Rhône Squat de la Croix-Rousse à Lyon: «On ne pourra pas passer l’hiver comme ça»

A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Le squat de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ A l'intérieur du squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Le squat de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ

L’ancien collège Maurice-Scève où vivent aujourd’hui 450 migrants ne peut plus pousser les murs. Un dortoir de fortune avec des tentes et des matelas posés à même le sol a été installé en plein courant d’air dans ce qui servait de préau. Inacceptable alors que l’hiver arrive, selon les porte-parole du squat.

La nuit vient de tomber sur le squat de la Croix-Rousse. Devant la salle commune, les gamelles commencent à s’aligner. Dans la cuisine, des marmites de riz bouillonnent. Ce soir encore, il faudra nourrir 450 bouches. Et coucher 450 migrants parmi lesquels une soixantaine aurait moins de 18 ans. Depuis l’été, le nombre a doublé dans l’ancien collège Maurice-Scève occupé depuis un an par des migrants. Au départ, ils étaient moins d’une centaine, des jeunes mineurs isolés qui avaient trouvé refuge ici quand la Métropole, responsable au titre de la prévention de l’enfance, ne pouvait remplir sa mission. Défaillante en termes d’hébergement, elle avait pris le parti, après avoir été déboutée de sa requête en expulsion d’urgence, de chauffer un des bâtiments, de rétablir l’eau, d’installer des sanitaires et de mandater deux associations, l’Alpil et Notre Dame des Sans-Abri, pour l’urgence humanitaire. Et la vie s’était organisée, solidaire, autogérée, soutenue par un collectif, des associations, et les riverains.

Des tentes et des bâches en plastique

Les demandeurs d’asile avaient afflué, parfois orientés par Forum Réfugié, parfois conduits par les forces de police elles-mêmes. « On leur disait : "Allez à la Croix-Rousse, il y a un lieu et de la nourriture, c’est toujours mieux que la rue"… », rapporte l’un des habitants du collège. Le squat a ainsi poussé les murs autant qu’il pouvait. Un deuxième puis un troisième bâtiment ont été ouverts. Et quand il n’y a plus eu de bâtiment à ouvrir, c’est ce qui servait de préau aux collégiens qui a été annexé. Des tentes, des lattes en bois, des couvertures, et des bâches en plastique. Autant d’abris précaires qui ne parviennent pas à freiner le froid qui va s’installer.

Ce soir-là, l’orage fait remonter l’humidité et la moiteur. Le silence règne. Des hommes dorment. D’autres discutent. Des matelas ont aussi été posés sous l’armoire électrique sous-dimensionnée. La chaufferie a enfin été transformée en dortoir comme les couloirs. « La concentration au mètre carré est insupportable. Cela fait six mois qu’on le dit. On ne pourra pas passer l’hiver comme ça », insiste les porte-parole des occupants du squat.

« Si le peu qui est fait ici s’écroule, je ne sais pas ce qu’il peut se passer »

L’inquiétude est encore montée d’un cran quand ils ont appris que la Métropole pourrait mettre fin au mandat des associations le 15 novembre. « Comment manger ? Comment être en sécurité ? Et si les poubelles ne sont plus ramassées ? Et s’il n’y a plus d’eau chaude ? Comment éviter que les jeunes ne se révoltent si cela arrive ? Si le peu qui est fait ici s’écroule, je ne sais pas ce qu’il peut se passer… Nous sommes en droit de penser que l’absence de solutions alternatives est créée par les pouvoirs publics, jouant la carte du pourrissement et de l’explosion », avancent encore les représentants du collectif.

 

"Personne ne veut pas d'un petit Calais"

Toutes les parties regardent avec inquiétude l’évolution du surpeuplement. Photo Progrès/Tatiana VAZQUEZ
Toutes les parties regardent avec inquiétude l’évolution du surpeuplement. Photo Progrès/Tatiana VAZQUEZ

On ne sait pas si les trois parties réussiront à entamer un dialogue. Une chose est sûre, aucune ne souhaite que le squat de la Croix-Rousse ne devienne un petit Calais. Et toutes regardent avec inquiétude l’évolution du surpeuplement. Toutes aussi se renvoient la balle. Les occupants du collège interpellent les pouvoirs publics « incapables de remplir leur devoir d’accueil et de protection ».

Pour la Métropole et l’État qui n’ont « pas compétence à accompagner des squatteurs », il en va de la responsabilité des collectifs de ne plus accepter de nouveaux venus. Condition sine qua non à poursuivre l’aide humanitaire, dit-on à la Métropole qui « ne cherche pas à faire peur mais ne peut cautionner un truc ingérable ». Et d’expliquer : « Aujourd’hui, la saturation des hébergements n’est plus d’actualité et un jeune, reconnu mineur, est pris en charge et logé dans un foyer, un appartement ou un hôtel, même si ce n’est pas l’idéal. »

Une manière de laisser entendre que la prise en charge des occupants du squat de la Croix-Rousse ne relèverait plus de sa responsabilité mais de celle de la Préfecture. Le Grand Lyon retirant ses billes : c’est le premier scénario qui se profile pour les douze mois qui viennent au collège Maurice-Scève.

Reste une autre hypothèse. Celle où tout le monde réussit à se mettre autour de la table et à avancer. Comme à Toulouse où l’expérience est menée de manière plutôt concluante sur des squats de moindre ampleur, la Métropole n’exclurait pas d’accompagner le collectif vers une gestion de site organisée. Cela passerait évidemment par un contrôle des entrées et des sorties.

Quant à la préfecture, pour l’heure, elle reste muette.

T.V.

Pour eux, la balle est dans le camp de la Métropole et de l’État. « Depuis avril nous demandons des négociations avec la préfecture. Nous nous heurtons à un mur. » Aujourd’hui, alors que la justice vient de leur accorder un délai d’un an avant que l’expulsion puisse être ordonnée, ils réclament de pouvoir « vivre dignement » là où l’occupation est « illégale mais légitime ».

Outre le maintien et le développement de l’intervention de l’Alpil et de Notre dame des sans-abri jusqu’en septembre 2020, ils veulent que la Métropole engage des travaux, à hauteur de 15 000 euros pour aménager des dortoirs à des « normes humanitaires » dans le squat. Ils rappellent l’État à ses responsabilités et veulent l 'ouverture de places en CADA (Centre de demandeurs d’asile). Ils proposent que la loi Elan soit appliquée et que des bâtiments soient réquisitionnés et des conventions temporaires d’occupation soient signées avec des associations habilitées. « Tout ceci, dans l’attente d’une solution pérenne en termes d’hébergement et de logement digne, conformément à la législation asile en vigueur. »

Tatiana VAZQUEZ

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