heures, 90 % de la clientèle va vers le train, quand on est à 3 heures, c’est 50 %. On le sait, on adapte notre réseau, on n’a plus d’avions vers Lille, Bruxelles, Strasbourg. Le TGV est aussi un moyen d’amener nos clients vers nos avions. »

Propos recueillis par Jean-Philippe CAVAILLEZ

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