Villeurbanne | Société Baisse de subventions de l’État, le Planning familial inquiet

A gauche, Zohra (agent d’entretien), Nathalie (comptable), Fanny Lelong (chargée de développement) et Violette (éducatrice spécialisée), rencontrées quelques jours avant l’emménagement, s’attelaient à la préparation des locaux.  Photo Progrès /Sabrina MADAOUI
A gauche, Zohra (agent d’entretien), Nathalie (comptable), Fanny Lelong (chargée de développement) et Violette (éducatrice spécialisée), rencontrées quelques jours avant l’emménagement, s’attelaient à la préparation des locaux.  Photo Progrès /Sabrina MADAOUI

En première ligne pour accueillir des femmes victimes de violences, des mineures ou jeunes adultes autour de la sexualité… le Planning familial du Rhône accuse une baisse de 9 % de ses subventions versées par l’État. Une coupe de 22 000 € qui met en péril ses missions.

Le Planning familial du Rhône, implanté au Tonkin à Villeurbanne, conduit plus de 7 000 entretiens par an sans rendez-vous et accueille entre 3 500 et 4 000 consultations annuelles. Ce qui en fait le plus important centre de planification de la Métropole en termes d’activité. Le Planning familial se charge des suivis de grossesse, contraceptifs et pratique les interruptions volontaires de grossesse médicamenteuses. Globalement, son credo est la santé sexuelle et reproductive. Mais c’est aussi l’un des premiers lieux ressource pour les femmes victimes de violences.

Lors de l’exercice 2018-2019, sur les 7 000 rencontres sans rendez-vous, 88 femmes se déclaraient victimes de violences (agressions, harcèlements sexistes ou sexuels). Le 3 septembre dernier, le gouvernement a ouvert le Grenelle des violences conjugales, « parce qu’une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint ». Or, il y a comme un paradoxe. Au Planning familial règne « une grande inquiétude sur les subventions de l’État qui finance les missions d’informations/d’écoute et les séances collectives », signale Fanny Lelong, chargée de développement. L’État a réduit son financement, mettant en péril certains centres de planification dans leur mission globale. En particulier, les actions d’aide et d’accompagnement des victimes sont fortement remises en cause : « Pour 2019, la baisse de 9 % de la subvention de l’État représente -22 000 € sur un budget de 950 000 €. L’enveloppe nationale ne bouge pas mais les subventions sont réparties autrement. Ce qui a une influence sur nos missions d’info et d’écoute et les séances collectives d’éducation à la sexualité ».

« On fera moins de prévention collective »

Cette politique de coupe budgétaire se poursuit jusqu’en 2022. « Si on est amené à réduire nos horaires d’ouverture, on verra moins de femmes et on fera moins de prévention collective ». Alors que le premier contact, même sans rendez-vous, est primordial. Les femmes victimes «  viennent pour autre chose. Au fil des entretiens, dans la majorité des cas, elles finissent par parler. Les conseillères conjugales sont formées à repérer les violences conjugales ».

Le Planning fonctionne à 90 % grâce aux subventions publiques. Les subsides de l’État permettent de mettre en place des missions de prévention des violences sexistes et sexuelles, le Planning va à la rencontre des jeunes dans les établissements scolaires ou autres MJC… pour parler, notamment, de consentement dans le rapport entre deux partenaires, des représentations stéréotypées autour de l’image de la femme.

Les conseillères conjugales et familiales proposent aussi des suivis de couple « pour parler des difficultés de la relation, de la gestion du conflit, de la relation amoureuse ». Lorsque les femmes vont au Planning, elles sont écoutées, puis orientées vers des spécialistes quand c’est nécessaire. Elles demandent souvent un certificat médical à un médecin du Planning.

Pour Fanny Lelong, le nombre de femmes victimes qui frappent à la porte du Planning n’a pas augmenté.

Sabrina MADAOUI-TERNEAUD

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