TRANSPORTS La nouvelle configuration du cours Lafayette ne fait pas l’unanimité

Le cours Lafayette, côté 6 e arrondissement, n’a pas d’aire de livraisons. Régulièrement, les livreurs stationnent sur les trottoirs élargis. Pour un mercredi, le cours est déserté par les piétons.  Photo Le Progrès /Nadine MICHOLIN
Le cours Lafayette, côté 6 e arrondissement, n’a pas d’aire de livraisons. Régulièrement, les livreurs stationnent sur les trottoirs élargis. Pour un mercredi, le cours est déserté par les piétons. Photo Le Progrès /Nadine MICHOLIN
Le cours Lafayette est désert dès qu’il fait chaud.  Photo Progrès /DR
Le cours Lafayette est désert dès qu’il fait chaud. Photo Progrès /DR
Le cours Lafayette, côté 6 e arrondissement, n’a pas d’aire de livraisons. Régulièrement, les livreurs stationnent sur les trottoirs élargis. Pour un mercredi, le cours est déserté par les piétons.  Photo Le Progrès /Nadine MICHOLIN Le cours Lafayette est désert dès qu’il fait chaud.  Photo Progrès /DR

Entre les riverains impactés par le détournement de la circulation, les commerçants éprouvés notamment entre le pont Lafayette et la rue de Créqui et les élus d’opposition du 6e qui prônaient un métro, le cours Lafayette compte nombre de détracteurs.

« Investir un montant pareil d’environ 60 millions d’euros pour au final fermer le cours aux voitures du pont Lafayette à la rue Molière et envoyer les cyclistes à des endroits où la circulation a augmenté », soupire Laurence Croizier. Malgré l’installation de la zone 30 et le double sens cyclable, l’élue du 6e , chargée de l’urbanisme, cadre de vie et écologie, évoque les plaintes de riverains sur les rues perpendiculaires.

En effet, peu d’automobiliste emprunte la rue Tête-d’Or car ils tournent avant, mais beaucoup se rabattent sur les rues Vendôme, Créqui dans le sens Sud-Nord et Cuvier dans les sens Ouest-Est.

Second point, les bus et leur contenance ne sont pas adaptés aux flux, notamment aux heures de pointe. Ce qui présente des défauts d’irrégularités : soit les bus sont pleins, soit ils se suivent à la file. « Et ce sera pire au niveau des flux quand les travaux du quartier de la Part-Dieu, gare et centre commercial seront achevés ! », prédit l’élue.

Une circulation plus apaisée mais…

Sur cet axe où l’ambiance urbaine change, le seul point unanime qui relie les commerçants est la constatation d’une circulation plus apaisée, moins bruyante et moins polluée. S’ils sont majoritairement positifs sur la partie entre le carrefour boulevard Jules-Favre jusqu’à la jonction avec Villeurbanne, en revanche, dans la portion comprise entre la rue de Créqui et le pont Lafayette, ils expriment des difficultés.

Certains n’ont pas récupéré leur clientèle perdue en raison d’une perte de visibilité, des détournements de circulation, du manque de places de stationnement (baisse de 189 places à 25, dont dix réservées aux personnes à mobilité réduite). À l’image de l’opticien Krys Grenier et des luminaires Pierrel. Quant aux personnes âgées, ne pouvant être déposées, elles ont déserté la pharmacie Dahan.

« Nos clients ne peuvent pas se garer »

Tous témoignent : « On commence à remonter la pente doucement. Nos clients ne peuvent pas se garer. Notre quartier est bien moins vivant qu’avant. Il aurait fallu changer l’image entre les Halles Paul-Bocuse et les Cordeliers ».

« Les aires de livraisons non adaptées compliquent notamment les dépôts quotidiens de presse qui se déroulent sous des quolibets de plus en plus agressifs d’automobilistes bloqués. L’hégémonie exclusive des bus, avec la suppression totale des voitures dans la portion la plus étroite a un impact désastreux sur les commerces riverains. Les véhicules détournés sur le quai ne se réintroduisent plus sur le cours Lafayette », souligne Hervé Brun, adjoint du 6e  au commerce qui renchérit « ces mêmes commerçants avaient espéré une compensation avec des trottoirs très élargis. Il n’en est rien. Le passage des bus à double sens ne leur apporte pas cette clientèle que le flux des voitures leur amenait précédemment. »

Un cours trop minéral déserté l’été

En mars 2016, les Lyonnais s’étaient fortement émus de l’abattage de 85 arbres (essentiellement des platanes) pour favoriser l’installation de la ligne C3. Au total, le Sytral et les espaces verts des services de la Ville ont souhaité replanter 216 nouveaux arbres des variétés très différentes, 54 des anciens arbres ayant été maintenus.

Toutefois, les plantations ont été favorisées côté pair du 3e  arrondissement où pourtant l’ombre se propage l’après-midi au détriment des trottoirs côté impair du 6e  exposés en plein soleil. Résultat, cette minéralisation ne favorise pas la déambulation et a un impact négatif sur la fréquentation du cours, très souvent déserté. Les élus du 6e pointent « un cours minéral inutilisable l’été avec des revêtements sombres, des chicanes et des arbres pas assez généreux ».

Une réfection déjà dépassée selon l’opposition du 6e

Ils continuent de dénoncer le choix du bus au détriment d’un métro. « Le cours Lafayette n’est pas qu’un couloir à bus mais un des axes les plus importants de notre agglomération qui relie le centre d’affaires de la Part-Dieu à la Presqu’île, pour lequel il aurait fallu penser un vrai projet d’urbanisme » estime Marc Augoyard.

Le conseiller du 6e délégué aux déplacements et modes doux évoque une forme de confusion des usages avec de grands espaces vides et d’autres plus encombrés. « Il faut repenser ce lieu non pas comme un endroit de passage mais comme un lieu vie important. Il faut le verdir du bon côté et passer à l’étape supérieure avec la ligne E ».

« Lorsque je constate la nouvelle configuration déjà très avancée du secteur Part-Dieu, je demeure persuadé que cette récente réfection sera très vite dépassée et que cette vision de 'court terme' devra être à nouveau complètement repensée. Le refus du métro portait sur son coût de réalisation mais je reste tout aussi réservé sur cette objection lorsque sera venu le temps d’additionner l’ensemble des divers investissements concourants à l’accès à ce nouveau centre mixte d’affaires et d’habitat » argumente Hervé Brun, adjoint au commerce du 6e.

Nadine MICHOLIN

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