Lyon 7e L'association Riverains de la Guillotière veut "retrouver un quartier sécurisé et propre"

Nathalie Balmat : « Nous voulons qu’un plan d’actions concret et pérenne soit mis en place. » Photo Progrès /Arnélia SIMIER
Nathalie Balmat : « Nous voulons qu’un plan d’actions concret et pérenne soit mis en place. » Photo Progrès /Arnélia SIMIER

Excédés par la multiplication des incivilités, des résidents de la Guillotière se sont regroupés en association citoyenne et apolitique. Explications avec Nathalie Balmat, présidente des «Riverains de la Guillotière».

Vous êtes présidente des «Riverains de la Guillotière». Qu’est-ce qui a motivé la création de cette association ?

« Les problèmes de nuisance, d’insécurité, de mal propreté s’intensifient. Le quartier devient invivable. Depuis des années riverains et collectifs alertent les élus. Comme on ne se sent pas écouté, on a décidé de se regrouper en association depuis mi-septembre. Les émeutes durant la nuit de la Coupe d’Afrique des nations en juillet dernier ont raisonné comme le déclencheur de cette création. L’association désormais regroupe une trentaine de riverains et commerçants de toutes tendances politiques et catégories socioprofessionnelles. »

Qu’est-ce qui a changé dans le quartier ?

« Incivilités et activités illégales se déroulent sous le regard des riverains et sont connues de tous ! Entre marché sauvage, trafics de drogue, comportements agressifs et intimidants, tapage nocturne et diurne, personnes en état d’ébriété sur la voie publique, bagarres, dégradations de matériel, vols, des rues prises pour urinoirs , des espaces publics pour déchetteries… ça devient une catastrophe. La place Gabriel-Péri, le square Saint-Michel (emprunté par des écoliers) et les rues adjacentes deviennent infréquentables. »

Face au harcèlement, des femmes adaptent leur rythme de vie

Dans quelles mesures ces faits impactent le quotidien des riverains ?

« Face au harcèlement de rue galopant, des femmes adaptent leur rythme de vie, certaines empruntent un chemin plus long pour rentrer chez elles plutôt que de passer par certaines zones du quartier. Un étudiant en médecine révise ses cours avec des bouchons d’oreilles et un casque de chantier car la rue de la Guillotière est trop bruyante. Même avec les fenêtres et volets fermés j’entends parfois des gens hurler. Chez moi la pression acoustique a été mesurée à 95 décibels ! Les habitants sont excédés par ces nuisances auxquelles s’ajoutent les évènements de ces dernières semaines comme le combat de boxe sauvage début octobre place Gabriel-Péri. »

Quelles sont les attentes de l’association ?

« Depuis 2018, il y a une augmentation du temps de présence policière, des enlèvements de tonnes de déchets, davantage de nettoyages aux jets. Mais concrètement rien ne change. Nous voulons qu’un plan d’actions concret et pérenne soit mis en place pour retrouver un quartier propre, serein et sécurisé. Nous voulons que le problème soit pris à la base. La place Gabriel-Péri regroupe une concentration de problèmes qui irradient sur tout le quartier. Faire appliquer la loi, diversifier les épiceries, etc. font partie de nos attentes. Le communautarisme grandissant et la ghettoïsation extrême font peur. On s’inquiète pour le futur. »

Vous habitez depuis plus de vingt ans à la Guillotière. Pourquoi avez-vous choisi de rester ?

« J’aime habiter en hypercentre et dans un quartier multiculturel. J’ai accès à tout rapidement. Si je veux manger africain ou asiatique, je n’ai que quelques mètres à faire. Quand je suis arrivée en 1992, le quartier était agréable. Avec mon conjoint nous avons élevé notre fils ici. Depuis quelques années je vois régulièrement des riverains déménager. Pour la première fois, depuis environ un an, j’y pense aussi. »

Propos recueillis par Arnélia SIMIER

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