TRANSPORTS Entrez dans la tour de contrôle de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry

Olivier Poulet, ingénieur du contrôle de la navigation aérienne, est à l’écoute tout en observant les pistes. Face à lui, l’écran où est représenté l’espace aérien. Sur l’extrême droite, défilent les infos météo en langage codé.  Photo Progrès /Maxime JEGAT
Olivier Poulet, ingénieur du contrôle de la navigation aérienne, est à l’écoute tout en observant les pistes. Face à lui, l’écran où est représenté l’espace aérien. Sur l’extrême droite, défilent les infos météo en langage codé.  Photo Progrès /Maxime JEGAT

Nous avons pu monter dans la tour de contrôle de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry. C’est la vigie, sentinelle des airs et des pistes où quatre aiguilleurs du ciel règlent chaque minute d’un ballet aérien des plus complexes.

Haute de 40 mètres, la tour de contrôle est un des sites les plus fermés de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry.

Les hommes et femmes qui y travaillent se relaient 24 heures/24 à la vigie, le point culminant, la sentinelle des airs et des pistes. Badge autour du cou, nous suivons Olivier Poulet, « ingénieur du contrôle de la navigation aérienne qualifié » par un étroit escalier en colimaçon qui nous conduit à la vigie.

C’est depuis cette salle ronde entièrement vitrée qui offre une vue à 360° sur les pistes que le ballet aérien des quatre cents avions qui atterrissent chaque jour à Lyon s’articule.

L’écran radar qui permet aux contrôleurs aériens de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry de voir chaque vol dans la zone aérienne sous leur responsabilité.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
L’écran radar qui permet aux contrôleurs aériens de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry de voir chaque vol dans la zone aérienne sous leur responsabilité.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Un avion de la compagnie HOP sur le tarmac de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Un avion de la compagnie HOP sur le tarmac de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Des contrôleurs aériens observent le trafic dans les airs et au sol depuis la tour de contrôle.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Des contrôleurs aériens observent le trafic dans les airs et au sol depuis la tour de contrôle.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Un avion de la compagnie Air France sur le tarmac de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry. Au fond le village de Colombier-Saugnieu.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Un avion de la compagnie Air France sur le tarmac de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry. Au fond le village de Colombier-Saugnieu.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Le porte-clés d’un contrôleur aérien…   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Le porte-clés d’un contrôleur aérien…   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Des contrôleurs aériens observent le trafic dans les airs et au sol.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Des contrôleurs aériens observent le trafic dans les airs et au sol.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
L’écran radar qui permet aux contrôleurs aériens de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry de voir chaque vol dans la zone aérienne sous leur responsabilité.   Photo Progrès /Maxime JEGAT Un avion de la compagnie HOP sur le tarmac de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry.   Photo Progrès /Maxime JEGAT Des contrôleurs aériens observent le trafic dans les airs et au sol depuis la tour de contrôle.   Photo Progrès /Maxime JEGAT Un avion de la compagnie Air France sur le tarmac de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry. Au fond le village de Colombier-Saugnieu.   Photo Progrès /Maxime JEGAT Le porte-clés d’un contrôleur aérien…   Photo Progrès /Maxime JEGAT Des contrôleurs aériens observent le trafic dans les airs et au sol.   Photo Progrès /Maxime JEGAT

Le parcours d'Olivier Poulet

«À ma sortie d’école, j’ai démarré à Roissy. À 20 ans, ça fait tout drôle. Roissy, aujourd’hui c’est 1.600 avions par jour! Mais je ne m’occupais que de la gestion sol.»

Il a fallu à Olivier Poulet, comme pour tous les contrôleurs aériens, trois ans et demi de formation pour être qualifié "tour". Et quand, plusieurs années plus tard, il a été muté de Tahiti à Lyon, il lui a fallu douze nouveaux mois d’apprentissage : on ne passe pas d’un aéroport à l’autre sans connaître parfaitement l’environnement géographique de la plateforme.

 La radio et les strips sont avec les écrans radars les outils du contrôleur aérien. Les strips (ci-dessus) sont des bandes de papier coloré sur lesquelles sont imprimés les éléments essentiels du plan de vol et où sont rajoutées manuellement des consignes. Un outil traditionnel à l’heure du tout ordinateur mais qui a le mérite d’être visuel.  Photo Progrès /Maxime JEGAT
La radio et les strips sont avec les écrans radars les outils du contrôleur aérien. Les strips (ci-dessus) sont des bandes de papier coloré sur lesquelles sont imprimés les éléments essentiels du plan de vol et où sont rajoutées manuellement des consignes. Un outil traditionnel à l’heure du tout ordinateur mais qui a le mérite d’être visuel. Photo Progrès /Maxime JEGAT

Le contrôleur aérien qui travaille à la tour observe autant le ciel que ses écrans.

Depuis son poste, Olivier Poulet nous montre un avion KLM qui décolle en direction d’Amsterdam: «On va le suivre des yeux puis on le transfère au contrôleur d’approche. On doit s’assurer que le vol est bien établi, qu’il est bien dans l’alignement. Si on aperçoit un banc d’oiseau, on prévient le pilote». D’où l’importance quand on travaille à la tour, d’observer autant le ciel que ses écrans.

C’est ainsi que le 10 septembre 2018, un contrôleur a aperçu sur la piste de décollage, une Mercedes grise qui roulait à pleine vitesse, poursuivie par des véhicules de police. «Il a fait remettre les gaz au pilote qui était en phase d’atterrissage. Un avion qui se pose, a une vitesse d’environ 240 km/h. Il faut toujours être vigilant».

Sur l’écran radar principal où est visualisé l’espace aérien, des points lumineux clignotent : jaunes pour les VFR/vols à vue (petits avions de tourisme), vert pour les appareils à l’arrivée, rose pour ceux qui sont au départ. L’ingénieur supervise une surface allant en gros de Montélimar à Chalon-sur-Saône et de Roanne au Vercors et haute de 14.000 pieds (5 km)… Sur sa droite, défilent les infos météo en langage codé. Illisibles pour un néophyte.

Quel avion va atterrir le premier?

Le contrôleur est un peu le troisième œil du pilote avec qui il est en contact radio. Son guide.

Voilà justement deux vols commerciaux à égale distance qui se rapprochent de Saint-Exupéry, l’un vient de Biarritz, l’autre de Grèce. Lequel va atterrir le premier? C’est l’homme de la tour qui doit prendre la décision: «En fonction de la vitesse, du vent et d’autres paramètres, on donnera l’autorisation à celui qui se posera en premier, notre objectif étant d’être le plus efficace possible afin d’optimiser le vol c’est-à-dire de perdre le moins de temps. Plus un avion reste en l’air, plus il consomme.»

Entre l’homme de la tour et les pilotes, le langage est codé, les instructions carrées, la phraséologie standard. Un même contrôleur peut être en contact simultané avec trois avions en phase finale et trois autres qui attendent de partir.

Une fréquence grésille derrière nous: «Sierra Alpha, prenez un cap au sud. Vous pouvez croiser au sud du terrain. Axe dégagé.» Il s’agit d’un avion de tourisme qui survole Saint-Exupéry avant de se poser à l’aérodrome de Bron. Le troisième œil l’avait repéré.

Si cette infographie ne s'affiche pas correctement, veuillez désactiver votre bloqueur de publicités.

1mn30

C’est l’écart entre deux avions qui se posent à l’aéroport, une norme que le contrôleur doit respecter tout comme la distance : 4,5 km. Au décollage, la norme est de 1min20.

Annie DEMONTFAUCON

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?