URBANISME A Perrache, l’ancien Marché Gare perd ses ailes

La démolition partielle est engagée sur le bâtiment porche de l'ancien Marché Gare, placé rue Casimir-Périer  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
La démolition partielle est engagée sur le bâtiment porche de l'ancien Marché Gare, placé rue Casimir-Périer  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD

C’est une nouvelle étape qui est engagée à la Confluence. L’opération en cours prévoit une démolition partielle de l’entrée de l’ancien Marché-Gare. Une autre partie sera réhabilitée pour abriter une salle de concerts. Ainsi prend forme un nouvel îlot de 11 bâtiments installé autour de cet ouvrage construit entre 1956 et 1961.

Mine de rien, c’est tout de même une page de l’histoire lyonnaise qui se tourne. Des cœurs vont sans doute se serrer tant l’histoire de ce bâtiment est liée à celle de Lyon. Certes, il ne reste plus grand-chose de l’ancien Marché Gare qui, au plus fort de son activité, s’étirait sur quelque 16 hectares, en gros, entre le Rhône, le cours Charlemagne et la rue Casimir-Périer. Et la démolition en cours, va réduire encore l’emprise du vieux ventre de Lyon.

Nouveau souffle, démolition partielle et rénovation

Mais, et c’est là la volonté des urbanistes en charge du projet Confluence, certains éléments vont être conservés. « Pas question de faire table rase du passé. Le choix fait par les urbanistes, l’Architecte des Bâtiments de France et du service urbanisme de la Ville de Lyon est de conserver les bâtiments d’intérêt patrimonial », argumente Etienne Vignali, chef de projet à la SPL Lyon Confluence, en charge des travaux. En tout, ce sont huit «morceaux» de l'ancien Marché-Gare qui s'apprêtent à trouver un nouveau souffle.

400 places dans la salle de concert

Les engins sont stationnés devant l’entrée principale, l’ancien porche qui fait l’objet d’une opération de requalification. Le chef de projet explique : « Nous démolissons une partie des deux ailes, soit un peu moins de la moitié du bâtiment existant, ce qui sera chose faite d’ici la fin de l’année. Nous conservons les huit trames se trouvant de part et d’autre de la partie centrale ». Ces éléments seront réhabilités pour abriter le même équipement public, la salle de concert qui a élu domicile dans cette portion du marché gare de 2006 à 2018. Elle sera agrandie de 300 à 400 places. Ces bâtiments seront rénovés, remis aux normes, isolés, afin de diminuer la consommation d’énergie de 50 %. Les travaux sont assez importants, plus que ce qui avait été envisagé initialement, précise-t-on du côté de la SPL. Coût total estimé : 5,7 millions d’euros.

Le chantier démarre début 2020. Pour une livraison espérée en septembre 2021. Il est réalisé dans le cadre du projet Sollys , nouvel îlot à construire piloté par Bouygues Immobilier et Linkcity. Cet élément réhabilité fera partie des 11 bâtiments qui doivent être édifiés le long du Rhône à l’horizon 2022.

Christian était au Marché Gare comme chez lui jusqu’en 2008

Photo Aline DURET
Photo Aline DURET

« C’était un bâtiment énorme »… À 62 ans, les souvenirs de Christian s’amoncellent lorsqu’il évoque le Marché Gare. Il y a travaillé entre 1983 et 2008, juste avant sa fermeture en 2010. Mais pas seulement. Une fois ses activités terminées, il lui suffisait de faire quelques pas pour rejoindre son domicile, car son « chez lui » se trouvait… au Marché-Gare. « Nous occupions l’un des appartements de fonction aménagés dans le bâtiment placé à l’entrée. Alors il était aux premières loges. En charge de la maintenance, on faisait appel à lui, « Le Grand » en cas de problème. « Je venais faire les réparations. Le plus dur, c’était l’hiver, quand il fallait déneiger à la main pour l’ouverture des portes à 3 heures du matin. Et puis il y avait le bruit. L’autoroute, les frigos des camions toute la nuit, c’était horrible. Au début. Et puis après, on s’y fait ».

Christian se souvient des allers et venues incessantes, des semis remorques venant décharger une multitude de produits. Du tramaly, sorte de tracteur à trois roues électrique qui transportait la marchandise arrivée par palette. « Les volumes étaient énormes », se souvient-il. Certaines denrées alimentaires stockées dans ce ventre lyonnais étaient, au début du moins, livrées par wagons entiers. « Les voies ferrées traversaient alors le cours Charlemagne et entraient directement dans l’enceinte du Marché Gare. Le poisson était vivant et frais quand il arrivait dans les frigos installés dans les sous-sols ». On y faisait de la vente en gros, cette activité se trouve depuis 2009, à Corbas.

À l’entrée de cette « petite ville à part entière » se trouvaient les bâtiments d’administration, ceux que l’on requalifie, qui abritaient restaurants, banques, poste de police, PTT, direction du Marché, logements… « Tout le monde se connaissait, à l’époque, on se retrouvait souvent autour d’un casse-croûte », se rappelle Christian un brin nostalgique. Alors, en 2008, « ça a été dur de partir », dit-il, un rien ému tout de même, de voir disparaître un peu de son histoire. Mais il n’est jamais bien loin. Depuis qu’il est parti du Marché Gare, il a déménagé… rue Casimir-Périer.

Aline DURET

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